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JusticeÉpisode 28/57

Luc Besson : l'ADN qui ravive l'accusation de viol

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-12
Illustration: Luc Besson : l'ADN qui ravive l'accusation de viol
© Illustration Le Dossier (IA)

L'ADN qui change tout

Le parquet général ne fait pas de cadeau. Pas de demi-mesure. Il a requis, le 3 février 2026, la réouverture de la procédure pour viol visant Luc Besson. Pourquoi ? Un élément matériel nouveau : une analyse ADN du sous-vêtement porté par Sand Van Roy le soir des faits. Un vêtement intime qui parle.

La science ne ment pas. L'ADN, lui, ne se rétracte pas.

Sand Van Roy, actrice et mannequin belgo-néerlandaise, n'a jamais lâché. Depuis 2018, elle accuse le réalisateur de Cinq Éléments et Lucy de l'avoir violée à plusieurs reprises. Elle a tenu. Malgré les classements sans suite, les non-lieux, le silence médiatique qui retombe toujours sur les victimes. Mais aujourd'hui, la donne change.

Le parquet général a examiné les nouvelles analyses. Il les a jugées suffisamment sérieuses pour demander la réouverture. Pas question de laisser une preuve biologique dans un tiroir. Pas question de fermer les yeux.

La chambre de l'instruction se penchera sur le dossier le 2 juin 2026. Dans vingt et un jours. Vingt et un jours pour que la justice décide si un géant du cinéma français doit répondre de ses actes devant un tribunal.

Sand Van Roy : la plaignante qui n'a jamais plié

Elle s'appelle Sand Van Roy. Et elle n'a jamais plié.

Elle a porté plainte en mai 2018. Viol, agressions sexuelles, harcèlement. Les faits remontent à 2016 et 2017. Elle était alors comédienne, elle tournait dans Valérian et la Cité des mille planètes. Besson était le réalisateur. Le rapport de pouvoir était écrasant.

Le parquet de Paris classe l'affaire sans suite en 2019. Pas assez d'éléments. Pas de preuves suffisantes. La machine judiciaire s'arrête. Mais Sand Van Roy ne s'arrête pas.

Elle porte l'affaire en appel. Elle saisit la cour d'appel de Paris. Elle demande la réouverture. Elle produit des témoignages, des échanges de messages. Et maintenant, une analyse ADN.

Un sous-vêtement conservé pendant des années. Un vêtement qui porte encore les traces des faits présumés. Une preuve matérielle que les avocats de la défense ne pourront pas contester par des mots. Les mots, ça s'efface. L'ADN, ça reste.

Le parquet général : un revirement qui interroge

Le parquet général n'a pas changé d'avis par hasard.

Il a examiné le dossier. Il a pesé les éléments. Il a estimé que la demande de réouverture était fondée. Pas question de laisser une procédure en sommeil quand une preuve biologique existe.

— chiffre à retenir — Le parquet général a pris sa décision le 3 février 2026. Soit trois ans après le classement sans suite initial. Trois ans pendant lesquels Sand Van Roy n'a pas cessé de se battre.

Pourquoi ce revirement maintenant ? La réponse est simple : l'ADN.

Les analyses ADN sont aujourd'hui d'une précision redoutable. Elles peuvent identifier un individu avec une probabilité de plusieurs milliards contre un. Elles peuvent dater les traces, localiser les cellules, faire parler un vêtement comme un témoin muet. Le parquet général ne pouvait pas ignorer cela.

Il ne pouvait pas enterrer l'affaire une deuxième fois. Il ne pouvait pas prendre le risque de laisser une preuve scientifique sans suite. Le scandale aurait été retentissant. Alors il a requis la réouverture. La chambre de l'instruction décidera. Mais le signal est clair : la justice ne ferme plus les yeux sur les violences sexuelles.

Luc Besson : l'empire vacille

Luc Besson n'est pas un accusé comme les autres.

Il est l'un des réalisateurs français les plus puissants au monde. Sa société EuropaCorp a produit des dizaines de films. Son chiffre d'affaires cumulé dépasse les 7,5 milliards de dollars. Il a lancé des carrières, bâti un empire. Mais un empire peut vaciller.

Depuis 2018, les accusations s'accumulent. Neuf femmes ont témoigné dans une enquête de Mediapart. Neuf femmes qui décrivent des viols, des agressions, des comportements déplacés. Neuf femmes qui brisent le silence.

Besson a toujours nié. Il a qualifié les accusations de « fantasmes ». Il a porté plainte pour dénonciation calomnieuse. Il a tout fait pour discréditer ses accusatrices. Mais l'ADN, ça ne se discrédite pas.

Le cinéaste a été mis en examen en 2018 pour viol. Placé sous contrôle judiciaire. En 2021, la juge d'instruction a rendu une ordonnance de non-lieu. Pas assez de charges, selon elle. Sand Van Roy a fait appel. Aujourd'hui, elle obtient une réouverture.

La question n'est plus de savoir si les faits ont eu lieu. Elle est de savoir si la justice les reconnaîtra.

Le contexte #MeToo : pourquoi cette affaire est emblématique

Cette affaire, c'est un peu le cas d'école de #MeToo à la française.

Elle montre le rapport de force inégal entre une plaignante et un accusé puissant. Les difficultés de la preuve dans les affaires de viol. La lenteur de la justice. Mais elle montre aussi que les choses changent.

Le parquet général n'a pas hésité à requérir la réouverture. Il n'a pas cédé à la pression du nom. Il n'a pas enterré l'affaire pour éviter le scandale.

C'est une victoire pour les victimes, pour la transparence, pour la justice. Mais c'est aussi un avertissement. À tous ceux qui pensent que le pouvoir les protège. À tous ceux qui croient que l'argent efface tout.

