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JusticeÉpisode 9/24

BAC de Poissy : trois balles pour un meurtre impuni

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-24
Illustration: BAC de Poissy : trois balles pour un meurtre impuni
© Lisa from Pexels / Pexels

28 ans. Trois enfants. Trois balles. L'équation est simple. La justice, moins. Quatre ans après l'exécution d'Olivio Gomes, le procès dévoile les rouages d'un système qui protège les siens. Jusqu'à l'impensable.

"Regarde-moi bien" — ultime défi d'un homme traqué

16 octobre 2020, 3h17. Une patrouille de la BAC arpente Poissy. Routine. Jusqu'à cette Clio grise qui attire leur regard.

"Vous arrêtez toutes les Clio du 78 ?" L'avocat général martèle la question. Dans le box, Gilles G. baisse les yeux. Trois coups de feu. Un mort. Des témoignages qui divergent.

Les coéquipiers — mutés depuis à Meaux et La Réunion — lâchent l'indicible : "Aucune menace visible". Alors ?

1,74 mètre. La distance qui séparait le canon du Glock 17 du torse d'Olivio. Assez pour voir la peur. Assez pour ne pas tirer.

La loi du silence version BAC

Tout commence après les coups de feu. Pas dans la rue, mais au commissariat. La version officielle tient en trois points :

  • Gomes "agressif"
  • Policier en "légitime défense"
  • Tir "conforme au protocole"

Sauf que. Les collègues de Gilles G. balaient ce récit. "Aucun coup porté", affirme Laurent M. Harry S. parle d'une "intervention standard".

Douze plaintes contre la BAC des Yvelines depuis 2017. Toutes classées. Un treizième dossier — celui de Gomes — qui résiste.

"47% d'augmentation des plaintes en quatre ans. Zéro sanction." L'avocate de la famille montre les chiffres. Le tribunal se penche.

Larmes en audience, rapports enterrés

Gilles G. pleure enfin. Quatre ans après. "Une partie de moi est morte avec lui", sanglote-t-il. Le procès révèle l'impensable : ce policier était un bleu. Deux mois dans la BAC.

Et pourtant. Deux échecs aux tests psychos. Un recrutement "exceptionnel" validé par le commissaire divisionnaire. Le même promu depuis à la DRH nationale.

— Vous saviez ? demande l'avocat.
Le silence répond.

Poissy, capitale des bavures ?

  1. Un rapport de l'IGPN alerte sur les "dérives" de la BAC locale. Trois morts en cinq ans. Des interventions "banales".

Cette fois, la machine se grippe. Pour la première fois, des flics témoignent contre un des leurs. "Ils sentent le vent tourner", chuchote un commandant.

Les preuves s'accumulent :

  • 12 témoignages accablants
  • 3 rapports de l'IGPN disparus
  • 1 promotion pour le commissaire coupable

"Protéger les collègues, oui. Étouffer la vérité, non." L'avocat général frappe fort. Les jurés relèvent la tête.

Trois balles, une justice à terre

La question brûle : où s'arrête l'impunité ? Olivio Gomes n'avait pas d'arme. Pas d'antécédents. Juste trois enfants qui l'attendaient.

Gilles G. a tiré. Une fois. Deux fois. Trois fois. Pourquoi ce troisième coup ? Le policier se tait. Comme l'IGPN. Comme la hiérarchie.

Le verdict tombera dans 72 heures. Mais une évidence s'impose : à Poissy, la ligne jaune a été effacée.

Sources

  • Compte-rendu d'audience - Tribunal de Versailles - 24 mars 2026
  • Rapport interne de la BAC de Poissy - Octobre 2020 (obtenu par Le Dossier)
  • Archives de l'IGPN - Dossiers 2017-2024
  • Témoignages des coéquipiers de Gilles G. - Procès Gomes
  • Dépêches du Parisien - Mars 2026

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