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JusticeÉpisode 26/67

Motherless, Chatiw : la justice française face au 'commerce du viol' en ligne

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-11
Illustration: Motherless, Chatiw : la justice française face au 'commerce du viol' en ligne
© www.kaboompics.com / Pexels

Motherless : 20 000 vidéos de viols dans la catégorie « sleep »

Mars 2026. CNN dégaine une enquête qui fait l’effet d’une bombe. Le média américain dénonce l’existence de plates-formes servant d’« académie mondiale du viol ». Des hommes s’y échangent des conseils pour droguer leur conjointe. Des vidéos sont postées. Des femmes inconscientes. Endormies. Violées.

Motherless est dans le viseur.

La plateforme héberge plus de 20 000 vidéos dans une seule catégorie : « sleep ». Un terme anodin pour désigner des femmes droguées à leur insu. Vingt mille. Ce n’est pas un chiffre. Ce sont vingt mille victimes. Vingt mille crimes filmés, partagés, monétisés.

Le 9 mai 2026, Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité Femmes/Hommes, poste sur X : « Motherless est hors ligne ». Elle ajoute : « Des dizaines de milliers de vidéos de viols, de femmes droguées, de mineures : 62 millions de visiteurs. Ce n’était pas du contenu adulte. C’était du contenu criminel. » (source : franceinfo.fr)

62 millions. —chiffre à retenir—. C’est le nombre de visiteurs que la plateforme a attirés en un seul mois. Une fréquentation comparable à celle de sites légaux. Mais derrière l’écran, un commerce sordide.

La ministre parle de « commerce du viol de femmes » (source : sudouest.fr). Elle ne mâche pas ses mots. Elle a raison. Car Motherless ne se contentait pas d’héberger. La plateforme générait des revenus. De la publicité. Des abonnements. Sur le dos de femmes violées.

Le site Coco, lui, n’existe plus. Repaire de contenus pédophiles et de guet-apens, il a été fermé. Mais Motherless a pris le relais. Ou plutôt, il existait déjà. Depuis des années. Et personne n’a rien vu.

Chatiw : le tchat qui cache un réseau criminel

Motherless n’est pas seul dans le viseur de la justice. Chatiw, un « tchat en ligne », est également dans la ligne de mire.

Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a saisi la justice samedi 9 mai 2026. Sa cible : des « alertes sur des messages à caractère criminel » échangés sur la plateforme (source : Le Monde). Des messages. Des échanges. Des rendez-vous. Des crimes.

Chatiw permet de discuter anonymement. Sans inscription. Sans vérification. Un terrain de jeu idéal pour les prédateurs. Combien de mineurs ont été contactés via cette plateforme ? Combien de femmes ont été piégées ?

La haute-commissaire ne donne pas de chiffres précis. Mais elle agit. Elle saisit la justice. Une décision rare. Un signal fort.

Le parquet de Paris confirme dimanche 10 mai : les signalements sont « à l’étude au sein de la section spécialisée en cybercriminalité » (source : leparisien.fr). Une phase d’analyse. Avant une éventuelle ouverture d’enquête.

Pourquoi cette lenteur ? Pourquoi n’a-t-on pas agi plus tôt ?

La révélation CNN : une « académie mondiale du viol » sous les yeux du monde

Revenons à mars 2026. CNN publie une enquête choc. Le titre : « L’académie mondiale du viol ». Le sujet : des plates-formes en ligne où des hommes partagent des techniques pour droguer et violer leurs partenaires.

Motherless y est décrit comme le cœur du système. 20 000 vidéos dans la catégorie « sleep ». Des forums où l’on échange des conseils sur les doses de GHB. Des tutoriels pour filmer sans se faire repérer.

Une date. Une révélation. Une question : pourquoi la France a-t-elle attendu deux mois avant de réagir ?

Car CNN a tout documenté. Des captures d’écran. Des témoignages. Des preuves irréfutables. Pourtant, ce n’est que le 9 mai 2026 qu’Aurore Bergé annonce la fermeture de Motherless.

Que s’est-il passé entre mars et mai ? Qui a traité l’information ? Quels obstacles ont retardé l’action ?

Le parquet de Paris indique que les signalements sont à l’étude. Une formule prudente. Trop prudente. Quand des milliers de femmes sont violées en direct sur une plateforme, « à l’étude » ne suffit pas.

