LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

SociétéÉpisode 35/52

Némésis : le féminisme détourné par l'extrême droite

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-06
Illustration: Némésis : le féminisme détourné par l'extrême droite
© YouTube

Une façade féministe

Fondé en 2019, Némésis se présente comme une organisation féministe. Mais derrière cette étiquette, le collectif utilise les revendications féministes pour stigmatiser les étrangers. Les immigrés sont désignés comme les principaux responsables des violences sexistes et sexuelles en France. Une rhétorique qui résonne étrangement avec les discours d'extrême droite.

Alice Cordier, fondatrice du collectif, est une ancienne membre de l'Action française. Elle assure que Némésis ne souhaite pas être associé à des groupes violents. Pourtant, les faits démontrent le contraire. Le collectif entretient des liens avec des organisations d'extrême droite comme le syndicat de la cocarde étudiante et le groupuscule Audace Lyon. Les militantes de Némésis se font souvent accompagner par des hommes prêts à en découdre avec les antifascistes.

Infiltration et violence

Némésis ne se contente pas de discours. Le collectif s'infiltre dans les manifestations féministes pour y semer la discorde. Les militantes distribuent des tracts xénophobes, souvent protégées par des hommes armés de ceintures et de barres de fer. Ces actions, bien que brèves, permettent de produire des images chocs et de donner de la visibilité à leurs slogans.

En novembre 2021, lors de la manifestation "Nous toutes" à Paris, Némésis tente une incursion. Les manifestants se confrontent au prétendu service d'ordre du collectif. Les hommes de Némésis, membres de différentes organisations d'extrême droite, n'hésitent pas à utiliser la force. Ce modus operandi est systématique. Les femmes distribuent des tracts, les hommes se tiennent prêts à agresser les antifascistes.

Le soutien politique

Némésis bénéficie du soutien de figures politiques de droite et d'extrême droite. En janvier 2025, le ministre de l'intérieur Bruno Retailleau félicite le collectif lors d'une conférence sur la sécurité. "Nemésis, je voudrais féliciter les jeunes dames que j'ai vu. Voilà. Bravo pour votre combat. Vous savez que j'en suis très proche." Ces mots d'encouragement viennent légitimer les actions d'un groupuscule aux méthodes violentes.

Le Rassemblement national et Reconquête! soutiennent également Némésis. Le collectif est régulièrement invité au Parlement européen par des élus RN. En mars 2024, une banderole xénophobe de Némésis est reprise en pleine séance par Julien Odoule et l'ensemble des élus RN du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Némésis appelle à voter pour ces partis d'extrême droite aux élections européennes et législatives de 2024.

La mort de Quentin Deranque

En février 2026, Némésis se retrouve sur le devant de la scène après la mort de Quentin Deranque à Lyon. Le jeune militant, présenté comme membre du service d'ordre du collectif, décède d'un traumatisme crânien à la suite de plusieurs coups portés à la tête alors qu'il était au sol. Dans le débat public, la violence des groupuscules d'extrême droite est évacuée. La gauche est pointée du doigt.

L'Humanité révèle des messages internes de Némésis échangés sur Telegram. Ces échanges mettent en lumière les liens entre le collectif et des groupuscules néofascistes comme Audace Lyon. Les hommes de Némésis sont prêts à agresser les antifascistes qui se mobiliseraient face aux messages xénophobes du collectif. Calix Guy, membre d'Audace Lyon, est impliqué dans ces actions violentes. Il avait déjà participé à une attaque néonazie à Paris en février 2025.

Un féminisme au service des néonazis

Le féminisme revendiqué de Némésis est-il mis à la disposition de militants néonazis et de leurs activités violentes ? Les révélations de l'Humanité accréditent cette hypothèse. Dans les espaces de discussion internes, les hommes désignés comme sympathisants du collectif peuvent laisser libre cours à leur haine antiféministe. Insultes misogynes, homophobes, jugements portés sur le physique. Les responsables de Némésis n'interviennent quasiment jamais.

Alice Cordier, porte-parole du collectif, est photographiée en train de faire un signe nazi. Elle prétend simplement avoir reproduit le geste d'un groupe de rap. Une explication qui ne convainc pas. Némésis est un collectif qui instrumentalise le féminisme pour promouvoir des discours racistes et xénophobes. Ses liens avec l'extrême droite et les groupuscules néofascistes sont indéniables. Les preuves sont là. Les documents en attestent.

Une dissolution nécessaire

Face à ces révélations, de nombreux parlementaires de gauche demandent la dissolution de Némésis. Le collectif s'en prend à l'Humanité dans un communiqué dénonçant une opération d'intoxication par contrefeu. Mais les faits sont têtus. Némésis est un groupuscule raciste et antiféministe qui utilise le féminisme comme une façade. Ses actions violentes et ses discours de haine doivent être dénoncés.

Le ministre de l'intérieur Laurent Nugèz avait qualifié Némésis d'identitaire et assuré que tout groupement qui appelle à la violence, à la discrimination et à la haine était susceptible de faire l'objet d'une procédure de dissolution. Mais les mots ne suffisent pas. Il est temps d'agir. Némésis doit être dissous. Pour la sécurité des femmes. Pour la lutte contre le racisme. Pour la défense des valeurs républicaines.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 1 · 2026-03-06

La France à l'heure de la bascule fasciste : polarisation politique et montée de l'extrême droite

Le meurtre de Quentin Deranque, les déclarations controversées de Jean-Luc Mélenchon et l'union des droites marquent une bascule politique inquiétante. Analyse avec Michel Feher.

Épisode 1--- · 2026-03-07

L'extrême droite en France : la fascisation en marche ?

Face à la montée du Rassemblement National et à la diabolisation de la gauche, la France assiste à une dangereuse normalisation de l'extrême droite. Une stratégie concertée pour une union des droites sous hégémonie RN.

Épisode 2--- · 2026-03-07

Extrême droite : comment la droite républicaine reprend son vocabulaire et ses idées

De Martine Vassal à Aurore Berger, des candidats de la droite républicaine recyclent les slogans et idées de l'extrême droite. Une banalisation dangereuse.

Épisode 3--- · 2026-03-07

Nemésis : le collectif féministe d'extrême droite au cœur d'un scandale raciste et antiféministe

Le collectif Nemésis, présenté comme un groupe féministe, est en réalité un foyer de discours racistes, homophobes et antiféministes. Des échanges internes révélés par L'Humanité montrent une organisation en décalage total avec les valeurs qu'elle prétend défendre.

Épisode 4--- · 2026-03-07

Nemmésis : le groupe d'extrême droite derrière la mort de Quentin de Rank

Enquête exclusive sur les méthodes violentes de Nemmésis, groupe d'extrême droite, et leur implication dans la mort de Quentin de Rank lors d'affrontements à Lyon.

Épisode 35 · 2026-04-06

Némésis : le féminisme détourné par l'extrême droite

Sur le même sujet