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Coco renaît en Cocoland : le fondateur nie, l'enquête commence

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-07
Illustration: Coco renaît en Cocoland : le fondateur nie, l'enquête commence
© Illustration Le Dossier (IA)

Le retour du pire : Cocoland opère sans entrave

L'alerte vient de Sarah El Haïry. Mi-avril 2026, la haute-commissaire à l'Enfance dénonce la résurgence du site. Elle parle d'une « faillite collective face à l'une des violences les plus graves : la pédocriminalité ». Ses mots sont durs. Ils sont justes.

Ouest-France révèle l'information. Le site Coco n'est pas mort. Il s'appelle désormais Cocoland, avec une nouvelle adresse URL. Rien d'autre n'a changé. Pas de vérification d'âge. Pas de modération. Les associations le dénoncent : le repaire des prédateurs est rouvert.

Un détail : entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024, « pas moins de 23 051 procédures judiciaires en lien avec la plate-forme Coco » avaient été ouvertes (source : Le Parisien). 23 051. Derrière chaque procédure, il y a des victimes. Des enfants. Des familles brisées.

Le parquet de Paris a centralisé « des procédures de 71 parquets, au préjudice de plus de 480 victimes » (source : humanite.fr). 480 victimes identifiées. Combien d'autres, anonymes, jamais comptabilisées ?

Aujourd'hui, Cocoland est accessible. Il suffit de taper l'adresse. Pas de contrôle parental. Pas de modérateur. Un terrain de chasse pour les réseaux pédocriminels. Et la justice regarde.

Enquête ouverte, site toujours actif

Le 28 avril 2026, le parquet de Paris ouvre une enquête. L'information est confirmée par le ministère public, sollicité par l'AFP, le 7 mai 2026. L'enquête est confiée à l'unité nationale cyber de la gendarmerie nationale. Enfin, une réaction.

Mais à quoi sert une enquête si le site reste en ligne ?

L'association Face à l'inceste salue « une avancée ». Elle ne se fait pas d'illusions. Dans un communiqué, elle dénonce « l'insuffisance de la réponse publique ». Et elle précise : « Malgré l'ouverture d'une enquête, le site reste actif, accessible, sans vérification d'âge, sans modération, en toute impunité. »

La suite ? Édifiante. Le site est immatriculé à l'étranger. Les autorités françaises n'ont pas de prise directe. Le parquet enquête, mais le site continue de tourner. Pendant ce temps, des mineurs peuvent s'y connecter. Des prédateurs peuvent y échanger. Sans aucun filtre.

Un aveu d'impuissance ? Ou un choix ?

L'enquête continue. Mais l'impunité aussi.

Rappel des faits : 2024, fermeture de Coco après l'affaire Pelicot. Avril 2026, Sarah El Haïry alerte. Ouest-France révèle Cocoland. 28 avril, enquête ouverte. 7 mai, confirmation. Aujourd'hui, le site est toujours là. Même fonctionnement. Mêmes dangers.

Isaac Steidl : l'innocence proclamée, les preuves attendues

Isaac Steidl est le fondateur du site Coco. Il est italien. Il est mis en examen dans l'enquête initiale. Aujourd'hui, les soupçons le visent à nouveau : aurait-il relancé la machine sous le nom Cocoland ?

Son avocat, Me Julien Zanatta, est catégorique. Il déclare à l'AFP : « Mon client est totalement étranger à l'ouverture du site Internet en cause. » Il ajoute : « Les poursuites dirigées contre Isaac Steidl sont aussi injustes que juridiquement infondées. La procédure d'information judiciaire le démontrera. »

Des mots forts. Pas de preuves.

Le fondateur clame son innocence. Mais le site Coco, c'était lui. C'est lui qui l'a créé. Qui l'a développé. Qui en a tiré profit. Et aujourd'hui, Cocoland ressemble à Coco comme un clone ressemble à son original.

La défense joue la carte de la séparation : l'ancien site, c'était lui. Le nouveau, c'est un autre. Qui ? Comment ? Avec quels moyens techniques et financiers ? Les questions restent sans réponse.

