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JusticeÉpisode 46/96

Affaire Epstein : Daniel Siad mort, documents truqués, justice française en accusation

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-01
Illustration: Affaire Epstein : Daniel Siad mort, documents truqués, justice française en accusation
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Retrouvé sans vie dans son pavillon de Colombes. L'autopsie n'a rien donné. Les analyses toxicologiques suivent leur cours. Daniel Siad, présumé rabatteur de femmes pour Jeffrey Epstein, n'aura jamais été entendu par la justice française. Selon l'émission C dans l'air, il emporte avec lui une réponse cruciale : a-t-il participé au trafic sexuel du milliardaire ? Sa mort s'ajoute à une litanie de protagonistes disparus dans des circonstances troubles. Et relance les questions sur l'inaction de l'appareil judiciaire français.

Une mort au mauvais moment

Daniel Siad est mort à son domicile des Hauts-de-Seine. La procureure de Paris a annoncé que des analyses complémentaires sont en cours. Son avocate, interrogée sur le plateau, s'est dite « très surprise ». « Peut-être que c'est vraiment son corps qui a lâché parce que c'était trop à supporter pour un homme. Ou peut-être qu'aucun homme n'arrive jusqu'à la justice dans ce dossier. »

Saisissant, le timing. Daniel Siad avait sollicité la justice pour être entendu. Il avait même déclaré, quelques mois avant sa mort, être « prêt à confronter toute la presse ». Il n'aura jamais eu l'occasion de s'expliquer devant un tribunal. Selon les journalistes invités, il a été « condamné publiquement par le monde entier » après la publication des Epstein files.

Son nom apparaît plus de 2 000 fois dans les dossiers du ministère de la Justice américain — 800 fois après dédoublonnage, précise le journaliste Matthieu Peyraube. Le FBI le cite comme « recruteur présumé » de femmes pour Jeffrey Epstein. Pourtant, la justice française ne l'a jamais interrogé. Pas même après les premières plaintes déposées en 2022.

Ce que l'on sait vraiment

D'après les témoignages recueillis par les enquêteurs et diffusés dans l'émission, Daniel Siad opérait comme « scout » — le terme qu'il employait lui-même. Il repérait de jeunes mannequins dans le monde entier et les orientait vers les grandes agences parisiennes — notamment Elite. Une ancienne mannequin raconte : « Il se présente comme Daniel, chasseur de têtes. "Je cherche actuellement des mannequins pour travailler à New York. Ça vous intéresse ?" » Elle reçoit des billets d'avion pour New York. Là, elle rencontre Jeffrey Epstein. Elle s'enfuit avant qu'il ne se passe quoi que ce soit.

Une autre victime présumée témoigne avoir été emmenée dans le palace de l'avenue Foch — l'appartement de 800 m² de Epstein. Elle dit avoir été son esclave sexuelle. Ces récits concordent avec ceux de plusieurs autres jeunes femmes. Au moins sept plaintes pour viol et traite d'êtres humains visent Daniel Siad.

Mais la justice française n'a jamais procédé à son audition. « Il y a eu des dysfonctionnements, certainement », admet Matthieu Peyraube. « Son nom apparaît dans le dossier Epstein avec l'instruction Brunel en 2020. » Seize victimes présumées ont été entendues sur les vingt-quatre qui se sont manifestées. Les huit autres devaient l'être prochainement. Daniel Siad, lui, attendait toujours.

Paris, plaque tournante d'un système mondial

L'affaire Epstein ne se limite pas aux États-Unis. Les journalistes présents sur le plateau de C dans l'air insistent : Paris est un maillon essentiel. Matthieu Peyraube rappelle que l'industrie de la mode des années 1980-1990 a généré un écosystème de prédation sexuelle, avec des jeunes filles de 12, 13, 14 ans venues tenter leur chance.

Daniel Siad évoluait dans ce monde. Originaire de Kabylie, il a commencé en France, puis en Finlande, avant de s'installer en Suède. Dans les années 1980 — âge d'or du mannequinat — il devient « scout ». Il rencontre Epstein au début des années 2000, à Cuba, présenté par le cofondateur de l'agence Ford. « C'était une espèce de terreau privilégié, de centre de répartition, presque de hub mondial », décrit Anthony Bellanger, éditorialiste.

Son nom est aussi lié à Jean-Luc Brunel, l'autre Français mort en prison en 2022 — suicide non élucidé. Et à Gérald Marie, ancien patron d'Elite, toujours vivant, visé par sept plaintes pour viol et trafic. « Jeffrey Epstein, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt », dit Peyraube.

Lenteur, non-lieux, impunité

Les faits sont têtus. En 2022, après la mort de Jean-Luc Brunel, la justice française a prononcé un non-lieu et clos l'enquête sur le volet Epstein. « Imaginez le patron de la DZ Mafia

📰Source :youtube.com

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