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Fonds prédateurs : 42% du PIB aux mains de 500 fortunes — l'enquête qui accable

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-04
Illustration: Fonds prédateurs : 42% du PIB aux mains de 500 fortunes — l'enquête qui accable
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L'accumulation qui donne le vertige

Selon Quentin Parrinello, directeur des politiques publiques à l'Observatoire international de la fiscalité, les statistiques officielles montrent une progression lente de la part des 10% les plus riches dans le patrimoine national. Mais le vrai séisme est ailleurs. « Le phénomène de concentration de la richesse est vraiment au niveau des très très riches, des milliardaires », explique-t-il. La preuve : le rapport entre la fortune cumulée des 500 plus grandes fortunes et le PIB français est passé de 6% à 42% en moins de trente ans.

Deux accélérations ont marqué cette courbe. La crise financière de 2008, d'abord. Puis le Covid-19. « Ce niveau de concentration des richesses, ce n'est pas pour les vieux jours », insiste Parrinello. « C'est du pouvoir. » Cela se traduit par l'achat de médias (Elon Musk, Vincent Bolloré), par des monopoles (CMA CGM de Rodolphe Saadé), et par le financement direct de la vie politique.

15% de l'emploi privé dans le Far West

Selon Aurélie Trouvé, députée LFI et rapporteuse de la commission d'enquête, jusqu'à maintenant, seuls quelques journalistes et sociologues avaient travaillé sur ces fonds. Jamais une étude parlementaire. Or, selon elle, ces fonds prédateurs — fonds d'investissement, fonds vautour, family offices — contrôlent désormais 15% de l'emploi privé en France.

Leur caractéristique ? Aucune régulation. « Après la crise de 2008, on a un peu régulé les banques. Là, c'est le Far West », dénonce Trouvé. Ces fonds exigent des taux de rentabilité de 15%. Pour atteindre de tels chiffres, selon elle, une seule méthode : désosser, piller, saccager les entreprises. Elle cite l'exemple de Kem One, entreprise de chimie, rachetée par le géant américain Apollo (qui gère 1000 milliards d'actifs — un cinquième du patrimoine public français). Résultat : la dette de Kem One est passée de 10 à 700 millions d'euros.

Selon la source, depuis 2015, plus de 4500 montages de ce type ont été recensés en France — deux fois plus qu'en Allemagne.

Le pantouflage des élites : Fillon, Kosciusko-Morizet, Pellerin

Autre phénomène mis en lumière par la commission selon Trouvé : le pantouflage massif des anciens ministres dans ces fonds. Elle cite nommément François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Fleur Pellerin.

Quand la finance spéculative épouse l'extrême droite

Selon Hugo Paletta, sociologue et auteur de « Comment le fascisme gagne la France », il y a quelque chose de nouveau dans les rapports entre le système économique et le champ politique. Des secteurs entiers du capital se rallient désormais à l'extrême droite — ce qui n'était pas le cas il y a quinze ans.

Selon lui, la finance spéculative a massivement financé la campagne pro-Brexit au Royaume-Uni et la première élection de Donald Trump en 2016. « C'est plus qu'un symptôme », insiste Paletta. Selon lui, la crise de rentabilité du capital et la crise environnementale poussent une partie du capital à chercher des alliés réactionnaires.

L'État complice : la BPI et les tribunaux de commerce

Selon la source, la Banque Publique d'Investissement (BPI) investit la moitié de ses moyens dans les fonds d'investissement — plutôt que dans les entreprises en difficulté. Lors de son audition, selon la source, le directeur de la BPI Bruno Le Maire a déclaré : « Vive les fonds d'investissement. »

La commission d'enquête a également entendu des représentants de salariés craignant des représailles.

Et maintenant ?

La commission d'enquête recommande de faire du maintien de l'emploi la priorité absolue dans les reprises d'entreprises.

Une autre piste est sur la table selon la source : la taxation des milliardaires. L'Observatoire international de la fiscalité, dirigé par Gabriel Zucman, propose un impôt plancher de 2% sur les plus grandes fortunes. Des pays explorent déjà cette voie — le Royaume-Uni (via les équipes d'Andy Burnham), la Californie (référendum sur un impôt des milliardaires), le Brésil. « Il faudra un effet domino », prédit Parrinello.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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