LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

PolitiqueÉpisode 5/1

RN et gauche : l’alliance qui fait trembler le modèle électrique français

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-05
Illustration: RN et gauche : l’alliance qui fait trembler le modèle électrique français
© YouTube

L’alliance qui détonne

L’affaire commence ici.

Il y a quelques minutes — le temps du débat — la gauche et l’extrême droite ont voté ensemble. Selon la vidéo de Dossiers Publics, cet instant a électrisé l’hémicycle. L’objet : l’extension des tarifs régulés d’électricité à l’ensemble des consommateurs.

Un vote. Une alliance. Un trou noir.

Car le financement de cette mesure, selon l’intervenant qui s’exprime dans la vidéo, n’est pas identifié. « Pas le début d’une explication », lance-t-il. La gauche et le Rassemblement national auraient adopté cette extension « comme ça en quelques minutes ». Sans chiffrage. Sans débat préalable sur le coût.

Le député — dont l’identité précise n’est pas confirmée par la source — s’emporte. Il parle de « doigt mouillé ». Il dénonce une décision prise « au doigt mouillé ». L’hémicycle, selon la vidéo, est sous tension.

Trois heures de débat. Un vote. Un trou dans le budget.

Les faits : vote, alliance, vide

Que s’est-il passé exactement ?

Selon la vidéo de Dossiers Publics, la gauche et le Rassemblement national ont voté ensemble l’extension des tarifs régulés d’électricité à tous les consommateurs. Le vote a eu lieu « il y a quelques minutes » — le temps de la retransmission.

Le problème ? Personne ne sait comment financer cette extension.

« Pas le début d’une explication », lance un député — probablement de la majorité — dans l’hémicycle. Il s’étrangle presque : « comme ça en quelques minutes, l’extrême droite alliée à la gauche a voté l’extension des tarifs régulés de l’électricité. » Il qualifie la situation d’« hallucinante ».

Le député du Rassemblement national qui lui répond — identifié comme « monsieur Tanguy » par un autre intervenant — ne nie pas le vote. Il l’assume. Il le revendique. Il attaque.

« Nous sommes contre tout ce que vous avez fait sur l’énergie depuis les années 2000 », lance-t-il. « Tout ce que vous avez fait. »

L’échange est vif. Les accusations fusent. La gauche, par la voix d’un autre député, dénonce une « posture » du RN. Selon cet intervenant, le Rassemblement national fait « croire depuis des années à leurs électeurs qu’ils veulent sortir du marché européen de l’électricité ». Puis, en séance, ils déposent un sous-amendement qui dit l’inverse.

« Vous ne voulez même pas sortir du marché européen de l’électricité », lance-t-il. « Vous êtes ridicules dans vos postures. »

Le député RN — Tanguy — répond. Il assume. Il précise : « Ce qu’on veut, oui, c’est sortir du mode de tarification qui est aujourd’hui fixé au coût marginal. » Pas quitter le marché. Changer les règles du jeu.

La nuance est fine. Mais elle change tout.

Un modèle français en miettes

Pour comprendre ce débat, il faut remonter le fil.

Selon l’intervenant RN, la rupture date de 2004. Cette année-là, dit-il, « vous avez rompu le contrat social avec les Français ». Il évoque Nicolas Dupont-Aignan, encore à l’UMP à l’époque. Il parle du traité constitutionnel européen. Il parle d’une « sécession des souverainistes ».

Le député RN affirme avoir défilé « avec la CGT, avec les syndicats » contre le démantèlement d’EDF et GDF. Il promet de « reformer EDF en EPIC » — un établissement public à caractère industriel et commercial, plus proche du service public que du marché.

« Une nation sans gaz souverain, sans approvisionnement souverain, n’est pas une nation libre », lance-t-il.

La charge est politique. Elle est aussi historique. Le député RN convoque le Conseil national de la Résistance, le modèle gaulliste, les « ouvriers français » qui ont construit EDF. Il accuse la majorité d’avoir « démantelé » ce modèle.

De l’autre côté, la gauche — par la voix d’un député non identifié — dénonce une « posture ». Selon lui, le RN fait croire à ses électeurs qu’il veut sortir du marché européen de l’électricité. Mais en séance, le parti dépose un sous-amendement qui dit l’inverse.

« Vous ne voulez même pas sortir du marché européen de l’électricité », assène-t-il. « Vous êtes ridicules dans vos postures. »

Le député RN — Tanguy — répond. Il précise sa position. « Ce qu’on veut, oui, c’est sortir du mode de tarification qui est aujourd’hui fixé au coût marginal. » Pas quitter le marché. Changer les règles.

La nuance est fine. Mais elle change tout.

Le débat, pas un procès

À ce stade, pas de procès. Pas de mise en examen. Pas de garde à vue.

Le débat parlementaire est le seul théâtre de l’affaire. Selon la vidéo de Dossiers Publics, les échanges ont duré trois heures. Le vote sur l’extension des tarifs régulés est intervenu « il y a quelques minutes » — le temps de la captation.