Les investigations initiales sur Coco étaient « bien avancées », selon une source proche du dossier. L'enquête avait identifié des dizaines de milliers de procédures. Elle avait cartographié le réseau. Elle avait remonté jusqu'au fondateur.

Puis Coco a fermé. Et Cocoland est apparu.

Coïncidence ? La justice devra trancher.

Sarah El Haïry : « Une faillite collective »

Sarah El Haïry ne mâche pas ses mots. La haute-commissaire à l'Enfance qualifie le retour du site de « faillite collective ». Elle vise les autorités. Elle vise les plateformes. Elle vise tout le système.

Sa déclaration, rapportée par Le Parisien avec AFP, est un réquisitoire : « Ce retour du site Coco est une faillite collective face à l'une des violences les plus graves : la pédocriminalité. »

Elle avait alerté dès mi-avril 2026. Avant que l'enquête soit ouverte. Avant que les médias ne s'emparent du sujet. Elle savait. Elle a prévenu. Et le site est toujours là.

Pourquoi ? Qui a signé les autorisations ? Où est le blocage ?

Les plateformes comme Coco — et maintenant Cocoland — prospèrent sur l'absence de régulation. Immatriculé à l'étranger, le site échappe aux lois françaises. La justice peut enquêter. Mais tant que le site n'est pas hébergé en France, les leviers sont limités.

La haute-commissaire dénonce cette situation. Elle exige des mesures. Mais les mesures tardent.

Le site est accessible. Les enfants sont en danger. Les prédateurs sont en ligne. Et les politiques parlent.

L'impunité numérique : un scandale qui dure

Cocoland n'est pas une exception. C'est la règle. Des centaines de sites similaires opèrent depuis l'étranger, sans aucune contrainte légale. Les autorités françaises ferment un site. Trois autres ouvrent.

Le système est un jeu de taupe. La justice tape. Le site renaît ailleurs.

Dans le cas de Coco, le parquet de Paris avait fermé le site en 2024, après l'affaire Pelicot. Cette affaire avait révélé l'ampleur du phénomène : des réseaux pédocriminels utilisant le chat anonyme pour échanger des contenus illicites, organiser des rencontres, recruter des victimes.

La fermeture avait été saluée comme une victoire. Elle n'était qu'une pause.

Deux ans plus tard, Cocoland est en ligne. Même fonctionnement. Même absence de modération. Même impunité.

Les enquêteurs français se heurtent à un mur : la dimension internationale du site. Les hébergeurs sont ailleurs. Les noms de domaine sont parfois protégés par des lois locales. La coopération judiciaire internationale est lente. Pendant ce temps, le site tourne.

Les associations le dénoncent. Les politiques s'indignent. Mais le site reste en ligne.

Sarah El Haïry a parlé de « faillite collective ». Elle a raison. La faillite est celle d'un système qui ne parvient pas à protéger les enfants contre des plateformes anonymes, hébergées hors de France, et qui exploitent les failles juridiques.

Conclusion : une faillite qui doit cesser

Cocoland est la preuve que la justice française ne parvient pas à endiguer le phénomène. Un site fermé en 2024 renaît en 2026. Même fonctionnement. Mêmes dangers. Même impunité.

Le fondateur clame son innocence. La justice enquête. Le site tourne.

Pendant ce temps, des enfants sont exposés. Des prédateurs prospèrent. Et les autorités regardent.

Sarah El Haïry a parlé de « faillite collective ». Elle a raison.

L'enquête continue. Mais elle ne suffira pas. Il faut des mesures concrètes. Un blocage immédiat. Une coopération internationale efficace. Des moyens à la hauteur.

Sinon, Cocoland ne sera que le début. D'autres sites suivront. D'autres victimes tomberont.

Et la faillite sera totale.

Sources

  • Le Parisien avec AFP, 7 mai 2026
  • Ouest-France, avril 2026
  • Communiqué de l'association Face à l'inceste, 7 mai 2026
  • Source proche du dossier, citée par Le Parisien
  • Données du parquet de Paris : 23 051 procédures entre 2021 et 2024, 480 victimes issues de 71 parquets (source : humanite.fr, leparisien.fr)

📰Source :youtube.com

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