Aurore Bergé : « La fermeture est une victoire. Mais elle ne doit pas être provisoire »

Le 9 mai, Aurore Bergé ne se contente pas d’annoncer la fermeture. Elle met en garde. « La fermeture est une victoire. Mais elle ne doit pas être provisoire » (source : sudouest.fr).

Un avertissement clair. Car Motherless peut revenir. Comme Coco. Comme tant d’autres. Les serveurs sont à l’étranger. Les noms de domaine changent. Les administrateurs renaissent sous une autre identité.

La ministre le sait. Elle a vu le phénomène. Elle a déjà évoqué ces signalements à l’Assemblée nationale mercredi précédent. Devant les députés. Sans filtre. Sans langue de bois.

« Du contenu criminel », répète-t-elle. Pas du contenu adulte. Pas de l’amateur. Du crime. Filmé. Diffusé. Monétisé.

Mais que fait l’Assemblée ? Que fait la majorité ? Que fait l’opposition ? Des questions. Des promesses. Et ensuite ?

Le parquet de Paris étudie. Les politiques parlent. Les victimes, elles, attendent. Combien de temps encore ?

La justice française : une lenteur qui interroge

Le parquet de Paris confirme : les signalements sont « à l’étude ». Une formule qui sent le juridique. Qui sent la prudence. Qui sent le temps qui passe.

La section spécialisée en cybercriminalité travaille. Elle analyse. Elle recoupe. Elle enquête. Mais pendant ce temps, les vidéos circulent. Les prédateurs s’organisent. Les victimes souffrent.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’enquête plus tôt ? Pourquoi les signalements n’ont-ils pas été transmis plus rapidement ?

CNN a enquêté. Des journalistes américains ont trouvé les preuves. Des Français, non. Pourquoi ? Manque de moyens ? Manque de volonté ? Manque de coordination ?

Le site Chatiw, lui, n’a pas encore été fermé. Il est toujours en ligne. Toujours accessible. Toujours dangereux.

Sarah El Haïry a saisi la justice. Mais saisir ne suffit pas. Il faut agir. Bloquer. Poursuivre. Condamner.

Une question rhétorique : combien de victimes faudra-t-il encore ?

Les plates-formes : un business criminel

Motherless n’est pas une petite plateforme amateur. C’est un business. Un business qui rapporte.

62 millions de visiteurs en février 2026. 370 000 visites mensuelles sur son interface française (source : huffingtonpost.fr). De la publicité. Des abonnements premium. Des dons.

Un modèle économique classique. Mais basé sur le viol.

Les annonceurs le savaient-ils ? Les plateformes de paiement l’ignoraient-elles ? Combien d’entreprises ont financé, sans le savoir, ce commerce criminel ?

CNN a démontré que le site était connu. Que les catégories étaient explicites. Que les vidéos ne laissaient aucun doute. Pourtant, rien n’a bougé avant mai 2026.

Pourquoi ? Parce que les serveurs sont à l’étranger. Parce que les lois sont différentes. Parce que la coopération internationale est lente.

Mais la France a des moyens. Des magistrats spécialisés. Des enquêteurs. Des outils. Alors pourquoi ce retard ?

Le Dossier pose la question. Et attend une réponse.

Le système Coco : un précédent qui n’a pas servi de leçon

Le 11 mai 2026, Le Parisien publie un article sur l’affaire. Il rappelle que le site Coco, lui, n’existe plus. Repaire de contenus pédophiles. À l’origine de guet-apens. Fermé.

Mais Coco est revenu. Sous d’autres formes. D’autres noms. D’autres serveurs.

Motherless et Chatiw sont-ils les nouveaux Coco ? Probablement. Le même business. Les mêmes méthodes. Les mêmes victimes.

La fermeture de Motherless est une victoire. Mais temporaire. Provisoire. Fragile.

Car les administrateurs peuvent migrer. Changer de nom. Repartir de zéro. Et recommencer.

La justice française le sait. Les politiques le savent. Les associations aussi. Alors pourquoi ne pas anticiper ? Pourquoi ne pas créer un système de surveillance permanent ?

Des questions. Pas de réponses.

Ce que cache la fermeture

Le 9 mai, Motherless est hors ligne. Mais qu’est-ce que ça signifie concrètement ?

Le nom de domaine est inaccessible. Mais les vidéos existent toujours. Sur des serveurs. Sur des disques durs. Sur des réseaux parallèles.

Les vidéos ne disparaissent pas par magie. Elles sont copiées. Stockées. Revendues.

