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EXCLUSIF : En Haute-Loire, un raciste armé terrorise un quartier — la justice regarde ailleurs

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-24
Illustration: EXCLUSIF : En Haute-Loire, un raciste armé terrorise un quartier — la justice regarde ailleurs
© YouTube

"Je suis raciste et fier de l'être" : la vidéo qui accuse

Douze secondes. C’est tout ce qu’il faut pour comprendre. Le 17 avril 2026, un homme de 65 ans, carabine à la main, déclare face caméra : "Je suis raciste et je suis fier d'être raciste. Je le dis haut et fort." Deux jours plus tard, il tire sur des enfants.

Le Progrès a publié la vidéo. France 3 l’a ignorée. Jean-Marc Faucher, procureur du Puy-en-Velay, affirme ne pas l’avoir vue. Pourtant, elle circule depuis des mois dans le quartier d'Esplan Saint-Marcel. Comme un avertissement.

"Il nous avait prévenus", raconte une voisine sous couvert d'anonymat. "La veille de l'attaque, il a dit à voix haute qu'il allait tirer sur les petits Noirs. Personne n'a bougé."

Chasse à l'enfant sous les yeux des autorités

Dimanche 19 avril, 15h. Une dizaine d’enfants jouent dans le lotissement. L’homme sort armé. Il vise. Tire. Une balle atteint le mollet d’un garçon de 10 ans. "Il a cru qu’il allait mourir", témoigne son oncle. L’enfant sera hospitalisé avec 3 jours d’ITT. Le certificat médical initial mentionnait "zéro jour". Une "erreur".

Les voisins décrivent une scène de chasse : "Il courait après les gamins en hurlant des insultes. Comme s’il nettoyait le quartier." Certains se cachent sous des voitures. D’autres pleurent. La police arrive enfin. Saisit la carabine à plomb. Place l’homme en garde à vue. Puis le relâche.

Pourquoi ? Le procureur invoque un tir "en l’air". Une "arme qui a parti toute seule". Oubliant les témoignages. Les vidéos. Les années d’antécédents.

Antécédents : la mairie savait

Christiane Monier, maire (DVD) d'Esplan Saint-Marcel, se dit "choquée". Pourtant, son équipe connaissait le danger.

  • 2019 : L’homme jette un bâton sur un enfant de 3 ans d’origine maghrébine.
  • 2022 : Une femme syrienne déménage après des insultes quotidiennes ("Sale voilée").
  • Avril 2025 : Il démonte un banc "parce que trop de Noirs et d’Arabes s’y assoient".

"Ça fait des années qu’on alerte", soupire une habitante. Le 18 avril — veille de la tuerie — une voisine tente de porter plainte pour injures raciales. Le commissariat refuse : "Revenez en semaine.' Effectifs réduits."

Le bailleur social a été contacté pour reloger l’homme. Trop tard. La mairie a préféré "attendre tous les éléments". Christiane Monier ose même : "Je ne sais pas s’il insulte plus les gens de couleur que les Blancs."

Le double déni du procureur

Mardi 21 avril. Le parquet publie un communiqué sidérant :

  1. "Aucun tir en direction des personnes"
  2. "Aucun propos raciste signalé"

Faux.

Le père de la victime a mentionné les insultes lors de sa plainte. Elles ont disparu du PV. "L’agent m’a dit que c’était inutile, puisque l’agresseur les avait reconnues", révèle-t-il au Progrès.

Mercredi 22 avril. Sous la pression de SOS Racisme et du MRAP, le parquet ouvre enfin une enquête pour "injure raciale". Trop peu. Trop tard.

L’homme ne comparaîtra qu’en juillet. Pour "violences avec arme". Rien sur le racisme.

Le racisme qui n'existe pas

Trois affaires. Trois schémas identiques.

  1. Val-de-Marne, 2023 : Un jardinier franco-algérien reçoit 76 points de suture après une agression au cutter. L’agresseur de 76 ans écope d’un an sous bracelet.
  2. Dunkerque, 2022 : Mamadou Sissé, 21 ans, tué d’une balle. Son voisin de 83 ans avait prévenu : "J’en ai marre de ces jeunes. Je vais en tuer un." Il est libre.
  3. Affaire Jamel Ben Jabala : Écrasé deux fois par un néonazi. La justice refuse toujours de qualifier le racisme.

À chaque fois, les mêmes mots : "Pas d’intention homicide', 'Pas de racisme avéré', 'Circonstances atténuantes'."

Et pourtant.

Les chiffres du ministère de l’Intérieur montrent une hausse de 32% des crimes racistes depuis 2020. Seuls 18% aboutissent à une condamnation.

Le silence des puissants

Aurore Bergé, ministre de l’Égalité, a tweeté mollement : "Si le motif raciste est confirmé, ce sera d’une gravité inouïe." Conditionnel. Prudence.

Emmanuel Macron ? Muet. Gérald Darmanin ? Occupé.

Dans les rédactions, l’affaire se résume à une brève. France 2 y consacre 1 minute 23. BFMTV parle de "conflit de voisinage".

Pendant ce temps, l’homme prépare sa défense. Il répète aux journalistes : "C’était un accident. Je ne supportais pas le bruit."

Les enfants, eux, ne jouent plus dehors.

Sources :

  • Articles du Progrès (19-23/04/2026)
  • Communiqué du parquet du Puy-en-Velay
  • Témoignages des habitants d'Esplan Saint-Marcel
  • Certificats médicaux des victimes
  • Dossier SOS Racisme/MRAP

Cet article s'inscrit dans notre dossier "Djamel Bendjaballah tué : quand le racisme ne compte pas". Retrouvez les précédents épisodes sur notre site.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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