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EnvironnementÉpisode 16/24

Blocus d'Ormuz : pénurie de kérosène en Europe et investissements risqués au Venezuela

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-14
Illustration: Blocus d'Ormuz : pénurie de kérosène en Europe et investissements risqués au Venezuela
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Une crise énergétique mondiale sans précédent

Six semaines. C’est le temps que dure déjà le blocus du détroit d’Ormuz. Résultat : 90% du gaz naturel liquéfié et 80% du pétrole destinés à l’Asie sont bloqués. Le prix du baril atteint des sommets : 130 dollars en Europe, 150 dollars en Asie. En France, les prix à la pompe flambent. Les ménages trinquent.

Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), alerte : "Avril pourrait être pire que mars pour le secteur de l’énergie. Nous sommes face à la plus importante crise énergétique de l’histoire." Des mots qui raisonnent comme un coup de tonnerre.

Julien Marcilly, chef économiste chez GSE Global Sovereign Advisory, enfonce le clou : "Chaque fois que le prix du pétrole augmente de 10%, on enlève 0,15% de croissance mondiale. Si le baril reste à 110 dollars, cela enlèverait environ 1% de croissance mondiale." Un chiffre qui fait froid dans le dos.

Les marchés financiers oscillent entre optimisme et pessimisme. Les prix du pétrole physique atteignent 150 dollars en Asie, tandis que les marchés financiers restent autour de 100 dollars. Pourquoi ? Les investisseurs parient sur une résolution rapide du conflit. Un pari risqué, mais lucratif.

La pénurie de kérosène menace l’Europe

43% du kérosène européen provient du Golfe. Bloqué. Le kérosène représente 25 à 30% des coûts d’exploitation des compagnies aériennes. Avec la flambée des prix, ce chiffre atteint désormais 45%. Une situation intenable.

Les aéroports européens tirent la sonnette d’alarme. Dans une lettre adressée à la Commission européenne, l’ACI (lobby des aéroports européens) prévient : "Une pénurie systémique est imminente si le détroit d’Ormuz reste bloqué trois semaines de plus." Une alerte rouge.

En Italie, les restrictions sur le kérosène ont déjà commencé. Plusieurs aéroports sont touchés. Les vols sont annulés. Les passagers coincés. Un avant-goût de ce qui attend toute l’Europe si la situation ne se débloque pas rapidement.

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, reste prudent : "Nous sommes dans une situation critique, mais nous travaillons sur des alternatives." Des mots rassurants. Mais les faits sont têtus. Les alternatives existent, mais elles sont insuffisantes.

Chevron mise sur le Venezuela : un pari risqué

Face à la crise, Chevron mise sur le Venezuela. La société américaine a signé un nouveau contrat avec le gouvernement vénézuélien. Un choix risqué. Le coût de production du pétrole vénézuélien est élevé : environ 40 dollars le baril. De plus, le pétrole vénézuélien est de qualité inférieure et vendu avec un rabais.

Julien Marcilly explique : "Les capacités de production au Venezuela sont limitées. Des investissements lourds sont nécessaires pour augmenter la production." Un processus long. Très long.

Pourquoi Chevron prend ce risque ? Parce que les prix du pétrole devraient se stabiliser autour de 80 à 85 dollars à long terme. Un prix suffisant pour justifier des investissements massifs. Mais à quel prix pour les populations locales ?

Les conséquences pour l’Europe et le monde

Cette crise rappelle celle de la guerre en Ukraine. Les Européens avaient alors diversifié leurs sources d’énergie, se tournant vers le gaz naturel liquéfié américain et qatari. Une stratégie payante à court terme. Mais insuffisante face à l’ampleur de la crise actuelle.

En Asie, les Philippines ont déclaré l’état d’urgence énergétique. Le prix de l’essence a augmenté de 66%. En Thaïlande et au Vietnam, des centrales à charbon ont été relancées pour compenser la hausse du prix du gaz. Des solutions temporaires. Mais pas durables.

La Banque centrale européenne envisage d’augmenter les taux d’intérêt si la crise persiste. Une décision qui pourrait peser sur l’économie européenne déjà fragilisée.

Et la transition énergétique dans tout ça ? Paradoxalement, cette crise pourrait favoriser la transition écologique. Les ventes de voitures électriques repartent à la hausse en France. Une lueur d’espoir dans un contexte sombre.

Sources :

  • France 24
  • Financial Times
  • Bloomberg

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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