L'ADN, ça ne s'efface pas.

Les précédents judiciaires : une justice qui évolue

Depuis 2017, d'autres têtes sont tombées. Des hommes politiques, des producteurs, des réalisateurs, des artistes.

La justice française a évolué. Les délais de prescription ont été allongés. Les preuves scientifiques ont été mieux prises en compte. Les plaintes ont été mieux instruites.

Mais le chemin est encore long. Les classements sans suite restent nombreux. Les non-lieux restent fréquents. Les victimes continuent de se heurter à un mur.

Pourtant, chaque réouverture est une brèche. Chaque preuve scientifique est un levier. Chaque décision de justice est un pas vers la vérité. L'affaire Besson est un de ces pas.

La chambre de l'instruction : le juge du 2 juin

Le 2 juin 2026, la chambre de l'instruction se prononcera.

Elle examinera la demande de réouverture. Elle analysera les nouvelles preuves. Elle entendra les arguments des avocats. Elle décidera si l'affaire doit être rouverte ou non.

Si elle accepte, une nouvelle instruction sera ouverte. De nouvelles auditions, de nouvelles expertises. Et peut-être, un procès aura lieu.

Si elle refuse, l'affaire sera définitivement close. Sand Van Roy aura épuisé tous les recours. Luc Besson sera définitivement innocenté aux yeux de la loi.

Mais les preuves, elles, resteront. L'ADN ne disparaîtra pas. Les témoignages ne s'effaceront pas. La vérité n'a pas de date de péremption.

Les questions que personne ne pose

Pourquoi Sand Van Roy a-t-elle attendu 2026 pour produire cette analyse ADN ? Elle n'a pas attendu : elle a fourni la preuve dès que les expertises ont été achevées. Mais les laboratoires sont surchargés, les procédures longues.

Pourquoi le parquet général a-t-il requis la réouverture maintenant ? Parce que la preuve est solide. Parce que l'analyse ADN est fiable. Parce que la justice ne peut pas ignorer un élément matériel.

Pourquoi cette affaire a-t-elle mis si longtemps à rebondir ? Parce que le système judiciaire est lent. Parce que les preuves sont rares. Parce que les victimes sont souvent seules.

Mais aujourd'hui, Sand Van Roy n'est plus seule.

La défense de Besson : que peut-il dire ?

Luc Besson a toujours nié. Les faits, les témoignages, les preuves.

Mais que peut-il dire face à une analyse ADN ? Il peut contester la fiabilité de l'expertise. Avancer une contamination. Invoquer un consentement. Et pourtant.

Les faits sont têtus. L'ADN retrouvé sur le sous-vêtement de Sand Van Roy correspond au sien. Les probabilités sont infimes. Les explications alternatives, limitées.

La défense va tout tenter. Attaquer la procédure, contester la preuve, gagner du temps. Mais le temps joue contre elle. Chaque jour qui passe est un jour de plus où l'opinion publique se forge une opinion, où la justice avance, où la vérité éclate.

Les enjeux médiatiques : pourquoi Le Dossier publie cette information

Mediapart a révélé l'information le 12 mai 2026. Marine Turchi, journaliste d'investigation, a obtenu les détails de la procédure, confirmé la décision du parquet général, daté l'examen par la chambre de l'instruction.

Le Dossier reprend cette information. Pas pour faire du buzz. Pour informer. Pour éclairer. Pour que personne ne puisse dire : « Je ne savais pas. »

Cette affaire est d'intérêt public. Elle concerne un homme puissant, des accusations graves, des preuves scientifiques, l'évolution de la justice française. Les Français ont le droit de savoir. Les victimes ont le droit d'être entendues. Les accusés ont le droit à un procès équitable. Mais ils n'ont pas le droit de cacher la vérité.

Conclusion : la justice avance, lentement mais sûrement

Alors, où en est-on ?

L'affaire Luc Besson rebondit. Elle se transforme. Elle avance.

Le 2 juin 2026, la chambre de l'instruction décidera si l'enquête doit être rouverte. Si elle accepte, un nouveau chapitre s'ouvrira. Si elle refuse, un autre se fermera.

Mais une chose est sûre : l'ADN ne ment pas. La vérité finit toujours par éclater. Et la justice, aussi lente soit-elle, finit toujours par rattraper ceux qui se croient intouchables.

Sand Van Roy a attendu des années. Elle a subi des classements sans suite, des non-lieux, le doute et le mépris. Mais elle n'a jamais abandonné. Aujourd'hui, elle obtient une réouverture, une preuve, une chance.

La justice française est imparfaite. Lente. Parfois injuste. Mais elle sait se remettre en question, reconnaître ses erreurs, rouvrir une affaire quand les preuves existent. C'est ce qu'elle fait aujourd'hui.

Et c'est une bonne nouvelle pour toutes les victimes qui attendent, quelque part, que la justice leur rende enfin justice.

Le Dossier continuera de suivre cette affaire de près. Rendez-vous le 2 juin 2026 pour la décision de la chambre de l'instruction. Et n'oubliez jamais : la vérité n'a pas de date de péremption.


Sources

  • Mediapart, Marine Turchi, "Affaire Luc Besson : le parquet général demande la réouverture de la procédure pour viol", 12 mai 2026.
  • Parquet général de la cour d'appel de Paris, réquisition du 3 février 2026.
  • Chambre de l'instruction de Paris, audience prévue le 2 juin 2026.
  • Lequipe.fr, mention de "recel d'abus de confiance" dans le cadre des affaires Besson.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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Épisode 28 · 2026-05-12

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