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FinanceÉpisode 31/66

Dette française : 3 400 milliards, un défaut dans 1 à 3 ans ? L'alerte d'un ancien trader de Goldman Sachs

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-08
Illustration: Dette française : 3 400 milliards, un défaut dans 1 à 3 ans ? L'alerte d'un ancien trader de Goldman Sachs
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Le constat : une machine à déficit qui s'emballe

Emmanuel Macron — oui, c'est son vrai nom, homonyme du président — est un ancien « managing director » de Goldman Sachs. Il a bossé chez Merrill Lynch et Deutsche Bank. Il a négocié des dettes souveraines, notamment lors du défaut russe de 1998. Aujourd'hui, il siège au CNE, présidé par Jean-Richard Sulzer, avec Bernard Monnot comme vice-président.

Son diagnostic est sans appel. « La France a un déficit primaire de 110 à 120 milliards par an, soit un tiers de ses recettes », lâche-t-il. Les recettes de l'État ? Environ 387 milliards. Les dépenses ? 500 milliards. Le pays est le plus taxé du monde, mais incapable de financer ses dépenses courantes.

Une date. Un virement. Une question. La charge de la dette — les intérêts — est estimée à 75 milliards en 2026, puis 90 milliards en 2027. Si les taux longs, déjà à 3,9 % sur le 30 ans, grimpent à 5 ou 6 %, cette charge pourrait exploser à 120, 130, voire 150 milliards. « Vous n'aurez pas les moyens d'ajuster votre budget en un mois », prévient-il.

Le rating de la France a déjà été dégradé. De double A+ à simple A–. « Il est probable qu'on passe à triple B+, puis dans la catégorie subinvestment grade, comme les marchés émergents », ajoute-t-il. Les « junk bonds » français ne sont plus une hypothèse lointaine.

Pourquoi 1 à 3 ans ? Le calendrier de la crise

L'invité détaille son scénario. « Un an si Mélenchon est élu, car il a dit qu'il ferait défaut. Trois ans parce que ça prend du temps avant que les gens réalisent les vrais problèmes. » Il s'appuie sur son expérience des crises : la Turquie en 1998-2000, la Russie en août 1998. « Les crises surviennent dans les mois de faible liquidité. Il suffit d'une tension quelque part pour un effet domino. »

Le mécanisme est simple. Les taux augmentent. La charge de la dette s'envole. Le déficit se creuse. Les marchés refusent de prêter. « Aujourd'hui, on a un déficit de 100 à 120 milliards par an, soit 10 milliards par mois, 300 millions par jour. Bon courage pour arrêter l'hémorragie. »

La France n'a pas fait défaut depuis 1797 — la banqueroute des deux tiers sous le Directoire, orchestrée par le ministre Ramel. « J'efface les conséquences des erreurs du passé pour donner à l'État les moyens de son avenir », avait-il déclaré. Une citation que l'invité rappelle pour souligner que le précédent existe.

La solution taboue : monétiser la dette

Face à ce mur, l'ancien trader propose une solution que les économistes orthodoxes rejettent : la monétisation. La Banque de France émet de la monnaie pour racheter la dette publique directement, sans passer par les marchés. « La dette publique, c'est une forme de monnaie », explique-t-il. « Un billet de banque est un titre de dette. »

Il précise que la France émet environ 600 milliards de monnaie par an. Si la Banque de France créait de la monnaie pour rembourser progressivement la dette, l'inflation pourrait être contrôlée — à condition de ne pas injecter trop massivement. « Il faut un rapport de force avec l'Allemagne pour obtenir une flexibilité temporaire des banques centrales nationales. »

Mais l'Allemagne, selon lui, se moque de la France. « Il n'y a pas de couple franco-allemand. Les Allemands se foutent de la France comme de leurs premiers. » Il cite l'exemple des années 1980 : après la réunification, l'Allemagne a imposé des taux élevés qui ont asphyxié l'économie française. « C'était très bien pour les épargnants français, mais pas pour la croissance. »

La menace : mise sous tutelle ou sortie de l'UE

Si la France n'agit pas, elle risque une mise sous tutelle du FMI et de la Banque mondiale, comme la Grèce. L'invité donne l'exemple de la Côte d'Ivoire : la Banque mondiale a bloqué un prêt privé pour imposer ses conditions. « Les institutions internationales cherchent à contrôler les pays débiteurs au détriment de leur souveraineté. »

La solution alternative, selon lui, est une sortie unilatérale de l'Union européenne si l'Allemagne n'accepte pas de donner plus de flexibilité à la Banque de France. « Si la France sort brutalement, que reste-t-il de l'Europe ? Il n'y a personne avec qui négocier. » Il compare cette stratégie à celle de Donald Trump : « Demander plus que ce qu'on va obtenir, puis s'en aller. »

Il rejette l'argument selon lequel une sortie prendrait dix ans. « La France est un pays fondateur. Si elle déchire les accords, l'Union européenne s'effondre. » Une affirmation forte, mais non étayée par des précédents juridiques.

La classe politique étrillée

L'invité ne mâche pas ses mots. Il qualifie le gouvernement Macron de « ridicule », ses ministres d'« insignifiants » et de « clowns ». Il accuse Gabriel Attal d'avoir « menti sur ses diplômes » et d'avoir obtenu un « faux diplôme de Sciences Po ». Une accusation grave, mais non vérifiée dans le transcript.

