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Marseille : un an après l’incendie de l’Estaque, les sinistrés témoignent

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Illustration: Marseille : un an après l’incendie de l’Estaque, les sinistrés témoignent
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L’accroche — cette odeur qui ne part pas

C’est une image qui ne trompe pas. Une charpente calcinée, des étais en bois, et par-dessus, le ciel. Coralie montre sa maison — ou plutôt ce qu’il en reste. « On a toujours cette magnifique trouée sur le ciel », dit-elle.

« On vit pas chez nous, on vit dans un endroit impersonnel », confie Coralie. « C’est ça être victime au quotidien. »

Les flammes ont touché plus de 90 maisons, plus de 50 ont brûlé entièrement. Un an plus tard, la reconstruction est en cours, mais les difficultés s’accumulent.


Les faits — ce qui s’est passé

Selon les témoignages, les pompiers ne sont pas intervenus dans le quartier de la Montée Pichou. « Ils nous ont envoyé personne », raconte Viviane, une sinistrée.

Un contraste avec l’incendie de 2001, au même endroit. « En 2001, on avait des bataillons de pompiers ici, et aucune maison n’a brûlé », rappelle-t-elle. Cette fois, les habitants se sont auto-sauvés. Aucun mort — « le préfet se gargarise qu’il y a pas eu de morts », lâche Viviane.

Un an après, les habitations sont étayées, les planchers provisoires, les toits manquent. L’odeur du brûlé est tenace.

Christian et Marie-Blanche, un couple de sinistrés, ont un peu plus le sourire : leur charpente neuve prend forme. Mais ils doivent reconstruire à l’identique selon les normes imposées par les services de l’urbanisme. « Avant, il y avait une toiture en tuiles romanes. Maintenant, il faut poser un écran en PST et des tuiles canal. Le coût est énorme, et les assurances ne prennent qu’une partie », expliquent-ils.


Le contexte — ces vies suspendues

Coralie, Viviane, Christian, Marie-Blanche décrivent un parcours administratif épuisant. « On est passé par des moments extrêmement déprimés et épuisants », raconte Coralie. « Ce sont des montagnes russes : un jour le dossier avance, la semaine suivante il manque encore une pièce. » « Est-ce qu’après on aura envie de rester vivre ? C’est une autre question à laquelle on n’a pas répondu », ajoute-t-elle.

Un agent de l’urbanisme de Marseille aurait déclaré : « La question, c’est pas de savoir si ça va rebrûler. C’est de savoir quand. »

Viviane, mémoire du quartier, n’en revient toujours pas : « On aurait dû brûler. Jamais, jamais, jamais. » Son combat : trouver des coupables.

En décembre dernier, les sinistrés ont échangé avec les services de la préfecture. Depuis, plus rien. D’où cette sensation d’abandon.


Sources : Témoignages de sinistrés (Coralie, Viviane, Christian, Marie-Blanche) et propos d’un agent de l’urbanisme de Marseille, rapportés dans un reportage vidéo.

📰Source :YouTube

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