Aucune décision de justice n’est mentionnée. Aucune enquête n’est évoquée. Le conflit est politique, pas judiciaire.

Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.

Ce que ça dit de la France : modèle énergétique en tension

Pourquoi ce débat parlementaire sur l’extension des tarifs régulés d’électricité révèle-t-il les tensions persistantes entre la défense d’un modèle énergétique national et les contraintes juridiques imposées par le cadre européen de la concurrence ?

La réponse tient en un mot : souveraineté.

Le député RN le dit explicitement : « Une nation sans gaz souverain, sans approvisionnement souverain, n’est pas une nation libre. » Il accuse la majorité d’être « esclave » de la Commission européenne. Il invoque le principe de subsidiarité — mécanisme du droit européen qui veut que les décisions soient prises au niveau le plus proche des citoyens.

« En quoi y aurait-il une pertinence d’une directive européenne qui vient décider du tarif du gaz sur les ménages ? » demande-t-il.

La question est politique. Elle est aussi juridique. Car le cadre européen de la concurrence impose des règles strictes en matière de tarification de l’énergie. La France, avec son parc nucléaire historique et son modèle de service public, a toujours négocié des dérogations. Mais ces dérogations sont fragiles. Contestées. Temporaires.

Le député RN invoque le « compromis de Luxembourg » — un mécanisme de 1966 qui permettait à un État membre de bloquer une décision contraire à ses intérêts nationaux. Il cite Marine Le Pen. Il parle d’une « Europe des nations », d’une « Europe des peuples », d’une « France pilier de la construction européenne qui sait dire non ».

La gauche, en face, dénonce une « escroquerie intellectuelle ». Selon elle, le RN ne veut pas vraiment sortir du marché européen. Il veut seulement changer les règles de fixation des prix. Une nuance qui, pour la gauche, vide le discours souverainiste de sa substance.

« Vous pouvez faire vos envolées lyriques sur le souverainisme, Nicolas Dupont-Aignan, et puis on va sortir avec nos épées en bois, on va aller se battre contre la Commission européenne », lance le député de gauche. « Vous ne voulez même pas sortir du marché européen de l’électricité. »

Le député RN répond. Il explique que le mode de tarification au coût marginal a été « imposé depuis l’ouverture à la concurrence et la création de ce marché ». Il affirme que ce n’est « pas irrémédiable ». Il rappelle qu’avant ce marché, la France avait « une électricité incroyable » et qu’elle l’échangeait déjà avec d’autres pays.

« Donc tout ça pour vous dire que ce qui a été vrai par le passé peut l’être à l’avenir », conclut-il.

Le débat révèle une fracture profonde. D’un côté, ceux qui considèrent que le cadre européen est une contrainte insurmontable — il faut appliquer le droit européen « quel qu’il soit ». De l’autre, ceux qui estiment que la France doit retrouver sa souveraineté énergétique, quitte à défier Bruxelles.

Mais la réalité est plus complexe. Le RN ne propose pas de sortir du marché européen. Il propose de sortir du mode de tarification au coût marginal. Une différence subtile, mais cruciale. Rester dans le marché tout en changeant les règles, c’est rester dans le jeu. Négocier. Composer.

La gauche le dit : c’est une « posture ». Le RN le dit : c’est une « nécessité ».

Qui a raison ? Les faits, pour l’instant, ne tranchent pas. Le débat est en cours. Le vote a eu lieu. Le financement reste inconnu.

Ce que ce débat révèle, c’est la difficulté de la France à concilier son modèle énergétique historique — fondé sur le nucléaire, le service public et les tarifs régulés — avec les règles du marché européen. Une difficulté qui n’est pas nouvelle. Elle dure depuis 2004, date que le député RN cite comme celle de la « rupture du contrat social ».

Depuis, les gouvernements successifs ont tenté de négocier des dérogations. Ils ont obtenu des compromis. Mais le cadre général reste celui de la concurrence. Et ce cadre, pour les souverainistes, est une « soumission ».

Le débat sur les tarifs régulés d’électricité n’est donc pas un simple débat technique. C’est un révélateur. Il montre les fractures politiques, idéologiques et juridiques qui traversent la France sur la question de la souveraineté énergétique.

La gauche et l’extrême droite ont voté ensemble. Une alliance de circonstance, sans doute. Mais une alliance qui dit quelque chose de l’état du débat politique français : la défense du service public et la critique de l’Europe peuvent rapprocher des camps que tout oppose par ailleurs.

Reste une question : qui paiera ?

Le financement de l’extension des tarifs régulés n’est pas identifié. Selon l’intervenant de la majorité, « pas le début d’une explication » n’a été fourni. Le coût pour les finances publiques, pour les consommateurs, pour les entreprises — tout cela reste flou.

Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.

À suivre.

Sources :

  • Dossiers Publics (YouTube) : « Ce député PROVOQUE violemment le RN… Tanguy se MARRE, il sait qu’il va lui mettre TARIF ! » — lien vidéo

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet