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PolitiqueÉpisode 7/60

Seouta : l'eurodéputé Alexandre Nicol charge l'Espagne, l'écologie punitive et l'impuissance française

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-03
Illustration: Seouta : l'eurodéputé Alexandre Nicol charge l'Espagne, l'écologie punitive et l'impuissance française
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Une enclave espagnole au bord de la rupture

L'affaire commence ici. Seouta, enclave espagnole au Maroc. Fin de semaine dernière. Soixante mille migrants débarquent en quelques heures. Les autorités espagnoles parlent d'un retour à la normale. D'après l'eurodéputé, la réalité est tout autre : "Il y a au moins 12 000 personnes qui sont restées." Les Marocains ont été renvoyés, un accord existe. Pour les autres, rien. "Pour les migrants d'Afrique subsaharienne et pour les Algériens, l'accord aujourd'hui ne permet pas des expulsions", détaille-t-il. Les images de vagues humaines criant "Allah Akbar" en centre-ville ont fait le tour des réseaux sociaux.

Madrid assure que la quasi-totalité des migrants sont repartis. C'est faux, rétorque l'élu. Des mineurs isolés — ou faux mineurs isolés, "on ne sait pas parce qu'il suffit de dire je suis mineur et je suis isolé pour venir" — ont déjà été transférés en Espagne continentale. La ministre espagnole Vanda Vanderleyen a affirmé qu'aucune personne n'a atteint le continent. "C'est faux, puisque le gouvernement espagnol assume avoir déjà accueilli des mineurs isolés. Madame Vanderleyen est très mal renseignée", assène Alexandre Nicol.

Le cœur du problème n'est pas migratoire. Il est politique. L'Espagne a annoncé la régularisation de 500 000 personnes. Un million trois cent mille demandes ont été déposées. Six cent mille ont déjà abouti. Une décision de Madrid qui fait peser une menace sur tout le continent : "Ces personnes vont pouvoir circuler sur le territoire européen tant qu'on n'aura pas réservé Schengen aux ressortissants européens." L'eurodéputé répond à l'argument de la pénurie de main-d'œuvre avec une ironie froide : "C'est une drôle de vision de voir les migrants uniquement comme des chiffres pour combler des déficits économiques."

La justice espagnole a aggravé le cas. Un arrêté du Tribunal suprême, daté de juillet 2025, interdit l'expulsion des migrants arrivés à la nage. "Il n'y avait pas eu une seule arrivée à la nage jusqu'au 15 juillet. Dès l'arrêté publié, vous avez eu une masse d'arrivées à la nage." La cause est entendue. Une loi a des conséquences. Les trafiquants s'y adaptent. Les migrants aussi. Résultat : soixante-douze morts du côté espagnol, onze du côté marocain. Des morts qui ont un prix. Des morts qui ont une responsabilité.

La France et ses promesses mortes-nées

L'eurodéputé ne s'arrête pas à la frontière espagnole. Il retourne le couteau dans la plaie française. "Selon le ministère de l'Intérieur, entre 800 000 et 900 000 personnes sont en situation irrégulière sur le territoire." Une fourchette qui en dit long. Trop large pour être honnête. "On n'a pas de regard précis sur le nombre de personnes en situation irrégulière", reconnaît-il. Impossible de piloter ce qu'on ne mesure pas.

La litanie des promesses non tenues est un classique du genre. Emmanuel Macron promettait 100 % d'OQTF exécutées. Gérald Darmanin en faisait autant. Les chiffres réels, eux, restent désespérément flous. Les laisser-passer consulaires n'arrivent pas. Les pays d'origine refusent de reprendre leurs ressortissants, y compris les criminels étrangers. L'État impuissant promet, promet, promet. Et le contribuable paie.

Le contraste avec l'Espagne est saisissant. Là-bas, la régularisation massive est un choix politique assumé. Ici, la France fait semblant. Elle ferme les yeux devant ses 900 000 sans-papiers, offre l'aide médicale d'État et soigne gratuitement ceux que les Français doivent payer de leur poche. L'eurodéputé le rappelle : des étrangers vivant en France sous le seuil de pauvreté profitent d'un modèle social "le plus généreux du monde", qui coûte très cher. Et pendant ce temps, le déficit commercial français atteint 80 milliards d'euros. La France ne produit plus. Elle ne construit plus. Elle enregistre des records d'entreprises fermées.

Voici ce que personne ne vous dit : la France prélève 46 % du PIB en impôts et cotisations. Le Danemark prélève plus, 46,5 %, et dégage un excédent budgétaire. La France, elle, affiche 5,8 % de déficit. Même prix, résultat opposé. Le problème n'est pas l'impôt, c'est la dépense. Un trou noir bureaucratique.

Le feu, la forêt et les Verts

L'été 2025 aura tout dévoilé. Dans le Var, 1 800 hectares sont partis en fumée. En Gironde, 42 000 hectares. Des mégafeux qui ne doivent rien au hasard. Pendant ce temps, les écologistes européens votaient en février 2024 la loi sur la restauration de la nature. Une loi que le groupe RN a combattue. Pourquoi ? Parce qu'elle détruit les pare-feux.

"Quand vous avez un code de l'environnement en concurrence avec le code forestier, et que le code de l'environnement ne veut pas qu'on débroussaille pour laisser de la place à la nature, ça entraîne des difficultés." Tous les pompiers interrogés par l'eurodéputé le confirment : les pare-feux des années 90 ont disparu. La monoculture de pin maritime a aggravé la catastrophe. "La restauration de la nature a posé des problèmes considérables dans les feux de Gironde", tranche-t-il.

L'écologie punitive contre l'adaptation. C'est le cœur du réquisitoire. Pendant la dernière vague de chaleur, plus de 5 000 personnes sont mortes en France. "Ceux qui refusent les climatisations ont du sang sur les mains", lance Alexandre Nicol, provocateur. Les Verts, eux, préfèrent l'idéologie à la survie.

Et sur le fond, la France n'a pas à rougir. Elle émet 0,8 % des gaz à effet de serre mondiaux. Depuis 1990, elle a diminué ses émissions de 32 %. Grâce au nucléaire. L'Allemagne, qui a éteint ses centrales, émet huit fois plus de CO2 pour sa production d'électricité selon Ember. Le Danemark, quatre fois plus. "Et si on prenait les chiffres RTE, on serait à dix-sept fois pour l'Allemagne." La France a raison. Les faits lui donnent raison.

Des Canadairs absents, des millions engloutis

L'eurodéputé tape ensuite sur la gestion

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