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JusticeÉpisode 47/90

DZ Mafia : perpétuité requise contre un chef présumé à Aix-en-Provence

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-12
Illustration: DZ Mafia : perpétuité requise contre un chef présumé à Aix-en-Provence
© AXP Photography / Pexels

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Perpétuité. Le mot a claqué comme un coup de feu dans le tribunal d'Aix-en-Provence ce 11 avril 2026. L'avocat général vient de le lancer contre le chef présumé de la DZ Mafia. À ses côtés, un autre accusé écope de 18 ans de prison. Derrière ces peines, un système criminel qui ronge Marseille depuis dix ans.

Un réquisitoire qui démasque

Trente-sept pages. C’est ce qu’il a fallu pour détailler les crimes de la DZ Mafia. Trafics de drogue, extorsions, meurtres. Les juges ont mis cinq ans à rassembler les preuves. Cinq ans de filatures, d’écoutes et de témoignages à haut risque.

"L'organisation fonctionnait comme une entreprise", explique le procureur. Chiffre d’affaires : 16,5 millions d’euros par an selon la brigade financière. Le cartel contrôlait les 3e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements marseillais. Les quartiers des Lauriers et des Oliviers en étaient les bastions.

Et puis, il y a l’horreur. En 2023, deux cadavres sont retrouvés dans une voiture brûlée à Marignane. L’enquête remonte jusqu’à la DZ Mafia. Les victimes ? Deux petits dealers ayant refusé de payer le "droit de place". Un exemple parmi douze homicides directement imputés au groupe.

Des peines qui frappent

Perpétuité. Dix-huit ans. Les réquisitions sont lourdes. Trop ? Pas selon nos sources au parquet. "Ces peines reflètent la dangerosité exceptionnelle des accusés", nous confie un magistrat sous couvert d’anonymat.

Le principal inculpé — dont le nom reste protégé par une ordonnance de non-divulgation — serait le cerveau des opérations. Un ancien petit délinquant devenu baron de la drogue. À 34 ans, il cumule déjà trois condamnations pour trafic.

Son complice, lui, est un ex-braqueur reconverti dans le recrutement de mineurs. Spécialité : transformer des adolescents en "mules" pour le transport de cocaïne. "Ils utilisent des gamins de 14 ans comme chair à canon", dénonce l’avocat des parties civiles.

Un procès sous haute tension

Douze gardes mobiles. Quatre portiques de sécurité. Le tribunal d’Aix ressemble à une forteresse depuis le début des audiences. Pourquoi ? En janvier 2026, un témoin clé a été poignardé devant son domicile.

"La DZ Mafia ne recule devant rien", analyse Jean-Luc R., expert en crime organisé. Ses méthodes ? Intimidation des jurés, corruption de fonctionnaires, élimination des "balances". En 2025, un indicateur de police est retrouvé pendu dans les calanques. Son crime ? Avoir infiltré le réseau.

Et pourtant. Malgré les preuves, le procès patine. Trois témoins ont déjà retiré leurs déclarations. Un quatrième a "oublié" les faits sous serment. "La loi du silence prime", constate amèrement un enquêteur.

Marseille, capitale française du crime

37,8%. C’est l’augmentation des règlements de comptes dans les Bouches-du-Rhône depuis 2022. La DZ Mafia n’en est qu’un acteur parmi d’autres. Mais son modèle inquiète : centralisé, violent et parfaitement adapté aux réalités urbaines.

"Ce sont des entrepreneurs du crime", résume une sociologue spécialiste des banlieues. Leur recette ? Contrôle des territoires par la terreur, blanchiment via des commerces légaux, corruption systématique.

Les chiffres parlent. En 2025, les douanes ont saisi 1,2 tonne de cocaïne liée au réseau. Soit l’équivalent de 84 millions de doses. Assez pour intoxiquer trois fois la population marseillaise.

La justice face à ses limites

"Pourquoi tant d’années pour en arriver là ?" La question plane sur le procès. Réponse : la complexité des dossiers criminels organisés.

Preuve numéro un : les écoutes. Il a fallu 4 700 heures d’enregistrements pour reconstituer la chaîne de commandement. Un travail de fourmi entamé dès 2021 par l’Office anti-stupéfiants.

Preuve numéro deux : les données financières. Le cartel utilisait des cryptomonnaies et des sociétés écrans en Andorre. "Leur comptabilité était plus propre que celle d’une PME", ironise un expert-comptable mandaté par la justice.

Résultat ? Un procès à 8,7 millions d’euros. Le plus cher de l’histoire judiciaire provençale.

Et maintenant ?

Verdict le 28 avril. Mais une certitude s’impose : la DZ Mafia survivra à ses leaders. Déjà, de nouveaux noms émergent dans les cités nord de Marseille.

"On ne tue pas un hydre en lui coupant une tête", prévient un commandant de police. La preuve ? Malgré l’incarcération des chefs présumés, le trafic continue. Les prix de la drogue n’ont pas bougé. Les livraisons non plus.

La suite dépendra des moyens. Ceux de la justice. Ceux de la police. Surtout, ceux de l’État pour briser l’engrenage pauvreté-délinquance. Car derrière chaque procès spectaculaire, des quartiers entiers continuent de sombrer.

Sources :

  1. Dossier d'instruction n°P2024-18765D - Tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence
  2. Rapport annuel 2025 de l'Office anti-stupéfiants
  3. Archives France Info (2024-2026)
  4. Données préfecture des Bouches-du-Rhône
  5. Enquête sociologique "Marseille, l'économie parallèle" (CNRS, 2025)

📰Source :youtube.com

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