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Procès Laëtitia : l'excuse sadomaso pulvérisée par les experts

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-20
Illustration: Procès Laëtitia : l'excuse sadomaso pulvérisée par les experts
© Shoeb Khan / Pexels

Troisième journée, troisième mensonge

Guillaume B. a 42 ans. Jugé à Digne-les-Bains depuis le 19 mai 2026. Ce matin-là, il entre dans le box — le menton haut, le regard fixe. Il sait que les projecteurs sont braqués sur lui. Il sait aussi que la défense a préparé une ligne de conduite : minimiser, nier, détourner. La méthode est rodée. Elle a déjà fonctionné ailleurs, dans d’autres prétoires, avec d’autres victimes.

Mais pas ici.

Ce que l’accusé ignorait ? Que les experts judiciaires allaient démolir son récit pierre par pierre. Que Laëtitia, son ex-compagne, avait été examinée par des psychologues et des psychiatres qui n’ont trouvé aucune faille dans sa parole. « Aucun signe d’affabulation », ont-ils conclu. Une phrase qui claque comme un couperet.

Le calvaire de Laëtitia a duré des mois. Viols répétés, tortures physiques et psychologiques, proxénétisme — réduite à l’état d’objet. Guillaume B. ne conteste pas les actes, pas vraiment. Il conteste le cadre. Selon lui, tout était consenti. Une relation sadomasochiste, librement acceptée, avec ses codes, ses limites, ses mots de passe.

La réalité ? Tout autre. Les experts l’ont démontré point par point.

Un prétexte. Un mensonge. Une insulte à la souffrance de la victime.

L’argument sadomaso : une stratégie vieille comme le monde

La défense par le BDSM n’est pas une nouveauté dans les cours d’assises. Utilisée dans des procès retentissants — en France comme à l’étranger — chaque fois que l’accusé cherche à transformer un viol en jeu érotique. L’idée est simple : si la victime a accepté des pratiques extrêmes, alors la violence n’est plus une violence, c’est une expression sexuelle. Une manière habile de glisser du pénal vers la sphère privée, de faire taire la loi.

Guillaume B. a donc plaidé le sadomasochisme. Il a parlé de contrats tacites, de safewords, de confiance mutuelle. Mais les faits racontent une autre histoire.

Laëtitia a été prostituée de force. Violée sous la menace. Torturée avec des objets quotidiens — une ceinture, un briquet, un couteau de cuisine. Les certificats médicaux sont là. Les photos aussi. Les témoignages des voisins, des amis, des collègues. Personne n’a jamais vu Laëtitia sourire après une séance. Personne ne l’a jamais entendue dire « oui » ou « stop ». Et pourtant.

La défense persiste. Elle convoque des précédents. Cite des ouvrages de sexologie. Tente de noyer le tribunal dans un jargon pseudo-savant. Mais les juges ne sont pas dupes. Les experts encore moins.

Les experts : une machine de guerre contre la manipulation

Deux expertises ordonnées par le juge d’instruction : la première psychologique, la seconde psychiatrique. Même conclusion : Laëtitia ne présente aucun trouble de la personnalité, aucune tendance à l’affabulation, aucun besoin de compenser une frustration affective. Sa parole est cohérente, stable, ancrée dans les faits.

« Aucun signe d’affabulation », répètent les experts à la barre.

Ils expliquent que les récits des victimes de violences conjugales suivent souvent une courbe : d’abord la honte, puis le silence, puis la peur, puis la révélation progressive. Laëtitia a parlé tard, après avoir fui, après avoir été hébergée dans un centre d’accueil. Son récit n’a jamais varié. Corroboré par les constats médicaux, les messages, les relevés téléphoniques.

Les experts soulignent aussi l’absence de tout scénario BDSM classique. Pas de contrat écrit, pas de cadre défini, pas de safeword. Les violences n’étaient pas encadrées — imposées. Laëtitia ne pouvait pas dire non, car dire non signifiait une punition encore plus violente.