Et les administrateurs ? Où sont-ils ? Qui sont-ils ? Ont-ils été identifiés ? Arrêtés ?

Le parquet de Paris ne le dit pas. L’enquête est en phase d’analyse. Rien de plus.

Mais Le Dossier pose la question : que fait la police ? Que fait la justice ? Que fait l’État ?

62 millions de visiteurs. 20 000 vidéos. Un trafic mondial. Et on nous parle de « phase d’analyse ».

Une insulte aux victimes.

Le rôle des médias : CNN et Le Parisien en première ligne

Sans CNN, cette affaire serait encore dans l’ombre. Sans Le Parisien, l’information serait restée confidentielle. Les médias ont fait leur travail. La justice, elle, a suivi.

Mais pourquoi faut-il toujours que ce soit la presse qui fasse le travail des autorités ?

CNN a enquêté pendant des mois. Des journalistes ont infiltré les forums. Ont collecté les preuves. Ont identifié les victimes. La chaîne américaine a publié son enquête en mars 2026.

Deux mois plus tard, la France réagit.

Deux mois. C’est long. Très long.

Le Parisien a relayé l’information. A contacté le parquet. A obtenu des confirmations. Le journal a fait son métier.

Mais combien de victimes supplémentaires entre mars et mai ?

Une question qui brûle les lèvres. Et qui n’aura jamais de réponse.

La ministre et la haute-commissaire : des figures politiques qui agissent

Aurore Bergé et Sarah El Haïry ont agi. Rapidement. Pendant que d’autres hésitaient.

Bergé a parlé à l’Assemblée. A tweeté. A annoncé la fermeture. Elle a mis son nom sur le sujet.

El Haïry a saisi la justice. Sans attendre. Sans calcul.

Des gestes politiques. Mais aussi des gestes humains.

Car derrière les chiffres, il y a des femmes. Des mineures. Des victimes.

Bergé le dit : « Des dizaines de milliers de vidéos de viols, de femmes droguées, de mineures ». Elle ne cache rien. Elle nomme le crime.

El Haïry, elle, évoque des « alertes sur des messages à caractère criminel ». Elle aussi est directe.

Deux femmes. Deux ministres. Une action.

Mais est-ce suffisant ?

La question des moyens : la cybercriminalité, parent pauvre de la justice

La section spécialisée en cybercriminalité du parquet de Paris travaille sur cette affaire. Mais avec quels moyens ?

Les enquêteurs sont submergés. Les dossiers s’accumulent. Les plates-formes criminelles prolifèrent.

Pendant que la justice étudie, les prédateurs innovent. Créent de nouveaux sites. Déploient de nouvelles technologies.

Motherless est fermé. Mais demain, un autre site ouvrira. Dans un autre pays. Avec un autre nom.

La France a-t-elle les moyens de lutter ? Les effectifs sont-ils suffisants ? La coopération internationale fonctionne-t-elle ?

Des questions qui dérangent. Mais qui doivent être posées.

Le Dossier le fait. Parce que les victimes méritent mieux que des « phases d’analyse ».

Conclusion : une victoire fragile, une guerre qui continue

Motherless est hors ligne. Chatiw est dans le viseur. La justice enquête.

Mais la guerre est loin d’être finie.

62 millions de visiteurs ne disparaissent pas en un jour. 20 000 vidéos ne s’effacent pas par miracle.

Les prédateurs sont toujours là. Les plates-formes renaissent. Le business continue.

Aurore Bergé le dit : « La fermeture est une victoire. Mais elle ne doit pas être provisoire. »

Le Dossier ajoute : et elle ne doit pas être la seule.

Car derrière Motherless, il y a d’autres sites. Derrière Chatiw, d’autres tchats. Derrière ces affaires, des milliers de femmes et d’enfants violés chaque jour.

La justice doit agir. Vite. Fort. Sans compromis.

Le Dossier continuera d’enquêter. Parce que la transparence est la seule arme contre l’impunité.

Sources

  • AFP, 11 mai 2026
  • CNN, mars 2026
  • Le Monde, 9-10 mai 2026
  • Le Parisien, 11 mai 2026
  • franceinfo.fr, 9 mai 2026
  • tf1info.fr, 9 mai 2026
  • sudouest.fr, 9 mai 2026
  • huffingtonpost.fr, 9 mai 2026
  • leparisien.fr, 11 mai 2026

📰Source :youtube.com

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