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PolitiqueÉpisode 10/57

Pacte asile-immigration : l'UE durcit le ton, les hubs de retour divisent les eurodéputés

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-12
Illustration: Pacte asile-immigration : l'UE durcit le ton, les hubs de retour divisent les eurodéputés
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Juin 2026 — le pacte asile-immigration entre en application. Un ensemble législatif censé instaurer une solidarité entre les 27 États membres pour répartir les demandeurs d'asile. Il doit aussi accélérer l'examen des dossiers, avec un filtrage aux frontières extérieures dans des zones de transit.

Muriel Laurent ne mâche pas ses mots

Eurodéputée française du groupe social-démocrate, elle attaque d'entrée : « Il n'est pas satisfaisant puisque les États membres, vous parliez de solidarité, mais on est loin d'une solidarité harmonisée. » Son grief principal ? Les droits humains bafoués. « Le défaut principal que nous lui reprochons, c'est de ne pas respecter les droits humains et de bafouer les droits fondamentaux », assène-t-elle.

Selon elle, le commissaire Bruner et le Conseil ont imposé le pacte. Une volonté politique d'aller vite — pour montrer que l'Europe agit.

Fernand Cartiser, eurodéputé luxembourgeois, ancien membre des conservateurs et réformistes européens, voit les choses autrement. « Cela fait des années, 11 ans maintenant, que nous sommes confrontés en tant qu'Européens à une immigration massive et irrégulière », rappelle-t-il.

Pour lui, le pacte est un « retour à l'état de droit ». Une tentative de limiter le phénomène enclenché en 2015, avec la décision de la chancelière allemande d'ouvrir les frontières. « Nous avons des gens qui sont déboutés, qui n'ont pas un droit d'asile au sein de l'Union européenne, la plupart d'entre eux restent quand même en dépit des décisions de justice », déplore-t-il.

La mesure qui fâche : des hubs de retour dans des pays tiers

Un nouveau règlement sur les retours complète le pacte — encore plus restrictif. Il prévoit des centres de retour situés dans des pays tiers, hors de l'Union européenne. Vers ces hubs pourront être envoyés les migrants en séjour irrégulier, notamment les déboutés du droit d'asile.

Ces centres se trouveront dans un pays que l'UE juge sûr. Mais sans lien avec le pays d'origine des migrants. Indignation des ONG : c'est une externalisation de la gestion migratoire.

Selon Muriel Laurent, « la notion de pays tiers sûr a été redéfinie par deux textes votés en début d'année au Parlement européen ». « Ces pays tiers sûrs aujourd'hui ne sont pas réellement sûrs puisqu'il n'y a plus de connexion avec de réelles connexions entre les migrants qui arrivent de manière irrégulière et leur pays d'origine. »

Sa conclusion — sans appel : « C'est un bafouement des droits fondamentaux. » Un migrant renvoyé dans un pays avec lequel il n'a aucun lien sera mis en difficulté, selon elle. Le retour ne sera ni efficace ni efficient.

Fernand Cartiser, lui, défend la logique du règlement. « Nous négocierons avec les pays d'origine des modalités de retour. Nous pouvons également exercer certaines pressions sur ces pays », assure-t-il. Il promet : « Nous surveillerons les conditions dans ces camps. Nous sommes dans une responsabilité en tant qu'Européens d'assurer que les droits de l'homme sont respectés dans ces camps. »

Muriel Laurent n'y croit pas une seconde — et le dit. « La démarche même de cette externalisation de la politique migratoire fait qu'on éloigne les migrants. On sait très bien que dans les centres de retour qui seront créés, les droits fondamentaux ne seront pas respectés. » Elle pointe l'absence d'encadrement dans le règlement. « Ce sont les États dans lesquels les centres de retour seront créés qui vont s'occuper des migrants. »

Le Danemark social-démocrate donne le ton

Selon la source, certains pays très à droite se réjouissent de ce durcissement : l'Italie, les Pays-Bas, l'Autriche. Mais aussi le Danemark — pourtant dirigé par une sociale-démocrate. La première ministre danoise défend une politique migratoire très ferme.

« Cette politique d'immigration bénéficie d'un large soutien au sein de la population et au parlement », déclare-t-elle dans un extrait diffusé lors du débat. « Elle est absolument essentielle pour la cohésion de notre société. C'est pourquoi nous expulserons davantage d'étrangers délinquants. Nous continuerons à travailler à la mise en place de centres de départ et d'accueil en dehors de l'Europe. »

Selon la source, le Danemark veut même réformer la Cour européenne des droits de l'homme — une initiative conjointe avec l'Italie.

📰Source :youtube.com

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