Nemésis : le collectif féministe d'extrême droite au cœur d'un scandale raciste et antiféministe
Le collectif Nemésis, présenté comme un groupe féministe, est en réalité un foyer de discours racistes, homophobes et antiféministes. Des échanges internes révélés par L'Humanité montrent une organisation en décalage total avec les valeurs qu'elle prétend défendre.

Un féminisme de façade
Nemésis. Un nom qui évoque la justice. Une promesse trompeuse. Derrière ce collectif féministe se cache une réalité bien plus sombre. Des échanges internes sur Telegram, révélés par L'Humanité, montrent un groupe en décalage total avec les valeurs qu'il prétend défendre. Racisme, homophobie, antiféminisme : le cocktail est explosif.
"Les militantes de Nemésis sont charmantes, gentilles, bien élevées, propres." Voilà comment un sympathisant décrit les membres du collectif. Un compliment ? Non. Une insulte déguisée. "Elles seraient crasses à ne pas prendre une douche." Le ton est donné. Ces propos, parmi des centaines d'autres, illustrent le véritable visage de Nemésis.
Retenez ce détail. Les modératrices du groupe, supposées veiller au grain, ne modèrent presque rien. Alice Cordier, l'une d'entre elles, n'intervient qu'une seule fois. Le soir de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques en juillet 2024. Devant une avalanche de propos sexistes, elle lance : "Pas de propos pénalement répréhensible ici SVP." Une réponse molle. Une réponse révélatrice.
Un guet-apens planifié
Octobre 2025. Une conversation interne entre une cadre lyonnaise de Nemésis et des néofascistes fait surface. Le contenu est glaçant. Ils planifient ce qui ressemble à un guet-apens contre des antifascistes. Une révélation qui a provoqué un branle-bas de combat politique.
Des demandes de dissolution ont été formulées à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nugèz a promis d'examiner la question. "Aucun groupe n'échappe à la vigilance de mes services", a-t-il déclaré. Une promesse. Une nécessité.
Et pourtant. Nemésis continue de sévir. Le collectif affirme que sa dissolution serait une catastrophe pour la cause des femmes. Une stratégie de communication. Une manipulation. Car dans les échanges internes, il est très peu question des droits des femmes. Les blagues racistes, les insultes homophobes et les propos misogynes dominent.
Le racisme au quotidien
Salut les "chauffa". Voilà comment les membres de Nemésis se saluent dans leurs échanges internes. Une formule en verlan. Un détail insignifiant ? Non. Un indice. Car ces mêmes échanges regorgent de propos racistes. Les habitants des banlieues sont régulièrement moqués. Un rappeur est traité de singe. Les joueurs noirs de l'équipe de France sont ridiculisés.
"À l'horizon 2027, les pays d'Afrique vont nous envoyer de bons dégénérés." Cette phrase, écrite par un membre du groupe, résume l'état d'esprit de Nemésis. Une idéologie raciste. Une vision du monde déformée.
Un autre membre plaisante : "Si je ne devais vivre qu'un jour de plus, j'adhérerais au parti communiste pour voir crever un communiste de plus, PTDR." L'humour comme arme. L'humour comme masque.
Misogynie ordinaire
Nemésis se veut féministe. Une prétention. Une hypocrisie. Car dans les échanges internes, la misogynie est omniprésente. Un membre raconte ses aventures sur les applis de rencontre. Il poste le profil d'une féministe avec des poils, accompagné de ce commentaire : "Envie de me lat surgelé." Une violence verbale. Une violence symbolique.
Un autre se lamente : "Les filles de droite veulent un mec qui pèse socialement, du blé, un bon job et propriétaire de son logement. Manque de bol si tu remplis pas ses critères." Une réflexion qui en dit long sur la vision des femmes au sein du collectif.
Un "spécialiste" tente même de convaincre ses pairs : "Les femmes changent souvent d'avis politique dans le couple et prennent celui du mec." Une analyse douteuse. Une analyse révélatrice.
La fin de l'impunité ?
Début juillet 2025. Panique à bord. Yona Faeda, une dirigeante de Nemésis, intervient après une garden-party. Certaines photos ont été partagées sur les réseaux sans que les visages soient floutés. "Vous finirez tous sur le mur de la honte de L'Humanité ce soir", avertit un membre du groupe. Une menace. Une réalité.
Le dossier est loin d'être clos. Les révélations s'accumulent. Les preuves aussi. Nemésis, ce collectif qui se veut féministe, est en réalité un foyer de haine. Racisme, homophobie, antiféminisme : les accusations sont graves. Les faits sont là.
La dissolution est-elle la solution ? Une question qui reste en suspens. Une chose est sûre : Nemésis ne peut plus continuer dans l'impunité. Le ministre de l'Intérieur a promis d'agir. Les citoyens attendent. Les victimes aussi.
Sources
- L'Humanité
- Échanges internes sur Telegram
Quel média a révélé les échanges internes de Nemésis ?
Par la rédaction de Le Dossier
Source originale
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