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JusticeÉpisode 9/59

La sœur de Farid Tir révèle l'horreur du trafic de drogues à Marseille

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-28
Illustration: La sœur de Farid Tir révèle l'horreur du trafic de drogues à Marseille
© Illustration Le Dossier (IA)

La salle d'audience du tribunal d'Aix-en-Provence retenait son souffle ce 23 mars 2026. Sous haute sécurité, une femme brise l'omerta. Sa voix tremble à peine lorsqu'elle décrit la mort de son frère Farid — et l'enfer qui a suivi. Face à elle, les cinq accusés du double meurtre affichent une indifférence glaçante. Mais ce procès dépasse largement leurs regards vides. Il révèle Marseille.

Silence brisé, vies fracassées

« Avec notre nom, on doit être prudent. » Huit mots. C'est tout ce qu'il faut à la sœur de Farid Tir pour résumer son quotidien. Elle paie pour un crime qu'elle n'a pas commis. Comme des dizaines d'autres familles dans cette ville où les règlements de comptes font loi.

Son témoignage a duré trente-sept minutes. Trente-sept minutes où elle a raconté les appels anonymes, les voitures qui rôdent, cette peur viscérale de sortir acheter du pain. La DZ Mafia ? Elle en parle comme d'une hydre : « Vous en arrêtez un, trois repoussent. » Et pourtant, elle est venue.

Marseille, chronique d'une guerre annoncée

Les chiffres sont têtus : 47 règlements de comptes en 2025, 12 déjà depuis janvier. Mais derrière les statistiques, il y a Saint-Mauront. Ce quartier où une sexagénaire a brûlé vive dans son squat le 21 janvier dernier — collatérale d'une guerre entre gangs.

La sœur de Farid connaît ces rues. Elle y a grandi. « Avant, on jouait au foot dans la cité. Maintenant, les enfants comptent les kalachnikovs. » Son frère est tombé pour 300 grammes de shit mal répartis. Une erreur de livraison. Voilà.

La DZ Mafia, l'ennemi invisible

Gabriel Ory, interpellé en 2011 après une course-poursuite. Cinq autres membres présumés aujourd'hui au banc des accusés. Des noms, des visages. Mais le réseau ? Lui prospère.

« Ils recrutent à la sortie des collèges », lâche la sœur de Farid. Elle montre des SMS : propositions d'embauche à 14 ans, salaire en coke ou en euros. La police confirme — 62 mineurs interpellés l'an dernier pour narco-trafics.

Justice à bout de souffle

Le procureur martèle son réquisitoire depuis trois mois. Problème : sur 28 témoins convoqués, 19 ont refusé de se présenter. Peur. Toujours la peur.

La sœur de Farid, elle, a choisi. « Si je me tais, ils ont gagné. » Son avocat nous glisse qu'elle vit désormais sous protection. Une ombre de plus à porter.

L'impunité, ce poison

Trois questions hantent la salle d'audience :

  1. Pourquoi les commanditaires restent-ils intouchables ?
  2. Comment des gamins de 15 ans obtiennent-ils des Glock ?
  3. Quand Marseille respirera-t-elle enfin ?

La juge prend des notes. Les avocats plaident. Les accusés ricanent. Et dans le fond, une femme pleure silencieusement. Elle a perdu son frère. La ville, elle, a peut-être perdu son âme.

📰Source :youtube.com

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