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Présidentielle 2027 : Marine Le Pen condamnée, la gauche divisée — le chaos annoncé

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-09
Illustration: Présidentielle 2027 : Marine Le Pen condamnée, la gauche divisée — le chaos annoncé
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Un premier pas sous les sifflets

Marine Le Pen a choisi La Flèche, dans la Sarthe, pour lancer sa campagne. Jordan Bardella l’accompagnait. Le marché local était sous tension. « Pas de délinquants au gouvernement ! », scandaient les manifestants, selon le reportage de Public Sénat. L’échange a duré vingt-sept minutes — chrono en main.

La candidate a justifié son pourvoi. « Je ne joue pas la montre, je suis une citoyenne qui use de ses droits », a-t-elle déclaré. Elle a réaffirmé son innocence. Les faits ? Un détournement de fonds publics. La cour d’appel de Paris l’a condamnée à quinze mois d’inéligibilité et à un bracelet électronique pendant un an, selon les informations vérifiées par 20minutes.

Jordan Bardella, à ses côtés, affichait une mine fermée. « Je suis extrêmement heureux que nous puissions rentrer en campagne avec Marine », a-t-il dit. Mais le sourire semblait ailleurs. « Cette décision fait en réalité deux morts : Bardella et Attal », a résumé un commentateur cité par 20min.ch.

Pierre Jacquemin, directeur de la rédaction de Politis, a rappelé le précédent Fillon. « Elle ne pouvait pas faire un seul déplacement sans être accueillie par des huées », a-t-il comparé. Nuance : « Je crains que ça ne fasse pas beaucoup de mal à Marine Le Pen. »

L’épée de Damoclès judiciaire

Début avril 2027. Deux semaines avant le premier tour. La Cour de cassation a annoncé qu’elle ferait tout pour publier sa décision avant le scrutin. « Nous sommes en ordre de marche », a déclaré un représentant de la Cour, cité par Public Sénat.

Christelle Krapelet, directrice d’opinion chez Ipsos BVA, explique que ce calendrier pèse sur la campagne. « Elle peut encore être en campagne et porter un bracelet », souligne-t-elle. Le dispositif impose vingt jours pour rencontrer le juge d’application des peines. Une course contre la montre.

Pierre Jacquemin va plus loin. « Marine Le Pen ne veut pas de Jordan Bardella à l’Élysée. En faisant le choix de partir, elle met sa famille en péril. » Il ajoute : « Elle prend la décision d’aller coûte que coûte, quitte à ce que ça lui trébuche jusqu’à la dernière semaine. »

Michael Darmon, éditorialiste politique à I24 News, rappelle un précédent : Donald Trump a été condamné et réélu. « L’électorat de Marine Le Pen est tellement déterminé que rien ne changera », estime-t-il. Les sondages lui donnent raison : 35 % des intentions de vote au premier tour, selon les enquêtes Ipsos BVA citées dans le débat. Au second tour, elle est donnée vainqueur face à tout adversaire — même avec un bracelet.

Le ticket Le Pen-Bardella, une image qui grince

Jordan Bardella était plus populaire que sa mentor, selon les études d’opinion. Il incarnait le changement, la proximité. Marine Le Pen gardait une crédibilité sur les enjeux internationaux. Mais le couple politique se fissure.

« Le sourire a changé de camp », ironise Michael Darmon. Bardella, qui s’était préparé à être candidat, a vu ses espoirs s’évanouir. « Il digère, c’est certain », ajoute-t-il. « Il reste encore beaucoup à apprendre. »

Jean-Marie Le Pen, dans une citation rapportée par le débat, avait prévenu : « Le destin des dauphins est parfois de s’échouer. » Christelle Krapelet confirme que, dans les enquêtes, un quart à un tiers des sympathisants RN s’interrogent sur le handicap judiciaire. Mais le soutien reste majoritaire.

La candidate tente de jouer la complémentarité. « Elle va essayer de séduire le plus large segment électoral possible », explique Krapelet. Mais un scrutin présidentiel est une élection individuelle. Le duo, inédit, pourrait ne pas convaincre au-delà du noyau dur.

Et la gauche ? La primaire qui n’en finit pas

Pendant que Marine Le Pen avance, la gauche s’écharpe. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a proposé une consultation des militants sur le format de la primaire. Deux options : fermée aux seuls adhérents socialistes, ou large — ouverte aux écologistes et aux communistes — avec une deuxième primaire pour départager le vainqueur.

Pierre Jacquemin décrit un processus « baroque ». « C’est comme une primaire de Ligue 1 dont le champion va jouer en Ligue 2 », ironise-t-il. Michael Darmon renchérit : « Les Insoumis ont mis le PS sous emprise. L’enjeu, c’est de prouver qu’une gauche sociale-démocrate peut exister sans les insoumis. »

Les candidats potentiels sont nombreux. Raphaël Glucksmann, porté par Place publique, est le favori de la social-démocratie. Mais François Ruffin, Clémentine Autain, Marine Tondelier, Fabien Roussel menacent de se présenter sans primaire. Jérôme Getsch, interrogé plus tôt sur Public Sénat, s’est dit défavorable à une primaire large.

Les sondages donnent la gauche additionnée à 33-34 % des voix, contre 36 % pour le RN. Mais le risque d’éparpillement, comme en 2022, est réel. « La gauche n’a jamais gagné avec une seule force propulsive », rappelle Jacquemin. « Elle a toujours gagné en faisant des alliances. »

Christelle Krapelet note que les électeurs de gauche sont favorables à l’union en principe, mais divisés sur les personnalités. « Ils sont assez perdus », résume-t-elle. « Une partie ne veut pas de Jean-Luc Mélenchon, une autre veut élargir le rassemblement. »

Le spectre du chaos électoral

Scénario inédit. Une multiplicité de candidats de gauche combinée à une candidate RN condamnée. Gabriel Attal, cité dans le débat, accuse Marine Le Pen de « prendre en otage » la campagne. « La campagne se résume à une chronique judiciaire », déplore-t-il.

Pierre Jacquemin appelle la gauche à la responsabilité. « Il y a un désir d’union très fort chez les sympathisants. Si le problème, ce sont les personnes, il faut qu’ils s’entendent sur la personne la plus consensuelle. » Mais il prédit : « Il y aura forcément un candidat de la social-démocratie et un candidat de la gauche radicale. »

Michael Darmon évoque l’hypothèse François Hollande, « prince des embuscades ». Mais rien n’est joué.

Retenez ce détail : la Cour de cassation peut trancher jusqu’à début avril. Marine Le Pen pourrait porter un bracelet électronique à deux semaines de l’élection. Et la gauche, elle, pourrait arriver avec cinq ou six candidats. Le chaos, ce n’est pas une hypothèse. C’est une trajectoire.

📰Source :youtube.com

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