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Faits diversÉpisode 8/95

Affaire Zawadzki : l'épouse manipulatrice et le médecin amant condamnés pour l'empoisonnement du major

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-26
Illustration: Affaire Zawadzki : l'épouse manipulatrice et le médecin amant condamnés pour l'empoisonnement du major
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Les faits

Jean-Paul Zawadzki est chef mécanicien navigant à la base de Bricy, près d'Orléans. Fils d'immigré polonais, il a réalisé son rêve : intégrer l'armée de l'air. Ses collègues le décrivent comme un ami fiable, sincère, passionné par son métier. En 1979, il rencontre Nicole dans une discothèque. Coup de foudre. Mariage rapide. Naissance d'une fille en 1988. Le couple s'installe à Sougy, un village paisible du Loiret, dans une maison qu'ils ont fait construire. Un bonheur sans histoire, en apparence.

Mais les absences répétées de Jean-Paul pour des missions à l'étranger, notamment en Afrique, laissent Nicole seule de longs mois. Selon la reconstruction des enquêteurs, c'est dans ce contexte que naît une relation adultère avec le docteur Michel Trouillard-Perrault, médecin de famille installé à Orger-en-Bosse, à quelques kilomètres de Sougy. Le docteur est respecté, père de trois enfants, une vie lisse. Trop lisse, peut-être.

Février 1998 : Jean-Paul rentre d'une mission au Gabon. Il souffre d'une bronchite, d'une toux persistante. Il consulte le docteur Trouillard-Perrault, l'homme de confiance de la famille. Mais son état se dégrade rapidement : vomissements, fatigue extrême, yeux injectés de sang. Le 8 mars, des amis invités à dîner le voient arriver « traînant des pieds, épuisé, avec des lunettes de soleil à l'intérieur ». Nicole, elle, semble joyeuse. Personne ne comprend.

Le 11 mars 1998, Nicole et sa fille rentrent d'un déjeuner en ville. Elle trouve son mari mort dans la chambre. Le docteur Trouillard-Perrault est appelé. Il rédige un certificat de décès mentionnant « mort naturelle ». Les funérailles ont lieu cinq jours plus tard.

Mais le colonel Ponce, commandant de la base, n'accepte pas cette version. Il interroge les voisins, recueille des rumeurs — Nicole, dit-on, aurait un amant. Après la mort, elle se comporte de manière étrange : elle pleure abondamment, puis, dès le lendemain, affiche une joie déplacée. Elle achète une BMW flambant neuve deux semaines après le décès, fait venir un paysagiste, change tout le mobilier. Le couple était pourtant criblé de dettes : plus de 500 000 francs d'arriérés sur la maison. Nicole a touché un million de francs d'assurance-vie. De quoi éponger les dettes et vivre largement.

Le colonel transmet ses soupçons à la gendarmerie. Le 4 mai 1998, une enquête est ouverte à la brigade de recherches d'Orléans. Les relevés téléphoniques sont édifiants : au mois de mars, Nicole a appelé le docteur 373 fois, soit plus de douze appels par jour. Le 11 mars, jour du décès, cinq appels en une matinée. La liaison ne fait plus de doute.

Le 2 juin 1998, les gendarmes se rendent au cimetière pour exhumer le corps. Surprise : Nicole Zawadzki est là. Elle leur demande ce qu'ils font. Elle pâlit, vomit presque sur leurs souliers. Placée en garde à vue, elle nie tout. Elle affirme que son mari allait bien le matin de sa mort, qu'il avait pris un « petit déjeuner copieux ». Mais l'autopsie réalisée à l'Institut Médico-Légal de Paris contredit formellement cette déclaration : l'estomac de Jean-Paul est vide. Il était dans le coma depuis plusieurs heures. Impossible qu'il ait mangé.

Au même moment, le docteur Trouillard-Perrault est entendu dans un bureau voisin. Les gendarmes lui annoncent que le corps a été exhumé et que les analyses toxicologiques vont révéler la vérité. Le médecin s'effondre. Il avoue tout. Pendant six heures, il raconte le stratagème : il a prescrit des médicaments inappropriés (neuroleptiques, chlorure de potassium) pendant un mois, puis, le 11 mars, a injecté une dose létale d'insuline à Jean-Paul, provoquant un coma hypoglycémique. Il a ensuite invité Nicole et sa fille à déjeuner chez lui, comme si de rien n'était. Quand elles sont rentrées, Jean-Paul était mort.

Les aveux du docteur sont accablants. Mais Nicole, dans le bureau voisin, continue de nier farouchement. Elle accuse même son amant d'être un manipulateur, disant qu'elle était sous son emprise. Les enquêteurs creusent plus loin.

Le contexte

Pour saisir l'affaire, il faut mesurer le degré de manipulation mis en œuvre par Nicole Zawadzki. Selon Canal Crime, elle a fabriqué de toutes pièces un scénario de violences conjugales et de demandes de divorce. Elle a prétendu que son mari la battait, qu'il cassait les meubles, qu'il menaçait de la tuer. Elle a même assuré avoir entamé une procédure de divorce. La réalité, vérifiée par les gendarmes, est tout autre : aucune plainte n'a été déposée, aucune procédure de divorce n'a été engagée. La fille du couple, interrogée, a décrit son père comme « très paternel, très gentil, très calme, n'élevant rarement la voix, n'ayant jamais de gestes déplacés ». C'est la mère, selon elle, qui cassait les assiettes.

