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Faits diversÉpisode 23/206

Brest 1996 : le double meurtre qui défie le secret défense

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-20
Illustration: Brest 1996 : le double meurtre qui défie le secret défense
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Accroche

Tout commence sur un chemin de terre, un matin d’octobre. René A. roule vers le stand de tir de Kéroulas — un site militaire du fort de Penfeld, à Brest. Il entend trois coups. En approchant, il voit une silhouette contre le mur. Il reconnaît François Piccard, lieutenant-colonel de la Marine nationale, membre du stand. René A. le prend dans ses bras. Piccard rend son dernier souffle. À côté, un autre corps : Paul Creton, technicien à l’aquarium de Brest, allongé face contre terre.

Selon la source, le médecin légiste constate que les deux hommes ont été abattus froidement. Trois balles chacun. Pour Piccard : une dans la tête, deux dans le thorax. Idem pour Creton. Une exécution.

Les gendarmes de la section de recherche de Rennes arrivent six heures après les faits. Ils découvrent des douilles de calibre .22 Long Rifle, provenant d’une carabine Marlin. Les victimes ont été fouillées, dépouillées de leurs portefeuilles, d’un briquet Zippo, et d’une mallette contenant trois armes de poing — dont un .357 Magnum et deux pistolets de compétition. La mallette est retrouvée plus tard près du parking, avec un pistolet abandonné à côté.

Un détail : le grillage entourant le terrain militaire a été découpé. Un militaire de service l’avait vu intact le vendredi soir. Le ou les tueurs sont donc passés par là et ont attendu. Les enquêteurs découvrent même des excréments humains sur les lieux — preuve que l’un des auteurs a patienté. Un guet-apens préparé.

Les faits

Ce que l’on sait exactement, selon la source unique — la vidéo de Canal Crime —, se résume à quelques éléments vérifiés par les témoignages et les constatations.

Le dimanche 13 octobre 1996, avant 9h, le ou les tueurs découpent le grillage. Ils se postent près du stand. Piccard et Creton arrivent. Piccard ouvre la porte. Il est pris par surprise. Trois coups. Creton est abattu à son tour. Les tueurs volent les papiers d’identité, les portefeuilles, les armes. Puis ils fuient.

Une femme promenant son chien, qui a souhaité garder l’anonymat, raconte avoir vu deux hommes courir vers une Talbot Horizon foncée. L’un de petite corpulence, cheveux longs ; l’autre plus grand, cheveux courts. Elle les a vus depuis le parking du centre d’exposition, juste derrière le grillage découpé. Les gendarmes recensent de nombreuses Talbot Horizon dans le Finistère. Impossible d’identifier la bonne.

Les papiers d’identité des deux victimes sont retrouvés le même jour, entre 10h et 11h, dans une poubelle de la gare de Landerneau. Les poubelles sont vidées chaque jour. Ils ont donc été déposés là peu après le crime. Pourquoi ? Pour prouver aux commanditaires que l’exécution a eu lieu, selon une hypothèse des enquêteurs relayée par la source. « Ça pue le contrat », dit la source.

René A., le premier témoin, a entendu les tirs, vu Piccard agonisant. Il a donné l’alerte. L’heure de la mort est ainsi fixée avec une précision rare.

Le lendemain du crime, la Marine nationale vide le bureau de François Piccard. Son ordinateur professionnel n’a jamais été saisi par les enquêteurs. Selon la source, l’armée aurait invoqué le secret défense.

Le contexte

Selon la source, François Piccard travaillait sur un site stratégique : l’Île Longue, base de sous-marins nucléaires. Il détenait des informations classées secret défense. Selon la vidéo, il s’était opposé à sa hiérarchie sur un marché public — le contrat S2-SM — concernant des sondes de détection de radioactivité. Il aurait favorisé une entreprise plus chère.

Paul Creton, lui, était un père de famille. Technicien à l’aquarium de Brest. Aucun lien connu avec Piccard. Les enquêteurs ont interrogé l’épouse de Piccard : elle n’avait jamais entendu parler de Creton.

Selon la source, trois hommes aux vêtements tachés de sang et aux mains écorchés ont été signalés le jour du crime. La demi-sœur du suspect principal raconte que son demi-frère et deux amis sont arrivés chez elle, très énervés, et lui ont demandé de laver leurs vêtements maculés de sang. Leurs mains étaient égratignées.

La petite amie de l’un d’eux témoigne : les trois hommes étaient malades, avaient vomi, et elle a vu sur un lit un pistolet .22 Long Rifle à crosse en bois. Elle a entendu l’un d’eux dire : « Ça n’aurait jamais dû finir comme ça. »

Ces trois suspects, des dealers connus, sont interpellés. Mais ils retournent les interrogatoires, fournissent des alibis. Les gendarmes ne trouvent pas de preuves matérielles. Ils sont relâchés.

Le traitement judiciaire

Selon la source, en 1999, un chargeur de l’une des armes de Piccard est découvert chez un ferrailleur, à proximité du stand de tir. Le ferrailleur témoigne : le chargeur était posé sur un tas de ferraille, comme neuf, sans rouille — déposé là récemment. Or ce ferrailleur était un ami du dealer suspecté. Mais les analyses ADN et empreintes sur le chargeur ne donnent rien.

En 2007, un espoir : les nouvelles techniques d’identification ADN. Mais un scellé — l’étron retrouvé sur les lieux — a été détruit. Sans cet échantillon, impossible d’identifier l’auteur. Il reste un mégot taché de sang, qui permet de reconstituer un ADN partiel.

Le 24 octobre 2007, les policiers interpellent une douzaine de suspects pour les soumettre à des prélèvements ADN. Résultat : aucun match. Les suspects sont relâchés.

Ce que ça dit de la France

Ce fait divers, bien que non résolu, révèle les tensions entre secret défense et transparence judiciaire. L’armée a vidé le bureau de Piccard le lendemain du crime. L’ordinateur professionnel n’a jamais été saisi. Les enquêteurs se sont heurtés à un mur : le ministère des Armées a invoqué le secret défense pour bloquer l’accès à certaines informations.

Selon la source, Piccard travaillait sur un site nucléaire. Il avait des connaissances sur des marchés publics sensibles. Son opposition à un contrat — le S2-SM — pourrait avoir été un motif. Mais sans accès aux documents classifiés, la justice tourne en rond.

La destruction d’un scellé biologique en 2007, au moment où l’ADN devenait la clé, interroge. La source ne tranche pas.

Ce double meurtre illustre aussi la difficulté de juger des affaires où se mêlent trafic de drogue, militaires haut gradés, et secrets d’État. Les dealers suspects, bien que connus des services, ont été relâchés faute de preuves. Les témoins — demi-sœur, petite amie — ont parlé, mais leurs dires n’ont pas suffi.

L’affaire Piccard-Creton reste ouverte. La justice continue de chercher. Mais le temps passe, les scellés se dégradent, les mémoires s’effacent.

Pour les familles, l’espoir s’amenuise. « Quelqu’un doit bien savoir », dit la sœur de Piccard, selon la source.

Mais pour l’instant, le mystère du stand de tir de Kéroulas demeure entier.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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