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JusticeÉpisode 21/70

DZ Mafia : le silence des témoins enterre la vérité

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-30
Illustration: DZ Mafia : le silence des témoins enterre la vérité
© Illustration Le Dossier (IA)

Le procès fantôme

23 mars 2026. Une date censée marquer un tournant. Trois chefs présumés de la DZ Mafia — accompagnés de trois complices — devaient répondre d’un double assassinat commis sept ans plus tôt.

Le box est vide.

"Les accusés refusent systématiquement de comparaître", confirme Marc Leras, correspondant à Marseille pour Le Parisien. Une stratégie bien rodée. Et qui fonctionne.

Les témoins ? Absents ou amnésiques. Lundi 30 mars, la cour convoque un détenu condamné à trente ans pour assassinat et deux ex-compagnes d’accusés. Résultat : deux trous de mémoire et une absence pure et simple.

Un seul témoin ose prendre la parole. Sa version ? Elle disculpe les suspects.

La loi du silence

"Poussette marseillaise".

L’expression — un argot judiciaire pour désigner les témoins poussés à se taire — résume l’atmosphère. Les rumeurs de pressions circulent ouvertement dans le prétoire.

"Les témoins ont peur. Et ce n’est pas rien", analyse un avocat sous couvert d’anonymat. La suite est édifiante.

En 2019, deux corps sont retrouvés criblés de balles. Méthode DZ Mafia. Signature connue. Pourtant, sept ans plus tard, les preuves tangibles manquent. Pourquoi ?

Les relevés téléphoniques existent. Les liens entre victimes et accusés sont documentés. Mais sans témoignages, l’édifice s’effondre.

Une cour d'assises impuissante

Aix-en-Provence, mars 2026. La cour navigue à vue.

Les juges tentent de reconstituer les faits avec des pièces manquantes. PhotoPQR/La Provence/Cyril Sollier capture l’absurdité de la situation : six avocats plaident devant un box désert.

"Nous avons des éléments accablants", insiste le parquet. Mais lesquels ?

Les seules déclarations utilisables viennent d’un unique témoin — celui dont la version arrange les accusés. Coïncidence ?

Marseille, capitale de l'omerta

Retour en 2019.

Le double meurtre aurait dû faire trembler la DZ Mafia. Pourtant, l’organisation — née dans les quartiers nord de Marseille — a survécu. Et prospéré.

Aujourd’hui, son réseau s’étend jusqu’en Île-de-France. Son chiffre d’affaires ? Plusieurs millions par mois. Sa spécialité ? Le narcotrafic et les règlements de comptes.

Mais devant la justice, plus trace de cette puissance. Seul subsiste un mur de silence.

Une justice à bout de souffle

Le dossier est loin d’être clos.

Depuis le 23 mars, les audiences s’enchaînent. Sans avancée. Sans vérité. Sans justice.

Les familles des victimes regardent, impuissantes, ce procès tourner au simulacre. Les accusés ? Inatteignables. Les témoins ? Introuvables ou amnésiques.

Reste une question : jusqu’où ira cette mascarade judiciaire ?

À Aix-en-Provence, la cour d’assises a jusqu’au 15 avril pour rendre son verdict. Mais sans témoignages, sans comparution, sans preuves directes, que pourra-t-elle vraiment décider ?

Une chose est sûre : la DZ Mafia, elle, a déjà gagné. Son pouvoir ? Il se mesure à ces silences achetés. À ces mémoires effacées. À cette justice impuissante.

Le message est clair : à Marseille, c’est toujours elle qui fait la loi.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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