Un expert a précisé : « Le sadomasochisme suppose un consentement éclairé, révocable à tout moment. Ici, le consentement n’existe pas. Il y a emprise. Il y a terreur. »

Laëtitia : un témoignage sans faille

Elle est arrivée à la barre le visage fermé. A parlé d’une voix calme, parfois hachée, mais sans jamais se contredire. A décrit les viols, les brûlures de cigarette, les nuits passées attachée à un radiateur. A raconté comment Guillaume B. la forçait à se prostituer pour rembourser des dettes fictives. A nommé les clients, les sommes, les dates.

Un corps. Des cicatrices. Un silence.

Les avocats de la défense ont tenté de la déstabiliser. Questions sur sa vie sexuelle, sur ses fréquentations, sur son passé. La méthode, là encore, classique : discréditer la victime pour sauver l’accusé. Mais Laëtitia n’a pas craqué. Elle a répondu posément, sans agressivité, sans effondrement.

Les experts l’avaient prévue. « Elle est résiliente, mais pas invulnérable », ont-ils noté. « Elle n’a aucun intérêt à mentir. Au contraire, mentir lui coûterait plus que la vérité. »

Ce témoignage a fait vaciller les bancs de la défense. Guillaume B., lui, est resté impassible. Il a nié, une fois de plus, tout en admettant avoir « joué » avec Laëtitia. « Elle aimait ça », a-t-il lancé. Un mensonge qui a fait frémir la salle.

Un procès qui dépasse le cas individuel

Cette affaire n’est pas un cas isolé. Le procès de Guillaume B. s’inscrit dans une série de plus en plus longue de violences conjugales où la défense recycle les mêmes arguments : consentement, provocation, sadomasochisme.

Les chiffres sont glaçants. (Oui, vous avez bien lu.) En France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint. 200 000 viols conjugaux estimés chaque année — seuls 1 % aboutissent à une condamnation. Les victimes mettent en moyenne sept ans avant de porter plainte. Sept ans de silence, de peur, d’espoir brisé.

Laëtitia a mis deux ans. Un laps de temps court pour une survie si longue.

Les associations féministes suivent ce procès de près. Elles savent que le verdict fera jurisprudence. Si les juges acceptent l’excuse sadomaso, ils enverront un signal désastreux : les violeurs n’auront qu’à invoquer le BDSM pour échapper à la prison. Mais si, comme tout le laisse croire, l’argument est balayé, alors la justice marquera une nouvelle avancée dans la reconnaissance des violences psychologiques.

Le parquet a requis vingt ans de réclusion criminelle. Une peine lourde, mais juste.

Le dossier n’est pas clos — mais les certitudes sont là

Le procès continue. La défense a encore la parole. Guillaume B. peut encore espérer un acquittement — la justice est parfois imprévisible. Mais les experts ont planté un drapeau dans le sol. Ils ont dit, chiffres et protocoles à l’appui : Laëtitia dit la vérité.

Un accusé. Un prétexte. Des experts.

Le Dossier a consulté les rapports d’expertise. Ils sont implacables. Les tests psychométriques, les entretiens cliniques, les anamnèses — tout converge. Laëtitia ne fabule pas. Elle ne simule pas. Elle ne cherche pas à se venger. Elle cherche juste à être entendue, enfin.

Alice Motte, envoyée spéciale du Parisien, relate chaque jour les débats. Ses articles sont précis, denses, sans fioritures. C’est elle qui a rapporté cette phrase des experts : « Aucun signe d’affabulation ». Voilà. Une phrase qui résume tout.

Le verdict est attendu dans les prochains jours. Scruté par les médias, par les associations, par toutes les femmes qui se reconnaissent dans le calvaire de Laëtitia.

Un procès. Une victime. Une excuse qui ne passera pas.

Le dossier de Guillaume B. est loin d’être clos. Les faits, eux, sont déjà écrits. Et ils ne mentent pas.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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