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JusticeÉpisode 18/144

Crime passionnel et barbarie : le double meurtre sordide des époux Viré

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-03
Illustration: Crime passionnel et barbarie : le double meurtre sordide des époux Viré
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Une nuit sans retour

Minuit approche ce vendredi 28 juin 1996. À Pondin, une commune paisible à 60 km de Lyon, Jérémy, 3 ans, dort. Jean-Pierre, 12 ans, attend. Ses parents, Patricia et Jean-François Viré, sont sortis en début de soirée. Ils rentrent souvent tard. Mais cette fois, ils ne reviendront pas.

Jean-Pierre se souvient : "Je me dis que tout va bien. Ils sortent souvent le soir." Le samedi matin, toujours rien. Jean-Pierre tente de rassurer son petit frère : "Mange tranquillement, va jouer." L’inquiétude monte. Le dimanche, rien. Jean-Pierre appelle les gendarmes.

L’adjudant-chef Yvan Ticourt n’oublie pas ce coup de fil : "Je suis tout seul au domicile de papa et maman. Mes parents ne sont pas rentrés depuis vendredi soir. C’est pas normal." Les gendarmes arrivent. Ils trouvent les deux enfants seuls, en pyjama. L’enquête débute.

La piste du bar Bentley

Les gendarmes retracent le dernier appel des Viré. France Télécom confirme : Patricia a téléphoné à son fils à 22h30 depuis le Bentley, un bar de Bourg-en-Bresse. Le patron du bar se souvient : "Ils étaient amoureux, en train de boire un verre tranquillement." Rien d’anormal. Mais après leur passage au Bentley, plus aucune trace.

Les enquêteurs fouillent le passé du couple. Jean-François, 42 ans, a un casier judiciaire chargé : vol de véhicule, escroquerie à l’assurance, violence physique. Il est aussi jaloux. Excessivement jaloux. Patricia, 41 ans, mène une vie dissolue, fréquentant plusieurs hommes. Une piste apparaît : le crime passionnel.

La découverte macabre

Deux mois après la disparition, un appel anonyme change tout. Un témoin signale une Renault 21 grise dans les gravières d’Embrenet. Le 21 août 1996, les gendarmes découvrent la voiture immergée. Un bras dépasse de la fenêtre. Une grue extrait le véhicule. À l’intérieur, deux corps. Patricia et Jean-François Viré.

La scène est horrifiante. Les corps sont dans un état de putréfaction avancée. Les premiers examens révèlent que le câble d’accélérateur a été coupé. Les phares étaient allumés. Les portières verrouillées. Conclusion : la voiture a été poussée volontairement dans la gravière. Les assassins voulaient cacher leur crime.

L’autopsie qui révèle l’horreur

L’autopsie confirme le double homicide. Patricia a été étranglée. Jean-François, lui, a subi un acte de barbarie. Son sexe a été coupé. Il est mort d’hémorragie. Les enquêteurs sont sous le choc : "On bascule dans l’horreur." Ces actes de torture suggèrent un mobile passionnel. Une vengeance extrême.

Les indices matériels manquent. Pas de traces de sang, pas d’empreintes, pas d’arme. Les corps ont séjourné deux mois dans l’eau. Les enquêteurs doivent se reposer sur les témoignages et les aveux.

Le trio mis en accusation

Les soupçons se portent rapidement sur Pascal Spiteri, l’ex-amant de Patricia. Le 10 septembre 1996, Spiteri est interpellé avec deux autres hommes : Bruno Pribanik et Thierry Marot. Spiteri est rapidement accusé d’être le cerveau du crime. Il aurait tué Patricia par jalousie, puis mutilé Jean-François pour se venger.

Bruno Pribanik avoue avoir aidé Spiteri. Il décrit une scène barbare : "J’ai vu Spiteri étrangler Patricia, puis mutiler Jean-François." Mais pendant le procès, les aveux se contredisent. Spiteri se rétracte : "Je n’y étais pas." Pribanik aussi finit par se renier. Les contradictions s’accumulent.

Un procès sous tension

Le procès s’ouvre le 21 juin 1999 à la cour d’assises de Lens. L’atmosphère est électrique. Les familles des victimes attendent des réponses. Jean-Pierre et Jérémy, les enfants du couple, sont absents. Trop douloureux.

Pribanik est sous pression. Le président diffuse des écoutes téléphoniques où sa femme évoque sa présence lors du crime. Pribanik craque : "Finalement, j’y étais." Il accuse Spiteri d’avoir tout organisé. Selon lui, Marot et Félix n’étaient pas présents.

Le verdict tombe le 2 juillet 1999. Spiteri est condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Marot et Félix sont acquittés. Pribanik aussi, faute de preuves suffisantes. La justice a tranché, mais les doutes persistent.

Des cicatrices qui ne s’effacent pas

Aujourd’hui, Jean-Pierre reste hanté par ce drame. Il doute encore : "Une personne, pour avoir fait ça, c’est impossible. Il les fait sortir tous les deux de la voiture. Il les tringue ma mère. Il bat mon père. Et il les mascule. Et après, il les met tous les deux dans la voiture. Et il pousse la voiture tout seul au fond de la carrière, tout seul. C’est surhumain."

L’affaire des époux Viré est un cas complexe. Un crime passionnel mêlant jalousie, torture et barbarie. Les corps ont parlé, mais certaines vérités restent enfouies dans l’ombre. Et pourtant, les cicatrices sont visibles. Pour toujours.

📰Source :youtube.com

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