Marine Tondelier : l'écologie politique en roue libre vers 2027
Le décor est planté : une serre biologique, du melon dans le Nord, une candidate souriante. Marine Tondelier a entamé son tour de France au début de l’été. L’actualité lui sert d’argument de campagne — surtout l’adoption de la loi d’urgence agricole à l’Assemblée, qu’elle qualifie de « climaticide ». « Ce n’est pas possible, en 2026, de dire qu’il y a des gens qui n’ont pas compris », lance-t-elle.
La planète brûle, un contexte qui devrait être favorable aux Écologistes. Les passants s’inquiètent. Plus d’un Français sur deux se dit personnellement touché par le climat — contre un quart il y a dix ans. Et pourtant.
Les résultats électoraux racontent une autre histoire. 5,5 % aux dernières européennes. En recul. Très loin du pic de 2019 où EELV était arrivé en tête. Les Écologistes n’arrivent pas à capitaliser sur l’urgence climatique.
Les difficultés de la candidate
Marine Tondelier critique les jets privés, les milliardaires, les « mesures climaticides ». Elle accuse Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon de diviser la gauche et de « mettre toute la gauche dans le mur » par leur obstination.
Mais ce discours ne passe pas auprès des classes populaires. « Le souci des Écologistes, c’est peut-être la capacité à parler aux personnes les plus en difficulté et à faire la synthèse entre la souffrance environnementale et la souffrance sociale », observe le reportage. Synthèse qui, ces derniers temps, n’imprime pas.
La candidate cible d’abord les plus aisés. « Un milliardaire, en 90 minutes, émet autant de gaz à effet de serre qu’un humain moyen dans toute sa vie », assène-t-elle.
François Gemenne le dit : « On a l’impression qu’on va cristalliser le débat sur des marqueurs symboliques idéologiques et que ça empêche de voir l’éléphant dans la pièce, qui est quand même notre dépendance aux énergies fossiles. »
Une gauche qui se déchire
Marine Tondelier elle-même le reconnaît : « Les deux problèmes aujourd’hui, ce sont Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon. » Elle les voit comme « deux hommes emplis de certitudes qui tracent tout droit ». « C’est sur la seule nana, la seule qui prône l’union des gauches : “Tu dois partir. Tu nous déranges dans notre lutte à mort.” Mais leur lutte à mort, avec ou sans moi, elle met toute la gauche dans le mur. »
Certains plaident pour un ralliement à Mélenchon ou Glucksmann en échange de circonscriptions aux législatives. Un maintien qui ne fait pas l’unanimité.
François Denhez pointe un problème : « Il y a deux France, Paris et le reste. Les Écologistes sont assez nuls en communication politique. C’est toujours la faute des autres. »
À Sainte-Soline, les élus locaux écologistes se sont désolidarisés des positions nationales, estimant que cela menait à une violence extrême.
L’écologie, tout le monde en parle
Jérôme Grandin de l’Eprevier le dit : « À la présidentielle, l’écologie sera présente dans le programme de chaque candidat. L’écologie politique, ça n’appartient plus qu’au parti Les Écologistes. »
Même l’extrême droite, longtemps climatosceptique, intègre désormais l’adaptation au changement climatique dans son discours. Les vagues de chaleur successives obligent tous les partis à mettre à jour leur programme.
Les Français, eux, savent individuellement ce qu’ils doivent faire. Trois quarts d’entre eux disent connaître les gestes pour moins polluer. Mais moins de la moitié sait ce qu’un homme ou une femme politique devrait faire. La solution politique n’a toujours pas été trouvée.
François Gemenne résume : « Cette posture qui est de dire “on vous l’avait bien dit, il n’y a que nous qui avons raison”, je ne pense pas que ce soit une stratégie payante. »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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