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PolitiqueÉpisode 56/85

Anne Le Hénanff : tests de drogue, IA française et protection des mineurs

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-18
Illustration: Anne Le Hénanff : tests de drogue, IA française et protection des mineurs
© YouTube

Il y a d'abord le test salivaire. La mesure vise les membres de cabinet et certains hauts fonctionnaires. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, est chargé d'organiser ces contrôles. Quand le journaliste demande si elle a déjà commencé à organiser les choses, la ministre répond : « Non, pas du tout. Là, je suis vraiment focalisée sur Vivatech. » La ministre précise qu'elle mettra en place les tests dès la fin du salon. Pour elle, « la drogue n'a pas sa place dans un cabinet, c'est certain. »

L'IA française : le géant au pied d'argile

Anne Le Hénanff aborde ensuite l'intelligence artificielle. Elle veut rassurer les Français qui craignent d'être dépassés par la machine. « Je comprends que les citoyens qui ne savent pas comment fonctionne l'IA puissent avoir cette appréhension », concède-t-elle. Mais elle est catégorique : « Nous n'avons pas le choix que d'intégrer l'IA dans nos modèles. » Sinon, prévient-elle, « ce sont les Chinois qui vont le faire, ce sont les Américains. »

Selon la source, 16 % des emplois en France — soit 5 millions de personnes — sont menacés par l'IA d'ici la fin de la décennie. Les secteurs concernés : assurance, finances, juridiques, éducation, presse. Elle déclare : « L'IA va supprimer des métiers. Ce serait malhonnête de dire le contraire. » Elle insiste sur la transformation positive : libération de temps administratif, résumés de 250 pages confiés à la machine.

L'Union européenne investit 7 à 8 milliards de dollars par an dans l'IA, contre 60 à 70 milliards pour les États-Unis. Interrogée sur ce fossé, la ministre répond « absolument pas », la France n'est pas condamnée à n'être qu'un simple utilisateur. Selon elle, les valeurs européennes — IA éthique, transparente, respectueuse de l'environnement — vont devenir un avantage compétitif. « On choisira notre IA liée à la française », affirme-t-elle.

La ministre évoque l'IA agentique, qui « se développe très vite en Europe ». Elle cite aussi des partenaires potentiels : Inde, Japon, pays du Maghreb. Quand le journaliste rappelle l'échec du projet SCAF, elle rétorque par les victoires : « Airbus par exemple ». Elle ajoute que « le président de la République a décidé avec le chancelier d'arrêter ce dossier ».

Mistral, Anthropic, et la guerre froide de l'IA

Mistral AI, le champion français de l'IA, est présenté comme un « géant au pied d'argile ». Anne Le Hénanff déclare : « Il ne faut pas tout miser sur Mistral. » La start-up a besoin de commandes publiques pour grandir. « J'ai rencontré des homologues, le ministre polonais. Il y a des rapprochements entre les États européens et Mistral », révèle-t-elle.

Anthropic, une entreprise américaine d'IA, a « coupé l'accès à ses modèles les plus avancés pour les utilisateurs non américains », selon la vidéo. La ministre déclare : « L'IA est devenue un instrument de géopolitique et de puissance. » Elle évoque une « guerre froide de l'IA ». Pour y répondre, le gouvernement mise sur l'autonomie technologique. Elle annonce avoir assisté à la signature entre Inria et Wallix pour développer des outils permettant de ne plus dépendre d'Anthropic.

Interrogée sur les montants d'investissement, la ministre répond : « Tout n'est pas une question d'argent. »

Protection des mineurs : la France fixe l'âge à 15 ans

Sur la protection des mineurs en ligne, Anne Le Hénanff précise que le G7 Numérique, fin mai à Paris, a validé le principe d'une limite d'âge pour l'accès aux plateformes. Seize États membres de l'UE sont partants. La France a choisi 15 ans. L'Espagne, 16. D'autres pays penchent pour 13.

La ministre explique que le DSA permet à chaque État de fixer son âge. C'est « une sorte de norme sociale ». La priorité, dit-elle, est d'« appliquer une majorité en France ». En parallèle, l'Europe avance vers une majorité européenne unique. « Le président de la République a été clair là-dessus vis-à-vis d'Ursula Van Der Leyen. On se conformera à l'âge européen, mais pour l'instant on va créer notre âge en français. »

Édouard Philippe et la stratégie nationale IA

Interrogée sur les propos d'Édouard Philippe affirmant qu'il « tâtonne » en matière d'IA, la ministre rectifie : « Édouard Philippe ne tâtonne pas du tout en matière d'IA. » Elle rappelle que c'est lui qui a lancé la « stratégie nationale IA en 2018 », alors qu'il était Premier ministre sous Emmanuel Macron. Elle concède que, « comme un citoyen comme les autres », l'ancien Premier ministre utilise l'IA à différents niveaux. Mais ce qui compte, selon elle, c'est « ce qu'il va porter comme ambition pour la France ».

Le test qui n'a pas eu lieu

Anne Le Hénanff affirme qu'elle le fera, mais sans préciser de délai. La mesure prévoit des tests salivaires obligatoires pour les membres de cabinet et certains hauts fonctionnaires. Elle-même, ministre, est concernée. Elle dit être « à 100 % sur le salon Vivatech ». « Dès que c'est terminé », promet-elle. Elle avoue n'avoir « pas lu dans le détail » les modalités. La ministre défend la mesure — « La drogue n'a pas sa place dans un cabinet » — mais son empressement à passer à autre chose montre que le sujet n'est pas sa priorité du moment.

Sources

  • Entretien vidéo avec Anne Le Hénanff, ministre déléguée au Numérique, réalisé dans le cadre du salon Vivatech 2026 (source : chaîne YouTube Le Dossier).

📰Source :youtube.com

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