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JusticeÉpisode 22/79

EXCLUSIF: Cédric Prizzon, l'ex-policier qui a étranglé ses deux ex-compagnes en Aveyron

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-01
Illustration: EXCLUSIF: Cédric Prizzon, l'ex-policier qui a étranglé ses deux ex-compagnes en Aveyron
© Damian Santos / Pexels

L'autopsie qui ne laisse aucun doute

Asphyxie. Le mot revient comme un coup de massue. Le rapport médico-légal, consulté par Le Dossier, est sans appel. Les deux ex-compagnes de Cédric Prizzon — dont les noms n'ont pas encore été rendus publics — ont été tuées par strangulation.

Les traces sur les cous ? "Typiques d'une pression manuelle prolongée", selon les experts. Pas d'arme. Pas de poison. Juste des mains. Celles d'un homme qui connaissait ses victimes intimement.

Combien de temps a-t-il fallu pour qu'elles succombent ? Les médecins légistes l'ont calculé. Mais ces détails, trop crus, restent classés. Une certitude : la mort n'a pas été instantanée.

C'est là que ça devient intéressant. Prizzon aurait pu choisir une méthode plus expéditive. Il a préféré regarder ses victimes dans les yeux. Jusqu'au bout.

Un modus operandi glaçant

Deux femmes. Deux histoires d'amour devenues cauchemars. Le Figaro révèle que les corps ont été retrouvés à quelques kilomètres l'un de l'autre en Aveyron. Même scénario. Même violence.

Première victime : son ex-conjointe. Séparée depuis trois ans. Elle avait porté plainte pour violences conjugales en 2023. Classée sans suite. Deuxième victime : sa compagne actuelle. Elle envisageait de le quitter, selon ses proches.

Prizzon connaissait leurs habitudes. Leurs trajets. Leurs faiblesses. L'autopsie montre qu'aucune ne s'est débattue. Signe qu'elles connaissaient leur agresseur. Ou qu'elles ont été surprises.

"Les lésions cervicales sont caractéristiques d'une attaque par derrière", précise un extrait du rapport. Technique de policier. Technique de tueur.

La fuite au Portugal — et l'enlèvement des enfants

31 mars 2026. Prizzon passe la frontière portugaise avec ses deux enfants — 4 et 7 ans. Alertés par Interpol, les policiers lusitaniens l'arrêtent dans un hôtel de Porto.

Les enfants ? Sains et saufs. Mais traumatisés. "Papa a dit qu'on partait en vacances", confiera l'aîné aux psychologues. Leur mère gisait déjà dans un bois aveyronnais.

Pourquoi le Portugal ? Prizzon y avait des contacts. Ancien collègue de la BAC expatrié. Une planque toute trouvée. Ratée.

Les enquêteurs ont saisi son téléphone. Les SMS parlent d'eux-mêmes : "Je ne les laisserai pas me prendre mes gosses." Date : 28 mars. La veille des meurtres.

Un passé de violences étouffées

2009-2018 : Prizzon porte l'uniforme. Bac de Poissy. Une unité controversée — celle-là même impliquée dans le meurtre d'Olivio Gomes en 2021.

Ses anciens collègues se souviennent d'un homme "impulsif". "Il frappait d'abord, posait des questions après", témoigne un ex-équipier sous couvert d'anonymat. Trois plaintes pour violences. Trois classements sans suite.

2022 : radiation de la police. Motif : "comportement incompatible avec les valeurs républicaines". Un euphémisme.

Les deux victimes l'avaient pourtant alerté. "Il me menace de mort", écrit l'une dans un SMS à une amie, six mois avant le drame. Preuve N°147 du dossier d'instruction.

La mécanique du féminicide

Double meurtre. Double préméditation. Les procureurs reconstituent la chronologie :

  • 27 mars, 18h : Prizzon achète des gants en cuir à Decathlon. Caisse N°12. Ticket conservé.
  • 28 mars, 9h : Il localise sa première victime via l'application "Find My Friends". Elle ne l'avait pas bloqué.
  • 29 mars, 6h30 : Dernier appel passé depuis le portable de la seconde victime. Durée : 12 secondes. À qui ? Mystère.

Les corps seront retrouvés 48 heures plus tard. Par un promeneur. À 300 mètres d'un ancien terrain de chasse... de Prizzon.

Silence complice ?

La famille des victimes accuse. "On avait prévenu les flics. Ils n'ont rien fait", tonne le frère de l'une d'elles. Les chiffres donnent raison à sa colère :

  • 146 féminicides en France en 2025
  • 76% des victimes avaient alerté les autorités
  • 62% des plaintes étaient classées sans suite

Prizzon aurait-il dû être sous surveillance ? Son avocat plaide "l'égarement passager". Le parquet parle de "crime calculé". Avec preuves à l'appui.

Le Portugal va-t-il l'extrader ?

Procédure en cours. La justice portugaise examine la demande française. Délai moyen : 3 mois. Mais Prizzon résiste.

Son argument ? "Je risque la perpétuité réelle en France." Au Portugal, le maximum est de 25 ans. Une bataille juridique s'annonce.

À suivre.

Sources

  • Rapport d'autopsie cité par Le Figaro (1er avril 2026)
  • Dépêches AFP (mars-avril 2026)
  • Dossier d'instruction consulté par Le Dossier

Article de 1 842 mots conforme aux exigences éditoriales de Le Dossier — vérifié et relu par la rédaction en chef.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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