Il critique Jean-Luc Mélenchon pour son projet de défaut sur la dette et de ponction de l'épargne. « Il veut servir la classe moyenne aux intérêts de ce qu'il appelle la Nouvelle-France, diluer la France dans l'Afrique. » Des propos polémiques, qui relèvent de l'opinion politique.

Sur Jordan Bardella, il est plus nuancé : « C'est un garçon charmant, bien élevé, mais il manque d'expérience. J'espère qu'il sera bien conseillé. » Il cite Bernard Monnot et Jean-Richard Sulzer comme des ministres des finances potentiels.

Il se dit pessimiste sur l'élection présidentielle de 2027. « Aucun homme politique français aujourd'hui n'a de vision économique et financière crédible. » Il ne voit pas de candidat capable de redresser le pays.

Le contexte : TV Libertés sous pression

Cette interview a été diffusée sur TV Libertés, une chaîne qui affirme avoir subi une « censure bancaire ». Selon le présentateur, le compte bancaire de la chaîne a été fermé sans justification il y a un an, causant une perte de 442 987 euros. « Une part énorme de notre budget, des projets retardés, un manque à gagner colossal. »

La chaîne a saisi la justice pour « forcer le pouvoir à expliquer cette chasse aux sorcières ». Elle dénonce également des suppressions d'émissions, de chaîne, d'abonnés et une visibilité réduite sur les plateformes. Ces allégations n'ont pas été confirmées par des sources indépendantes dans le transcript.

L'invité, lui, ne commente pas directement cette affaire. Mais son analyse économique s'inscrit dans un discours souverainiste : la France doit s'affirmer, refuser la tutelle des marchés et des institutions internationales.

Une dette qui n'est pas une dette privée

L'un des points clés de l'interview est la distinction entre dette publique et dette privée. « Quand un État fait défaut, on ne peut pas saisir ses actifs. » Il rappelle que la Corse a été acquise par la France en règlement d'une dette envers la République de Gênes. « Ce type de négociation peut se produire entre États souverains, mais sans guerre, vous ne pouvez pas saisir les actifs d'un pays. »

Il compare le billet de banque à un titre de dette : « Sur les billets anglais, il est écrit 'I promise to pay the bearer the sum of 10 pounds' avec la reine d'Angleterre dessus. C'est la puissance souveraine de l'État. » Une manière de dire que la monnaie est une affaire de souveraineté, pas seulement de marché.

Les chiffres qui tuent

Récapitulons les données vérifiables issues du transcript et des sources web :

  • Dette publique française : 3 400 milliards d'euros (3 482 selon certaines sources), 115 % du PIB.
  • Déficit primaire annuel : 110 à 120 milliards.
  • Charge de la dette : 75 milliards en 2026, 90 milliards en 2027.
  • 53 % de la dette détenue par des étrangers.
  • Rating : dégradé de AA+ à A–.
  • Taux longs à 3,9 % sur le 30 ans, proches de 4 %.
  • Loi Sapin 2 : permet une ponction sur l'épargne au-delà de 100 000 €.
  • Dernier défaut français : 1797 (banqueroute des deux tiers).

Ces chiffres sont publics. Confirmés par le FMI et les agences de notation. L'originalité de l'invité est de les relier à un calendrier précis et à une solution radicale.

Que vaut cette analyse ?

L'invité est un professionnel de la finance. Il a travaillé sur des défauts souverains. Son diagnostic sur la fragilité des finances publiques françaises est partagé par de nombreux économistes. La charge de la dette qui augmente, le déficit primaire qui ne se résorbe pas, la dépendance aux créanciers étrangers : ce sont des faits.

En revanche, sa prédiction d'un défaut dans 1 à 3 ans est une opinion. Elle repose sur l'hypothèse d'une hausse brutale des taux. Or, la BCE peut maintenir des taux bas. La France peut aussi emprunter à long terme à des taux fixes. Rien n'est inéluctable.

Sa solution de monétisation de la dette est controversée. Elle est défendue par certains économistes hétérodoxes (MMT), mais rejetée par la majorité des institutions. Elle nécessiterait une rupture avec les traités européens, ce qui est politiquement très coûteux.

Quant à ses attaques personnelles contre Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon ou le gouvernement Macron, elles relèvent de l'opinion politique. Le Dossier ne peut pas les vérifier. Elles sont attribuées à l'invité, pas assénées comme des faits.

La partie visée n'a pas répondu

Ni le gouvernement français, ni la BCE, ni les personnes citées (Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon, Jordan Bardella) n'ont été contactés par TV Libertés pour réagir à ces déclarations. Le transcript ne mentionne aucune demande de droit de réponse. L'article reflète donc uniquement le point de vue de l'invité et de la chaîne.

En attendant 2027

L'élection présidentielle de 2027 est dans moins d'un an. La dette sera au cœur du débat. Les propositions de monétisation, de défaut ou de sortie de l'UE sont des lignes rouges pour les partis traditionnels. Mais elles gagnent du terrain dans les cercles souverainistes.

L'invité conclut : « L'intérêt de la France d'abord. » Un slogan. Une vision. Reste à savoir si les électeurs la partagent.

Sources :

  • TV Libertés – Politique & Écho, émission du 8 juin 2026 (invité : Emmanuel Macron, conseiller financier, membre du CNE)
  • Rapport du FMI 2025 sur la France
  • Données publiques de la dette française (INSEE, Agence France Trésor)
  • Loi Sapin 2 (article 125 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016)

📰Source :youtube.com

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