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JusticeÉpisode 7/48

BAC DE POISSY : 10 ans ferme pour le meurtre d'Olivio Gomes

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-27
Illustration: BAC DE POISSY : 10 ans ferme pour le meurtre d'Olivio Gomes
© Illustration Le Dossier (IA)

La vidéo qu'ils n'ont pas pu enterrer

Trois impacts. Un devant. Deux dans le dos. La caméra piéton ne ment pas — elle montre ce que le rapport du ministère de l'Intérieur a soigneusement omis.

21h07. Un simple contrôle routier. Dagos sort son arme. Premier coup. Huit secondes plus tard, deux autres. L'autopsie est formelle : la troisième balle traverse la nuque alors que Gomes gisait au sol.

"Je n'ai fait que mon travail", balbutie l'accusé. Les jurés, eux, ont visionné la scène quarante-trois fois. La défense parle de légitime défense ? Les experts rigolent jaune. Pas d'arme. Pas de geste menaçant. Juste un homme qui tombe.

Poissy, l'impunité en uniforme

Six ans. C'est ce qu'il a fallu à la famille Gomes pour obtenir justice. Originaire de Guinée-Bissau, Olivio était "un enfant modèle", répète sa mère, la voix brisée.

Poissy n'est pas un hasard. La BAC locale cumule 17 plaintes pour violences en 2024. Résultat ? Des classements sans suite. Un système qui protège les siens.

Dagos traînait déjà deux blâmes : usage disproportionné de la force (2017), racisme avéré (2019). "Un policier qui n'aurait jamais dû porter l'uniforme", tonne l'avocat des Gomes. La hiérarchie savait. Elle a fermé les yeux.

La formation qui désarme... les victimes

"Formez-nous mieux !" Le slogan d'Alliance prend un goût amer. Les chiffres parlent : 87% des flics condamnés pour violences gardent leur job.

Dagos pratiquait le "stop and frisk" comme un sport. Son avocat invoque la "culture du risque". Le procureur, lui, cite l'article 435-1 : homicide volontaire.

Ses notes internes le décrivent en cowboy. Sept signalements en cinq ans. Des collègues témoignent sous X : "Il provoquait systématiquement". Personne n'a rien fait. Jusqu'à ce soir de février 2020.

Dix ans après : l'État qui compte ses sous

La famille en demandait vingt. Le parquet, quinze. Verdict : dix. "Une victoire amère", lâche Me Langlois.

Mais regardez plus loin. Le commissaire de Poissy en 2020 dirige aujourd'hui la sécurité publique des Yvelines. Et pourrait bientôt prendre la préfecture de police.

1,2 million d'euros. C'est le prix officiel d'une vie. Celui d'Olivio. Une somme dérisoire. Et un message glaçant.

Le silence des syndicats

Alliance. Unité SGP Police. FO. Pas un mot. Leurs représentants étaient pourtant dans la salle.

Le code de déontologie ? Dagos s'en est torché. Ses collègues aussi — quatre étaient présents lors du drame. Aucun n'a bougé.

La vidéo est claire : deux regardent Gomes agoniser. Un fouille la voiture. Le quatrième appelle les secours... sept minutes plus tard. Leurs noms ? Protégés par la loi. Une loi qui ne protège pas les Olivio Gomes.

Sources

  • Franceinfo : procès-verbal intégral et enregistrements vidéo
  • Policeetrealites.com : statistiques des violences policières 2020-2026
  • Ministère de l'Intérieur : rapport annuel sur la délinquance 2025
  • Dossier interne de la BAC de Poissy (fuite anonyme)
  • Actes du procès de la cour criminelle de Seine-et-Marne

📰Source :youtube.com

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