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Nice, quartier des Moulins : Zakidine, rescapé de l'incendie, raconte sa survie et son abandon

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-17
Illustration: Nice, quartier des Moulins : Zakidine, rescapé de l'incendie, raconte sa survie et son abandon
© YouTube

L’enfer en sept étages

Zakidine n’a rien oublié de cette nuit. La chaleur, d’abord. « Il y avait cette chaleur, et j’avais aussi ce manque d’oxygène, je n’arrivais plus à respirer », confie-t-il dans le reportage de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa mère, réfugiée dans la salle de bain avec les plus jeunes de ses enfants — cinq, sept et onze ans —, crie dans leur langue maternelle : « Moro, Moro ». Le feu.

Le jeune homme, suspendu à la façade de l’immeuble, voit son beau-père, Abdou, assis sur le rebord de la fenêtre, hurler à l’aide. « Je suis accroché juste à côté de lui, et je vois sa jambe qui prend feu », raconte-t-il. Abdou, 45 ans, ne supporte pas la douleur. Il saute. Il ne survivra pas à la chute.

Zakidine reste accroché. Le plastique fond, goutte sur ses mains. « Mes doigts ont fini par céder. J’ai lâché. » Il chute à son tour. Sept étages. Fracture du bassin, du crâne, brûlures aux jambes et au dos, vertèbres brisées. On le retrouve au pied de l’immeuble, dans un état critique.

L’éveil dans le cauchemar

Quatre jours de coma. Puis le réveil. La première nouvelle que l’on donne à Zakidine est celle de la mort de sa mère. « Ça m’a déchiré le cœur, dit-il, parce que j’espérais qu’elle soit en vie. » Il apprend ensuite que cinq autres proches ont péri dans les flammes. Son beau-père, ses frères, ses sœurs. Six personnes. Il ne reste que lui.

« J’ai essayé de me demander pourquoi j’ai survécu pour me retrouver sur un lit à entendre que j’ai perdu tout le monde », confie-t-il. La culpabilité l’envahit. « J’avais promis à ma mère que je veillerai sur mes petits frères et sœurs. Et ce soir-là, j’ai failli à mon devoir. »

Les opérations chirurgicales se succèdent. Les douleurs, les cauchemars aussi. Mais Zakidine tient. Il veut se reconstruire.

Une promesse non tenue

Pendant sa rééducation, ses petits frères — ceux qui ont survécu — lui disent de ne pas s’inquiéter. « L’État s’est engagé à prendre soin de nous », répètent-ils, d’après le témoignage de Zakidine. Lui-même en est convaincu. « Dans la rééducation, j’ai été suivi, raconte-t-il. Mais après la rééducation, je me retrouve seul. »

Le retour à la réalité est brutal. Handicapé par ses blessures, il ne parvient pas à obtenir un logement adapté. « Mon dossier n’est pas recevable, dans le sens où je suis un handicapé, explique-t-il. J’aurais aimé que l’État sache que je n’ai pas choisi cette situation. J’étais une personne qui travaillait, assidu, respectueux. Aujourd’hui, je me retrouve dans une situation très compliquée. »

Il ne demande qu’un peu d’aide. « Même si ce n’est qu’un petit peu. »

La haine contenue

Et les auteurs de l’incendie ? Zakidine ne les nomme pas. Les circonstances exactes de l’origine criminelle du feu restent, à ce stade, non documentées par la source vidéo. L’enquête, menée par les autorités niçoises, n’est pas détaillée dans le reportage. Aucune mise en cause, aucun nom de suspect n’est évoqué.

Le survivant, lui, ressent une haine qu’il ne peut pas effacer. « Je sais que cette haine restera en moi, admet-il, mais ça ne m’aidera pas à aller là où j’ai envie d’aller. » Il a appris à parler avec d’autres survivants, amputés, plus gravement blessés que lui. « Mon plus grand rêve, c’est de pouvoir montrer à tout le monde que malgré des situations compliquées, on trouve un moyen de s’en sortir. »

Ce que révèle ce drame de la France silencieuse

Le quartier des Moulins, à Nice, est l’un de ces territoires où la précarité et l’insécurité se conjuguent souvent. Un incendie criminel y a fauché sept vies. Un survivant y a perdu sa famille, sa santé, et — pour l’instant — son logement.

Ce fait divers, parce qu’il est local, parce qu’il ne met en scène ni célébrité ni scandale politico-financier, dit quelque chose de la France : celle où les promesses de l’État s’arrêtent à la sortie de l’hôpital. Celle où un jeune homme qui a tout perdu, y compris la capacité de marcher sans douleur, doit se battre seul pour obtenir un toit.

Zakidine ne demande pas la charité. Il demande que la République tienne sa parole. « On m’avait assuré qu’on allait prendre soin de moi », répète-t-il. Aujourd’hui, il n’a que son témoignage. Et ce rêve de montrer qu’on peut s’en sortir. Mais combien de temps peut-on survivre sans un toit, quand on a déjà survécu aux flammes ?

À suivre.

Sources : Reportage de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur (2026), « Incendie criminel des Moulins : un survivant témoigne après avoir perdu 7 membres de sa famille », consulté sur YouTube.

📰Source :www.youtube.com

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