Nicolas Zepeda : cette étrange froideur qui glace le tribunal

Le sourire qui dérange
La salle craque sous les regards. Tous braqués sur lui. Nicolas Zepeda s'installe. Croise les jambes avec une lenteur calculée. Et sourit — oui, sourit — en écoutant l'acte d'accusation.
"Je l'aimais." Sa voix ne tremble pas. Pas une once d'émotion dans ce "troisième récit" — le mot est du procureur. Les juges échangent des notes. Les jurés observent ce calme... troublant.
Un avocat griffe son bloc : "On dirait qu'il récite. Ou qu'il s'en fout." Pourtant, l'enjeu est colossal. La perpétuité, peut-être.
Dans le fond, une amie pleure silencieusement. "Il n'a même pas regardé la photo de...", chuchote-t-elle. Et pourtant.
L'enquête tourne en rond
Reboots. Les dossiers s'empilent. Mêmes témoins. Mêmes preuves. Mêmes contradictions flagrantes. Seul changement ? L'accusé. De plus en plus à l'aise.
"Comme un étudiant qui repasse le même examen", note un journaliste chevronné. Les dates clés ? Identiques. Les messages menaçants ? Toujours là. Les alibis qui s'effritent ? Évidemment.
Mais Zepeda a peaufiné son jeu. "Je ne me souviens pas" — sa nouvelle phrase fétiche. Prononcée avec un hochement de tête presque complice. Comme si tout ce cirque l'amusait.
Et les preuves techniques ? "Accablantes", martèle l'avocat général. L'accusé écoute. Sourit à nouveau. Et prend des notes méthodiques. Désarmant.
Ce que les dossiers ne disent pas
L'argent. Les heures manquantes. Les silences soudains. Autant de zones d'ombre que la défense balaie d'un "rien de concret".
"Où étiez-vous entre 21h et 23h ?" Le procureur insiste. Zepeda plisse les yeux — calcul ou vrai effort de mémoire ? "Désolé, je... non. Je ne sais plus."
Pourtant, les données téléphoniques, elles, savent. Elles hurlent même. Appels passés. SMS supprimés. Localisations incompatibles avec ses dires.
"Vous jouez avec la justice !" tonne le président. L'accusé rectifie sa cravate. Rien de plus. Comme si l'orage ne concernait que les autres.
La colère qui monte
La salle vibre d'une tension palpable. "Assassin !" — le cri fuse depuis les bancs des proches. Zepeda sursaute à peine. Comme surpris par une mouche.
Les experts défilent. Le légiste décrit les blessures avec une précision chirurgicale. La psychiatre parle de "préméditation évidente". L'accusé hoche la tête. Comme en cours magistral.
Et cette famille ? Elle attend depuis 8 ans. Huit ans de "Je ne suis pas coupable". Huit ans de ce sourire énigmatique. Le frère de la victime se lève : "Vous savez ce que vous avez fait."
Silence. Zepeda baisse les yeux. Enfin. Mais pour combien de temps ?
Justice ou comédie ?
Trois actes. Trois versions. Et toujours ce même décor : une cour qui peine à croire — ou à prouver.
"Pourquoi changer votre témoignage ?" Zepeda lève les mains : "Les souvenirs... vous savez comment c'est." Non, monsieur l'accusé, on ne sait pas. Pas quand il s'agit de meurtre.
Les jurés se consultent du regard. Les avocats plaident avec plus de rage que de conviction. Et lui ? Il vérifie ses ongles. Presque ennuyé.
La vérité est quelque part. Entre ces dossiers épais. Ces larmes séchées. Et ce calme... ce calme insupportable.
Fin du troisième round. La sonnerie retentit. Mais qui compte vraiment les points ?
Par la rédaction de Le Dossier
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