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EnvironnementÉpisode 19/28

Double crise en Afrique : énergétique et alimentaire face à la dépendance au Moyen-Orient

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-18
Illustration: Double crise en Afrique : énergétique et alimentaire face à la dépendance au Moyen-Orient
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Flambée des prix, pénuries, dette explosive. L'Afrique subit de plein fouet les retombées de la guerre au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz au cœur de la tempête.

Le détroit d’Ormuz : épicentre de la crise

Détroit d’Ormuz. Trois mots qui résument tout. Ce point stratégique, où transite un tiers des engrais mondiaux, est devenu le symbole de la crise qui frappe l’Afrique. Ouvert, fermé, rouvert. Le ballet géopolitique autour de ce passage maritime plonge les économies africaines dans l’incertitude.

L’Iran annonce son ouverture. Donald Trump applaudit. Les prix du pétrole chutent sous la barre des 100 dollars. Mais pour combien de temps ? "Le marché mondial est sous tension", rappelle Julien Marcil, directeur du cabinet Global Sovereign Advisory. Les conséquences sont immédiates. Pénuries. Inflation. Endettement.

L’Afrique dépend massivement des importations de pétrole et d’engrais du Moyen-Orient. Un choc violent pour des économies déjà fragiles. Le Kenya, l’Éthiopie, l’Égypte. Ces pays sont en première ligne.

Égypte : le couvre-feu énergétique

21 heures. Les rues du Caire s’assombrissent. Les commerces ferment. Les terrasses désertées. L’Égypte a imposé un couvre-feu pour réduire sa consommation d’énergie. Les factures d’électricité ont plus que doublé en un mois. "Vivre dans l’obscurité dès 21 heures, ce n’est pas tenable", témoigne un commerçant interrogé par France Télévision.

Le pays dépend à 100 % du pétrole iranien. La guerre au Moyen-Orient a fait exploser les coûts. Le gouvernement tente de limiter les dégâts. Télétravail. Réduction de l’éclairage public. Austérité généralisée.

Mais les mesures ont un prix. Les commerçants crient au manque à gagner. "21 heures, c’est une catastrophe", déplore un restaurateur. Les secteurs touristiques, vitaux pour l’économie égyptienne, sont épargnés. Pour combien de temps ?

Kenya et Éthiopie : rationnement et subventions

Le Kenya souffre. Deux tiers de ses importations de pétrole viennent du Moyen-Orient. Les prix ont flambé. Le gouvernement a demandé l’aide de la Banque mondiale. Mais les marges de manœuvre sont minces. "Le Kenya est déjà fragilisé", souligne James Quatré, PDG de Cantara Asset Management. La balance courante et fiscale est sous pression.

L’Éthiopie, elle, a instauré un rationnement strict. Le carburant disponible est prioritairement alloué aux hôpitaux, au système d’adduction d’eau et à la défense. Le pays importe 100 % de son pétrole du Moyen-Orient. Une dépendance qui menace directement sa sécurité.

La Tanzanie réduit la taille des convois officiels. Le télétravail est encouragé. Les restrictions se multiplient. "Les pays d’Afrique de l’Est sont très exposés", résume Aurélie Mbida, rédactrice en chef du pôle économie à Jeune Afrique.

Sénégal : la bombe à retardement

Le Sénégal croule sous la dette. Le ratio d’endettement frôle les 130 % du PIB. Le FMI a suspendu un programme de 1,8 milliard de dollars en 2024. La note souveraine du pays a été dégradée à triple C.

Le gouvernement subventionne l’électricité, l’essence, le gazole. Mais ces mesures pèsent lourd sur les finances publiques. "Le Sénégal a des difficultés budgétaires", confirme Abdou Aziz Junior, PDG de l’école de commerce de Dakar. Les discussions avec le FMI se poursuivent. Mais les marges de manœuvre sont limitées.

Les obligations sénégalaises se négocient à 50 % de leur valeur nominale. Le marché anticipe une restructuration. "Le gouvernement a du mal à se financer", explique James Quatré. Les taux montent. Les solutions de financement sont compliquées.

Engrais : la bombe alimentaire

Le blocage du détroit d’Ormuz a fait flamber les prix des engrais. La Côte d’Ivoire importe 90 % de ses engrais. Les ruptures de stock se multiplient. La sécurité alimentaire est menacée.

Des solutions locales émergent. L’ONG Living Soil produit des engrais à partir de larves de mouches soldats noires. Trois fois moins chers que les engrais importés. Mais ces initiatives restent marginales.

Le Maroc et le Sénégal développent leurs propres capacités de production. Mais l’urgence est là. "La flambée des prix menace directement les récoltes", rappelle Aurélie Mbida. L’Afrique risque de payer le prix fort.

Transition énergétique : une opportunité ?

La crise pourrait accélérer la transition énergétique. Les besoins en électricité ont augmenté de 75 % depuis 2018 en Afrique de l’Ouest. Les investissements dans les énergies renouvelables sont gigantesques.

Mais les défis sont immenses. "Les solutions ne manquent pas, mais il faut les mettre en œuvre", souligne Julien Marcil. Les panneaux solaires bon marché et les voitures électriques arrivent progressivement sur le continent.

La Chine avance ses pions. Grand fournisseur de matériaux pour les panneaux solaires et les batteries, elle pourrait être la grande gagnante de cette crise. Mais pour l’instant, l’Afrique reste dépendante de ses ressources fossiles.

Conclusion : l’Afrique à la croisée des chemins

Double crise. Énergétique et alimentaire. Les économies africaines sont sous pression. Le détroit d’Ormuz reste l’épicentre de la tempête. Les pays doivent trouver des solutions rapidement.

L’Afrique est à la croisée des chemins. Entre dépendance et transition énergétique. Entre crise et opportunité. Le temps presse.

L’enquête continue.

📰Source :youtube.com

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