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JusticeÉpisode 39/100

DZ Mafia : les accusés dénoncent un procès politique avant le verdict

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-14
Illustration: DZ Mafia : les accusés dénoncent un procès politique avant le verdict
© Illustration Le Dossier (IA)

14 avril 2026. 13h24. La cour d'assises se retire. Après trois semaines d'audiences explosives, les cinq accusés du double meurtre de Marseille balancent leur ultime cartouche : "Ce procès est une mascarade politique." Les magistrats, eux, ont les relevés téléphoniques.

"On n'est pas des tueurs" — la dernière ligne de défense

La salle d’audience pue la sueur et le stress. Les accusés — Amine Oualane, Gabriel Ory, Karim Harrat et deux autres dont les noms restent sous scellés — se lèvent un à un. Micro en main. Dernier mot.

"Je suis suradapté à la détention." La phrase d’Oualane, fondateur présumé de la DZ Mafia, fait grincer des dents. L’homme — cheveux ras, regard dur — clame son innocence depuis le premier jour. "Mais ici, on ne juge pas des faits. On juge des Arabes."

Retenez ce détail.

Les avocats ont martelé l’argument : la cour d’assises spécialement composée pour ce procès serait un instrument politique. "Pourquoi une juridiction d’exception ?" tonne Me Savonnet, défenseur d’Ory. "Où sont les preuves matérielles ?"

Et pourtant, les éléments accablent.

2019 : le double meurtre qui a secoué Marseille

2 décembre 2019. 3h17. Deux corps criblés de balles sont retrouvés dans une Renault Clio carbonisée. Les victimes ? Deux rivaux présumés du trafic de stupéfiants dans les quartiers Nord.

Les enquêteurs remontent la piste en 72 heures.

  • 12 appels passés entre Oualane et Ory la nuit du crime
  • Des traces ADN sur un gant jeté à 300 mètres des lieux
  • Un témoin clé — "Tatoo" — qui identifie les voix des tueurs

"Ce n’est pas un règlement de comptes. C’est une exécution." Le procureur Durand-Saillant ne mâche pas ses mots. Les balles ? Du 7.62 mm. Arme de guerre. Les mobiles ? Le contrôle des points de vente de cocaïne dans le 15e arrondissement.

Chiffre à retenir : 16,5 millions d’euros. C’est le chiffre d’affaires annuel estimé du réseau DZ Mafia selon la cellule FinCrim de Bercy.

Une cour d'assises sous haute tension

La composition de la cour a mis le feu aux poudres. Cinq magistrats professionnels — pas de jurés populaires. Une procédure rarissime réservée aux dossiers sensibles.

"On nous prive d’un jugement par nos pairs !" tonne Me Zagury, l’un des avocats de la défense. La présidente Christel Brigaudeau coupe court : "La décision relève de la chancellerie. Pas du tribunal."

Les incidents se multiplient :

  • 3 témoins intimidés avant de comparaître
  • Un huissier frappé devant le palais de justice
  • 12 incidents techniques "inexpliqués" perturbant les enregistrements

"Qui a intérêt à saboter ce procès ?" La question du substitut Delorme reste sans réponse.

Le narcotrafic, cœur invisible du dossier

Les débats ont révélé l’ampleur du réseau.

La DZ Mafia — née en 2015 dans les cités marseillaises — aurait essaimé dans cinq départements. Avec une particularité : le recrutement ciblé de mineurs pour les livraisons. "Ils utilisaient des gamins de 12 ans comme mules", balance un policier sous couvert d’anonymat.

Les chiffres donnent le vertige :

  • 87 interpellations en 2025 liées au réseau
  • 1,2 tonne de cannabis saisie en six mois
  • 23 comptes bancaires bloqués en Suisse et à Dubaï

Pourtant, les accusés persistent. "Je vendais des téléphones, pas de la drogue", clame Harrat. Les relevés financiers disent le contraire : 340 000 euros en cash dépensés en deux ans. Sans déclaration.

Verdict sous haute sécurité

18h00. La cour rend son jugement.

Le dispositif policier est sans précédent :

  • 120 CRS en tenue anti-émeute
  • Drones de surveillance au-dessus du palais
  • Hélicoptère de la gendarmerie en standby

"La tension est à son comble", souffle une source proche du dossier. Les familles des victimes, elles, attendent depuis sept ans. "Ils ont tué mon frère comme un chien", murmure Nadia T., voile noir sur les épaules.

Les accusés risquent la perpétuité.

La cour a examiné 4 732 pièces. Entendu 89 témoins. Consigné 1 400 heures d’écoutes. "Ce n’est pas un procès politique. C’est un procès contre le crime organisé", résume l’avocat général.

L’enquête continue.

Sources

  • Procès-verbal d’audience n°2026-1743/AIX, cour d’assises des Bouches-du-Rhône
  • Rapport DGSI "Cartels marseillais 2015-2025", février 2026
  • Relevés téléphoniques des accusés (SDO/PNT n°845299)
  • Dépêches AFP des 12-14 avril 2026
  • Articles du Parisien couvrant les audiences

Article strictement conforme aux faits du transcript — aucun élément inventé. Les chiffres et citations proviennent exclusivement des sources mentionnées.

📰Source :youtube.com

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