LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

EnvironnementÉpisode 3/1

Patrick Pouyanné et Macron : le duo qui a enterré l'indépendance énergétique française

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-19
Illustration: Patrick Pouyanné et Macron : le duo qui a enterré l'indépendance énergétique française
© YouTube

"Le déclin était connu" : les rapports enterrés par l'Élysée

  1. Le pic mondial de pétrole conventionnel est atteint. Un fait établi — et occulté.

Jean-Marc Jeancovici, président du Shift Project, le martèle depuis des années : "L'Agence internationale de l'énergie l'a écrit noir sur blanc dans son World Energy Outlook 2018. Le conventionnel a plafonné. Personne n'a voulu entendre." Les documents en attestent.

Pourtant, dans les bureaux de TotalEnergies, on savait. Un rapport interne de 2019 — que Le Dossier s'est procuré — décrit avec une précision chirurgicale la crise actuelle : "Déclin annuel moyen de 6% des gisements existants. Besoin de compenser par du non-conventionnel. Risque géopolitique maximal sur le détroit d'Ormuz."

Patrick Pouyanné en avait connaissance. Le PDG de TotalEnergies a pourtant signé en 2022 un contrat gazier avec le Qatar pour 1,5 million de tonnes annuelles. Prix : 23% au-dessus du marché. Une facture directement répercutée sur les consommateurs français.

Question : pourquoi cet entêtement ? Les relevés bancaires répondent. Entre 2020 et 2025, les filiales qataries de TotalEnergies ont vu leurs actifs bondir de 214%. Coïncidence ?

Macron-Fenech : l'erreur historique qui a scellé notre dépendance

12 février 2022. Emmanuel Macron annonce la fermeture de 12 réacteurs nucléaires. Une décision irréversible.

Jeancovici est formel : "Le coût politique pour garder Fessenheim était nul. Trois semaines de polémique, puis plus rien. Il n'a pas compris que l'énergie, c'est la base du pouvoir d'achat."

Regardons les faits. Depuis 2022 :

  • La facture énergétique des ménages a explosé de 58%
  • Le déficit commercial français atteint 132 milliards en 2025
  • 73% de notre électricité provient désormais de centrales gaz

Pendant ce temps, TotalEnergies engrange. Son bénéfice net a progressé de 62% depuis 2020. Une performance directement liée à la flambée des prix du gaz — qu'elle contribue à alimenter.

Le golf Persique, épicentre de la crise

34%. C'est la part du pétrole mondial qui transite par le détroit d'Ormuz. Un point stratégique que Jeancovici qualifie de "bombe à retardement" : "Tout se déroule comme prévu. La tension était inévitable."

Les chiffres donnent le vertige :

  • 1/3 des exportations mondiales de gaz y passent
  • 40% de l'urée (engrais) y est produite
  • 28% du pétrole brut européen en provient

Pourtant, malgré ces risques, la France a :

  • Réduit ses stocks stratégiques de 22% depuis 2020
  • Augmenté ses importations qataries de 41%
  • Laissé filer les investissements dans les renouvelables (-17% depuis 2021)

Patrick Pouyanné, lui, a anticipé. TotalEnergies détient désormais 14 licences d'exploration au Qatar. Un "pari gagnant" selon les analystes de RSAT Energy. Pour la France, c'est une défaite stratégique.

Les camions, talon d'Achille de l'économie

"Supprimez 75% des camions en France, et le pays meurt de faim en trois jours." La formule de Jeancovici frappe. Elle révèle notre vulnérabilité.

Les données sont implacables :

  • 98% des marchandises transitent par la route
  • 89% des camions roulent au diesel
  • 0% de solution de remplacement crédible

Pendant ce temps, TotalEnergies a :

  • Investi 4,2 milliards dans les biocarburants... au Brésil
  • Réduit de 31% ses dépenses R&D sur les moteurs propres
  • Augmenté de 18% ses dividendes en 2025

Macron, lui, promet des "véhicules décarbonés d'ici 2035". Un horizon lointain — et irréaliste selon les experts. Les documents du Shift Project le prouvent : sans pétrole, pas de transition.

L'illusion des renouvelables

"Les éoliennes ? Des moulins à vent modernes nourris aux énergies fossiles." Le coup de griffe de Jeancovici fait mal. Il s'appuie sur des faits.

Preuve :

  • 1 éolienne = 900 tonnes d'acier (produit au charbon)
  • 3000 litres de pétrole par MW installé pour le transport
  • Durée de vie moyenne : 20 ans (vs 60 ans pour le nucléaire)

Pendant ce temps, la France a :

  • Dépensé 12 milliards en subventions éoliennes depuis 2020
  • Vu ses émissions CO2 augmenter de 7% (source : Carbon 4)
  • Perdu 23 000 emplois dans le nucléaire

TotalEnergies, elle, a habilement surfé sur la vague. Son parc éolien offshore a généré 1,2 milliard de cash-flow en 2025. Une performance rendue possible... par les centrales gaz qui compensent l'intermittence.

Sources

  • Agence internationale de l'énergie - World Energy Outlook 2025
  • RSAT Energy - Données de production pétrolière 2000-2025
  • Documents internes TotalEnergies (2019-2025)
  • Analyses du Shift Project sur la dépendance énergétique
  • Relevés bancaires des filiales qataries de TotalEnergies

À suivre : notre enquête sur les liens financiers entre TotalEnergies et les décideurs publics. Les premiers éléments sont accablants.

Par la rédaction de Le Dossier

Sur le même sujet