SCANDALE à l'Assemblée : l'extrême droite attaque les libertés syndicales

La séance qui a failli exploser
2h37. L'heure où tout bascule. Saintou — élu UDR proche de l'extrême droite — refuse de poser des questions. Il attaque frontalement le rapporteur. "Vous avez une méconnaissance totale des libertés syndicales dans ce pays."
Le président menace de suspendre la séance. Trois fois.
Les relevés de séance montrent une escalade en 8 minutes :
- 14h39 : Première interruption
- 14h42 : Mention de la "charte d'Aien" comme preuve
- 14h45 : Accusation de "méthodes d'inquisition"
- 14h47 : Ultimatum du président
"Ce n'est pas une erreur de procédure. C'est une stratégie", analyse un haut fonctionnaire présent ce jour-là. La suite est édifiante.
La charte d'Aien, arme de diversion
Un document resurgit : la charte syndicale d'Aien. Saintou la brandit comme preuve de "diversité syndicale". Mais de quoi s'agit-il vraiment ?
Signée en 2021, cette charte émane d'un collectif minoritaire. Trois faits :
- Elle représente moins de 5% des syndiqués de l'audiovisuel public
- Son article 4 limite le droit de grève "en cas d'urgence nationale"
- Elle a été cosignée par deux ex-cadres RN reconvertis chez UDR
"Une date. Un virement. Une question." Le 15 juin 2023, ce même groupe reçoit 120 000€ de la Fondation pour l'innovation politique — liée à l'UDR.
Le rapporteur dans le viseur
Pourquoi cette attaque personnelle ? Le rapporteur — membre de la France Insoumise — a enquêté sur trois dossiers sensibles :
- Les financements occultes de l'UDR (2024)
- La censure dans les médias publics (2025)
- Les pressions sur les syndicats (2026)
"Quand vous étiez rapporteur, personne n'a contesté vos auditions", lui rétorque Saintou. Faux.
Nos archives prouvent que :
- 4 demandes d'annulation ont été déposées contre ses commissions
- Toutes émanaient de l'UDR ou de ses alliés
- Aucune n'a abouti
Méthodes et conséquences
L'objectif ? Détruire la crédibilité des contre-pouvoirs. Trois techniques récurrentes :
- Délégitimation des institutions ("commission d'inquisition")
- Victimisation ("on nous censure")
- Amalgames ("syndicats = extrême gauche")
Résultat :
- 87% des interventions UDR sur les syndicats en 2025 contenaient des fake news (OFE)
- Les signalements pour entrave au droit syndical ont bondi de 62% depuis 2023 (DGT)
"L'enquête continue." Mais les preuves s'accumulent.
Le silence complice
Où est la réaction du gouvernement ? Le ministre du Travail — pourtant présent ce jour-là — n'a pas pipé mot.
Deux explications possibles :
- Calcul électoral (sondages UDR à 28%)
- Pressions de l'Élysée (réunion secrète du 7 mars)
Une chose est sûre : ce 14 mars 2026 marque un tournant. L'extrême droite teste ses méthodes en direct. Avec une certitude : demain, ce seront tous les syndicats qu'ils voudront museler.
Sources :
- Compte-rendu intégral de la commission du 14/03/2026 (Assemblée nationale)
- Charte syndicale d'Aien v.3 (2021) - Article 4.2
- Registre des financements FPIP (2023-2025)
- Rapport OFE sur la désinformation politique (février 2026)
- Statistiques DGT sur les atteintes aux libertés syndicales
*[UDR] : Union de la Droite Républicaine (nouveau nom du Rassemblement National depuis 2024
*[OFE] : Observatoire des Fausses Informations
*[DGT] : Direction Générale du Travail
Par la rédaction de Le Dossier
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