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Julien B. avoue le meurtre de sa collégienne : l'appel qui a tout fait basculer

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-07
Illustration: Julien B. avoue le meurtre de sa collégienne : l'appel qui a tout fait basculer
© Bingqian Li / Pexels

Un appel de détresse, un prénom qui tue

Mercredi 6 mai 2026, 8 heures du matin. Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne. Une collégienne de 14 ans se rend au collège. Elle ne verra jamais sa salle de classe. Une heure plus tard, elle gît dans une mare de sang. Poignardée.

Avant de mourir, elle a le réflexe qui sauve les enquêtes : elle compose un numéro. Celui d'un proche. Elle prononce un prénom. Un seul. « Julien. » Puis elle s'effondre.

Ce prénom, c'est la clé qui permettra aux gendarmes de remonter la piste en quelques heures. Le suspect interpellé dans la journée. Julien B., 23 ans. Sans profession, vivant chez ses parents — selon les premiers éléments transmis à la presse. Un jeune homme que la victime connaissait bien. Très bien.

« La victime et le suspect avaient une relation sentimentale », confirme la procureure de la République de Soissons, Laureydane Ortuno. Une relation que la collégienne avait décidé de rompre. Une rupture récente. Un ressentiment violent. Et un couteau.

Aveux immédiats, mais une version qui coince

Julien B. est placé en garde à vue dans la foulée de son interpellation. Il ne joue pas la montre. Dès les premières heures, il reconnaît les faits. « Être présent au moment des faits », « avoir fait usage d’un couteau » — ce sont les mots exacts du parquet. Il avoue donc l'acte. Mais il refuse d'aller jusqu'au bout de la logique.

« Il conteste l’intention homicide », précise le communiqué de la procureure.

Traduction : Julien B. admet avoir planté une lame dans le corps d'une adolescente de 14 ans. Mais il prétend ne pas avoir voulu la tuer. Une défense classique. Souvent utilisée. Rarement crédible quand la victime meurt sur place.

L'enquête a été ouverte pour assassinat — ce qui implique une préméditation. Le parquet ne le dit pas encore officiellement, mais les faits parlent d'eux-mêmes. Une rupture. Un ressentiment. Un couteau. Un appel à un proche qui n'a pas suffi.

Un écart d'âge qui interroge

Quatorze ans. Vingt-trois ans. Neuf ans de différence. La loi française fixe la majorité sexuelle à 15 ans. Mais la notion de « relation sentimentale » entre une collégienne et un adulte de 23 ans soulève des questions. Le parquet n'a pas précisé si des poursuites pour corruption de mineur étaient envisagées. Mais l'enquête pourrait creuser ce volet.

Julien B. aurait flirté avec la victime en fin d'année 2025, puis noué une relation « sentimentale ». Selon ses déclarations, c'est la jeune fille qui aurait mis fin à cette relation. Une décision qu'il n'aurait pas acceptée.

« Un très fort ressentiment », décrit la procureure. Un ressentiment qui aurait « provoqué son passage à l'acte ».

Voilà le schéma. Un homme adulte, rejeté par une adolescente, qui prend un couteau. La question n'est pas de savoir s'il a voulu la tuer. La question est : pourquoi avait-il un couteau ? Pourquoi s'est-il rendu à son collège ? Pourquoi a-t-il frappé ?

Le silence des proches, le poids des preuves

L'enquête est en cours. Les gendarmes de la section de recherches de Soissons travaillent sous l'autorité du parquet. Les auditions des témoins, des proches, des camarades de classe sont en cours. Les analyses médico-légales aussi.

L'appel de la victime à un proche constitue une preuve accablante. Elle a eu le temps de désigner son agresseur. Pas de doute sur l'identité. Pas de confusion. Julien B. est le seul suspect. Et il a avoué.

Mais les enquêteurs doivent encore établir la chronologie exacte. Où a eu lieu l'agression ? Dans la rue ? Devant le collège ? Dans un lieu isolé ? Le parquet ne l'a pas précisé. Les zones d'ombre persistent.

Julien B. a-t-il prémédité son geste ? Avait-il le couteau sur lui en se rendant sur place ? Est-il venu exprès pour la tuer ? Ou bien s'agit-il d'une altercation qui a dégénéré ? La différence entre meurtre et assassinat se joue sur cette question. La justice devra trancher.

Fère-en-Tardenois sous le choc

La commune de 3 000 habitants, située dans le sud de l'Aisne, est sous le choc. Les collèges ont observé une minute de silence. Les réseaux sociaux s'enflamment. Les parents d'élèves réclament des mesures de sécurité. Les politiques locales demandent des comptes.

Ce n'est pas la première fois qu'une adolescente est tuée par un ex-compagnon adulte. Le cas de Lola Daviet, 12 ans, en 2022, avait bouleversé la France. Ici, la victime a 14 ans. L'agresseur, 23. Les similitudes sont troublantes.

La procureure Laureydane Ortuno a promis une enquête « rapide et transparente ». Julien B. doit être présenté à un juge d'instruction dans les prochains jours. L'ouverture d'une information judiciaire pour assassinat est attendue.

Une défense qui ne tient pas

Julien B. persiste à nier l'intention homicide. Mais les faits sont têtus. Poignarder quelqu'un avec un couteau, c'est un acte dont le résultat probable est la mort. Un adulte de 23 ans ne peut pas l'ignorer.

« J'ai pas voulu ça » — c'est le refrain des accusés qui plaident la légitime défense, l'accident, la perte de contrôle. Mais ici, il n'y a pas d'accident. Il y a une rupture. Un ressentiment. Un couteau. Un corps sans vie.

Les avocats de Julien B. n'ont pas encore pris la parole publiquement. Ils tenteront sans doute de minimiser les faits, d'invoquer une fragilité psychologique, un passage à l'acte impulsif. Mais la justice a déjà qualifié l'affaire d'assassinat.

Le parquet de Soissons a ouvert une enquête pour homicide volontaire avec préméditation. La différence est cruciale : la perpétuité n'est pas la même que trente ans de réclusion.

Conclusion : un silence qui pèse

Ce jeudi 7 mai, Julien B. est toujours en garde à vue. Il parle. Il avoue. Mais il ne dit pas tout. Il reconnaît le couteau, mais pas l'intention. Il admet la présence, mais pas la préméditation.

L'appel de la victime à un proche, lui, ne ment pas. Il raconte une histoire brutale : une adolescente qui meurt en désignant son assassin. Un homme de 23 ans qui n'a pas supporté d'être quitté. Un couteau qui tranche une vie.

Les questions qui restent : pourquoi un tel écart d'âge dans une relation « sentimentale » ? Pourquoi les adultes autour n'ont-ils rien vu venir ? Pourquoi un couteau ?

Le Dossier suivra l'affaire. Les prochaines semaines seront décisives. Le juge d'instruction devra démêler le vrai du faux. Mais les aveux sont là. Et ils pèsent lourd.

Très lourd.

Sources

  • Le Parisien – « Meurtre d’une collégienne dans l’Aisne : comment l’enquête a permis de remonter à Julien B., le suspect » (Ronan Folgoas, Vincent Gautronneau, David Charpentier, 7 mai 2026)
  • Parquet de Soissons – communiqué de la procureure Laureydane Ortuno (7 mai 2026)
  • Témoignages de proches et éléments diffusés dans la presse locale (L'Union/Reims)

📰Source :youtube.com

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