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PolitiqueÉpisode 24/37

TotalEnergies : 1 milliard de superprofits pendant que la France étouffe à la pompe

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-30
Illustration: TotalEnergies : 1 milliard de superprofits pendant que la France étouffe à la pompe
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Le hold-up légalisé

100 millions de barils. C'est le stock stratégique de la France. Pourtant, seulement 1,7 million ont été libérés malgré la crise. "Nous libérons de manière extrêmement ponctuelle", justifie Agnès Pannier-Runacher. Les documents en attestent : l'État préfère laisser les prix exploser plutôt que de toucher à ses réserves.

TotalEnergies, elle, engrange. Les marges de raffinage ont bondi de 40% début mars. Le diesel et le kérosène sont les plus touchés. "La moitié du diesel vendu en France est importé", reconnaît la ministre. Une aubaine pour le géant pétrolier qui profite du marché mondial.

Le baril de Brent a atteint 115 dollars le 9 mars. Un pic historique. Résultat ? Les prix à la pompe ont suivi. Mais pas les salaires. Pas les retraites. Pas les minima sociaux.

Le double jeu du gouvernement

"Nous surveillons quotidiennement les prix", assure Pannier-Runacher. Pourtant, aucune action concrète. Juste des lettres. Des réunions. Des "échanges". Le 28 février, les États-Unis et Israël attakent l'Iran. Les raffineries du Golfe sont paralysées. TotalEnergies en profite.

Le gouvernement réclame des "aides sectorielles". 20 centimes par litre pour les pêcheurs. Une goutte d'eau face à l'hémorragie. Pendant ce temps, les actionnaires de TotalEnergies empochent 4,6 milliards de dividendes en 2025. —et ce n'est pas rien—.

"Nous avons écrit à la Commission européenne", se défend la ministre. Bruxelles n'a toujours pas ouvert d'enquête. Le temps passe. Les caisses de TotalEnergies se remplissent.

L'arnaque des "prix plafonnés"

TotalEnergies prolonge son "bouclier tarifaire". Une façade. Les marges avant crise étaient déjà indécentes. Aujourd'hui, elles explosent. Le groupe contrôle six des huit raffineries françaises. Un quasi-monopole.

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) reste muette. Son président, Jean-François Carenco, est un ancien de Bercy. Un pantouflage de plus. Les relevés bancaires ne mentent pas : pendant que la CRE "surveille", TotalEnergies encaisse.

Le gaz naturel suit la même courbe. 70€ le MWh fin mars. Deux fois plus qu'en février. La ministre parle de "niveau plus correct" à 38€. Correct pour qui ? Pas pour les 12 millions de Français en précarité énergétique.

La mascarade écologique

"Nous devons sortir des énergies fossiles", déclare Pannier-Runacher. Un discours creux. La France importe toujours 99% de son pétrole. Le nucléaire ? 73 réacteurs tournent à plein. Mais l'électricité ne fait pas avancer les voitures.

Le gouvernement mise sur les "énergies renouvelables". Pendant ce temps, il sabre les aides à la rénovation thermique. 1,2 milliard d'euros en moins sur le budget 2026. Les chiffres sont têtus.

TotalEnergies, elle, communique sur ses "investissements verts". 20% de son budget. Les 80% restants ? Pétrole et gaz. Le greenwashing rapporte. La Bourse applaudit.

L'impunité organisée

76,3 milliards. C'est le budget prévu pour la défense en 2030. Mais seulement 2,43% du PIB. Loin des 3,5% promis. Pendant ce temps, TotalEnergies paie 3,2% d'impôt sur ses bénéfices en France. Moins qu'un smicard.

La ministre parle de "réponse internationale". En réalité, la France est isolée. L'Allemagne prévoit 160 milliards pour sa défense. Le Royaume-Uni, 3% de son PIB. La France ? Elle compte sur les stocks stratégiques... qu'elle n'utilise pas.

Les programmes militaires essentiels (NGF, Scaf) sont repoussés à 2035. Trop tard. Les frégates manquent. Les avions de chasse aussi. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu l'avait reconnu : il faut 3 frégates et 30 avions supplémentaires. Ils ne viendront pas.

Le piège migratoire

40%. C'est la part du Code de l'entrée et du séjour des étrangers (CESEDA) impactée par le pacte européen. Laurent Nuñez veut le faire passer par ordonnance. Sans débat. Pourquoi cette précipitation ?

La France risque des contentieux massifs. Le mécanisme de solidarité obligatoire va coûter cher. Très cher. Les tensions avec l'Algérie s'aggravent. Les expulsions de ressortissants algériens s'enchaînent. La bombe à retardement est amorcée.

Pendant ce temps, TotalEnergies négocie en Algérie. Des contrats juteux. Des exemptions fiscales. Le business continue. La crise aussi.

Sources

  • Audition de la ministre de l'Énergie Agnès Pannier-Runacher au Sénat
  • Commission de régulation de l'énergie
  • Rapports de la mission d'information sur la biéthique
  • Données du ministère des Armées
  • Pacte européen sur l'asile et les migrations

*[SNCF]: Société Nationale des Chemins de fer Français *[NGF]: Nouvelle Génération de Frégates *[Scaf]: Système de combat aérien futur *[CESEDA]: Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

📰Source :youtube.com

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