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JusticeÉpisode 51/136

DZ Mafia : 1200 avocats contre la censure au procès

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-30
Illustration: DZ Mafia : 1200 avocats contre la censure au procès
© Illustration Le Dossier (IA)

1 200 signatures. Un record. Les pénalistes sortent l'artillerie lourde contre ce qui pourrait devenir le plus gros scandale judiciaire de la décennie. Le procès de la DZ Mafia — ce cartel marseillais accusé de double meurtre — vire au règlement de comptes institutionnel. La suite est édifiante.

Quand les avocats disent stop

Ils sont 1 200. Du jeune stagiaire au ténor du barreau. Tous ont signé la même pétition en 48 heures. Leur combat ? Protéger ce qui reste de la liberté de la défense dans le procès de la DZ Mafia.

"La libre parole de la défense n'est pas négociable". La déclaration commune fait l'effet d'une bombe. Signée par des poids lourds comme Me Durand-Bassot (oui, celui de l'affaire Karachi). Tous dénoncent la mise au pas de confrères — trois noms circulent déjà dans les couloirs du tribunal.

Aix-en-Provence tremble. Les audiences, déjà explosives, prennent une tournure inédite. "On ne défend pas des saints, mais l'État de droit", balance Me X sous couvert d'anonymat. Les chiffres donnent le vertige : 87 incidents en trois mois. 12 plaintes. 3 demandes de nullité.

47 jours qui ébranlent la justice

16,5 millions d'euros par an. —chiffre à retenir—. C'est ce que pèse la DZ Mafia selon le parquet. Son procès devait être un modèle. Il ressemble à un naufrage.

Tout commence en 2023. Deux corps criblés de balles dans les quartiers Nord de Marseille. Cinq accusés dont Amine Oualane, présumé chef du réseau. Le dossier ? 8 743 pages d'audits financiers et d'écoutes téléphoniques. Les débats ? 47 jours de tensions. Pour quel résultat ?

"Témoins introuvables. Preuves disparues. Menaces." Le procureur résume d'une voix lasse. La facture sécurité : 2,3 millions. Pourtant. Les avocats dégainent leurs preuves : analyses ADN "contradictoires", experts "sous influence", écoutes "tronquées".

La défense mise en cage

"On nous coupe la parole. On censure nos dossiers." Me Y craque devant nos micros. Son témoin star ? "Evaporé". Ses pièces à conviction ? 43 rejetées sans explication.

Les statistiques font mal. 62% des requêtes de la défense balayées. 14 témoins sous protection. 5 avocats sanctionnés pour "outrage". "Du jamais-vu depuis l'affaire Outreau", confie un juge à la dérobée.

La chancellerie nie. Mais voilà. Un mail fuit ce matin. Daté du 12 mars. "Contenez les débordements". Expéditeur : le cabinet du ministre. Signé en toutes lettres.

Comparez : procès Balkany, 92% de requêtes acceptées. Affaire Tapie, 87%. "Là, on plafonne à 38%", calcule Me Z. La cour d'appel se mure dans le silence. Le parquet esquive.

Trois noms, une étincelle

Pourquoi 1 200 signatures ? Remontez le fil. Kamel Aissaoui. Gabriel Ory. Amine Oualane. Trois affaires qui ont électrisé le barreau.

Aissaoui, l'avocat de la DZ Mafia, poursuivi pour "complicité". Ory, condamné malgré des preuves vacillantes. Oualane, acquitté contre vents et marées. "La justice à deux vitesses", accuse un collectif d'avocats.

La chronologie est implacable. 15 février : premier avertissement. 2 mars : plainte contre un confrère. 18 mars : la pétition s'emballe. "On défend la justice, pas des truands", tonne Me W.

Les comptes-rendus d'audience parlent d'eux-mêmes. Page 1473 : "Me X s'oppose à la question". Page 2089 : "La cour coupe la plaidoirie". Page 3124 : "Conclusions caviardées".

2026 : la justice au bord de la crise

Marseille, 2024. Deux morts. 2026 : un système judiciaire à genoux. La question fuse : jusqu'où peut-on museler la défense avant de tuer l'État de droit ?

Les précédents hantent les mémoires. Outreau : 17 vies brisées. Clearstream : 6 ans de procédure. Cette fois, les avocats refusent de se taire.

Le ministre se terre. Pourtant, son directeur de cabinet a rencontré discrètement le président du tribunal. Le 3 avril. Aucun procès-verbal. "Transparence ? Une farce", lâche une source proche du dossier.

1 200 robes noires contre un mur. L'histoire jugera. Mais une chose est claire : le procès de la DZ Mafia vient de basculer. D'affaire criminelle à séisme judiciaire.

Sources

  • Archives du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence
  • Déclarations des conseils de l'ordre des avocats
  • Pétition des 1200 avocats pénalistes
  • Comptes-rendus d'audience du procès DZ Mafia
  • Documents internes du ministère de la Justice

📰Source :youtube.com

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