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FinanceÉpisode 17/24

TotalEnergies empoche 1 milliard pendant que les Français crèvent à la pompe

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-15
Illustration: TotalEnergies empoche 1 milliard pendant que les Français crèvent à la pompe
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Le blocus du détroit d'Ormuz : une crise mondiale

Le monde retient son souffle. Des tankers bloqués dans le détroit d'Ormuz — des petits points sur une carte qui font trembler l'économie mondiale. Chaque jour de blocage aggrave la situation. Réunion extraordinaire ce lundi entre la Banque mondiale, le FMI et l'Agence internationale de l'énergie. Les mots sont forts. "Le monde est confronté au plus grand défi de sécurité énergétique de l'histoire", déclare un expert. Pétrole, gaz naturel, engrais, produits pétrochimiques — tout est touché. L'ampleur est colossale.

Et les conséquences ? Catastrophiques. Si la guerre au Moyen-Orient perdure, l'économie mondiale pourrait basculer en récession. La croissance mondiale tomberait à 2 %. L'inflation dépasserait 6 %. Les risques de détérioration sont élevés. Très élevés. Le prix du baril de pétrole est incontrôlable. Une flambée des prix des carburants s'ensuit.

Retenez ce détail. Le détroit d'Ormuz représente 20 % du trafic mondial de pétrole. Un blocage ici, c'est un tsunami économique partout. Pourquoi ? Parce que l'économie mondiale tourne autour de cette artère vitale. Et elle est bouchée.

Les profits records des raffineurs

Pendant que les consommateurs souffrent, certains en profitent. TotalEnergies, le géant français du raffinage, a engrangé 1 milliard de dollars grâce à cette crise. Comment ? En achetant près de 34 millions de barils dès le début du conflit, avant l'envolée des prix. Une manœuvre financière habile. Et légale. Mais éthique ?

BP, l'autre géant du secteur, ne cache pas ses bénéfices. "Nos performances sur les cours du pétrole au premier trimestre ont été exceptionnelles", déclare un porte-parole. La guerre en Iran a fait flamber les prix. Les négociateurs ont su tirer parti de la volatilité du marché pétrolier.

Et pourtant. Ces profits records contrastent avec la détresse des consommateurs. Les Français voient leurs factures de carburant exploser. Le gouvernement propose des mesures. Mais sont-elles à la hauteur ?

Le projet de décret gouvernemental : un écran de fumée ?

Face à la pression, l'exécutif français dégaine son arme : un projet de décret pour bloquer les marges des distributeurs. "C'est une façon de s'assurer qu'il n'y ait pas des gens qui profitent de la situation pour augmenter leurs marges", explique Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Mais cette mesure est perçue comme un écran de fumée par l'opposition.

"Ca permettra de baisser les marges de 1 centime. Au lieu d'avoir 2,32 euros, on aura 2,31 euros. Bravo !", ironise Jean-Philippe Tanguy, député RN. Les distributeurs, pointés du doigt, mènent la fronde. "On nous demande de lisser les hausses et les baisses. Ca nous fait vendre à perte", dénonce Michel-Édouard Leclerc, président du groupe éponyme.

Qui est le vrai coupable ? Les distributeurs ? Les raffineurs ? Ou l'État lui-même ? "C'est l'Etat qui encaisse l'essentiel de la marge, 53 % sur les 2 euros", explique Thierry Cotillard, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution. Les caisses sont vides. Et l'État n'a pas les moyens d'agir.

La taxation des superprofits : une solution ?

Une autre idée fait son chemin : la taxation des profits excédentaires. Au niveau européen, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie réclament cette mesure. La France ne s'est pas prononcée. Pourquoi ? Parce que ça semble plus logique que d'aller chercher 2 centimes sur la marge des distributeurs.

Mais cette taxation est-elle efficace ? "Je sais pas si c'est illégal, mais ce sera pas très efficace", estime Marc Bellan, économiste. "Ca va peut-être faire baisser de 1 ou 2 centimes... C'est rien par rapport à la hausse qu'on connaît." Et pourtant. Cette mesure pourrait redonner un peu d'oxygène aux consommateurs. Mais elle reste en suspens.

La lucidité des Français face à la crise

Face à cette crise, les Français font preuve de lucidité. "Ils ont compris qu'il n'y avait plus d'argent dans les caisses. Ils ont aussi compris que cette situation ne dépend pas du gouvernement français. Elle lui est imposée", explique Romain Werly, journaliste économique. Le gouvernement joue la montre. Mais les Français voient aussi que certains pays européens prennent des mesures concrètes.

En Italie, en Espagne, en Allemagne — des baisses massives des taxes ont été mises en place. Un plafonnement des prix et des marges en Europe centrale et en Europe de l'Est. Des mesures pour faire baisser les prix à la pompe. Pourquoi pas en France ? "On aurait une explosion du déficit à la fin de l'année", explique Philippe Dessertine, économiste. Le gouvernement est coincé. Et les Français paient la facture.

Retenez ce détail. Plus de la moitié de ce que vous payez à la pompe, ce sont des taxes. L'augmentation des prix ne bénéficie pas, ou très peu, à l'État. L'essentiel, c'est la TVA. Quand vous avez la taxe fixe qui est toujours là et l'augmentation du prix que supporte le consommateur, il y a une vraie question. Est-ce que ce qui se passe dans les autres pays, on ne doit pas temporairement retirer notre taxe pour permettre aux consommateurs de ne pas subir une énorme perte de pouvoir d'achat ?

La question reste ouverte. Et la crise continue.

📰Source :youtube.com

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