Mais le plus troublant est la manipulation psychologique exercée sur le docteur. Nicole a envoyé à son amant des dessins d'enfant censés être de sa fille, lui demandant de « sauver maman ». Une expertise graphologique a révélé que ces dessins étaient de la main de Nicole elle-même. Elle a également inventé une « tante Julie » qui téléphonait au médecin pour confirmer les violences. Les gendarmes ont cherché cette tante : elle n'existait pas. C'était Nicole, déguisant sa voix, qui appelait pour convaincre le docteur qu'il devait agir. « Elle allait crescendo dans les histoires, toujours théâtralisées », résume la source. Une question lancinante : pourquoi tant de mensonges ?

Le docteur Trouillard-Perrault, aveuglé par l'amour et la manipulation, a cru à tout. Il a vu en Nicole une femme en danger, qu'il devait sauver. Il a franchi la ligne rouge : donner la mort à un homme qu'il était censé soigner. Selon les enquêteurs, il a été « complètement dépassé par son geste, mais il l'a fait par aveuglement amoureux ».

Le traitement judiciaire

Le 3 juin 1998, les deux amants sont mis en examen pour empoisonnement avec préméditation. Le docteur a avoué, Nicole a nié. Le procès s'ouvre devant la cour d'assises du Loiret en juin 2001. La presse les surnomme « les amants diaboliques ». L'audience est suivie par une foule nombreuse.

Au box, le docteur Trouillard-Perrault reconnaît les faits, assumant son rôle. Il apparaît serein, digne. Nicole, au contraire, nie tout. Elle continue de mentir : elle affirme que la tante Julie existe, que sa propre mère vient démentir. Elle appelle son ancien amant « monsieur » ou « docteur ». Le public est médusé par son aplomb.

Le 22 juin 2001, le verdict tombe : Michel Trouillard-Perrault est condamné à 20 ans de réclusion criminelle, Nicole Zawadzki à 25 ans. Les jurés ont estimé que c'était elle la maîtresse d'œuvre, celle qui avait tout manigancé, qui avait « armé le bras » du médecin. Nicole fait immédiatement appel. En mars 2002, la cour d'assises de Tours la condamne à 28 ans de réclusion, soit trois ans de plus.

Grâce aux remises de peine, les deux accusés sont aujourd'hui libres. Le docteur est sorti après neuf ans de détention. Nicole après douze ans. Le docteur a été radié de l'ordre des médecins. Il n'a jamais revu son ancienne maîtresse. Voilà.

Ce que ça dit de la France

Datée, cette affaire ? Oui, mais elle reste un miroir des failles humaines et systémiques. D'abord, elle illustre la puissance de la manipulation dans un cadre rural, où la confiance envers le médecin de famille est totale. Le docteur Trouillard-Perrault était un notable local, respecté. Personne n'aurait imaginé qu'il puisse être l'instrument d'un crime. Nicole Zawadzki a exploité cette confiance aveugle, jouant sur les sentiments, la religion, la peur. Elle a créé un monde parallèle où la réalité n'existait plus que par ses mensonges.

Autre leçon : cette affaire pose la question de la détection des violences conjugales et de la crédibilité des plaintes. Nicole a utilisé le narratif des violences pour justifier son adultère et son crime. Aujourd'hui encore, les enquêteurs doivent démêler le vrai du faux dans les affaires de violences intrafamiliales. Le risque de manipulation est réel, et il peut détourner les ressources de la justice. Mais il ne faut pas pour autant remettre en cause la parole des véritables victimes. L'affaire Zawadzki est un cas d'école : elle montre que le mensonge peut être aussi sophistiqué que la vérité est simple.

Dernier point : le système judiciaire a fonctionné. Le colonel Ponce a refusé de se contenter d'une mort naturelle. Il a enquêté, alerté, insisté. Les gendarmes ont recoupé les relevés téléphoniques, les témoignages, l'autopsie. Les aveux du docteur ont été obtenus par une stratégie d'encerclement. La justice a condamné lourdement, même si les peines effectives ont été réduites. Regrettable ? Assurément. Mais c'est une autre question.

Les questions restent sans réponse. Pourquoi Nicole a-t-elle agi ? Par intérêt financier, certes, mais aussi par besoin de contrôle ? Le docteur, lui, a-t-il vraiment été aveuglé, ou était-il complice dès le départ ? Le procès n'a pas tranché ces nuances. Mais la leçon est claire : la confiance aveugle, l'absence de vérification des faits, et la manipulation émotionnelle peuvent conduire au pire.

Voici ce que personne ne vous dit : cette affaire, bien que criminelle, révèle une tension profonde dans notre société. Le rapport à la violence, à la justice, aux inégalités territoriales. Dans les zones rurales, le médecin de famille est un pilier. Quand ce pilier s'effondre, c'est tout un édifice social qui vacille. Et pourtant, le système judiciaire a su, dans ce cas, faire la lumière. Ce n'est pas toujours le cas.

Et maintenant ? L'affaire Zawadzki est close. Mais elle rappelle que la vérité judiciaire n'est jamais définitive. Les mensonges de Nicole, même après sa condamnation, continuent d'interroger notre capacité à distinguer le vrai du faux. Dans une époque où les récits se multiplient, où les réseaux sociaux amplifient les manipulations, cette affaire est un avertissement. La crédulité a un prix. Parfois, c'est une vie.

Sources : Canal Crime (YouTube) – Affaire Zawadzki : Quand l'épouse et le docteur conspirent pour tuer.

📰Source :youtube.com

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Épisode 8 · 2026-07-26

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