LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

PolitiqueÉpisode 15/58

Canicule : Macron et Lecornu accusés de déni alors qu'une patiente meurt à l'hôpital

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-26
Illustration: Canicule : Macron et Lecornu accusés de déni alors qu'une patiente meurt à l'hôpital
© YouTube

« Nous n’observons pas de tension particulière »

Mercredi matin, la porte-parole du gouvernement parle sur BFM TV. « Nous sommes dans un travail d’anticipation avec comme objectif principal que le système hospitalier ne sature pas. À ce stade, nous n’observons pas de tension particulière sur le système hospitalier. » Ces mots, rapportés par Les Indiscrets du Média, tombent en pleine vague de chaleur. Le lendemain, le constat bascule.

Les hospitalisations explosent. « Nous arrivons à une situation de saturation de la capacité d’absorption par le dispositif hospitalier », reconnaît la même source — vingt-quatre heures plus tard, contredite. En catastrophe, le Premier ministre Sébastien Lecornu active le niveau 3 du plan Horsane. C’est le plus haut niveau de gestion de crise sanitaire. Le vendredi, un arrêté au Journal officiel autorise les étudiants en médecine à renforcer les centres d’appel du SAMU. Les appels se multiplient depuis le début de la canicule.

Pourquoi ce revirement ? Un mail de Matignon, envoyé début de semaine, avait déjà jeté un froid. « Les conseillers ministériels pourraient se voir privés de congés », affirme le journaliste Nils Villeque. Le message, adressé aux chefs de cabinet, évoquait « l’enchaînement de crises et l’incertitude sur la durée de la canicule ». Lecornu avait livré mercredi en Conseil des ministres « une forme d’alerte consistant à anticiper un scénario où il n’y aurait pas de vacances ». Un conseiller d’un ministre régalien confie : « On passe déjà 100 heures par semaine. En plus, il faudrait se passer de vacances ? Pas question. Les congés, c’est sacré. Ils ont fondu les plombs à Matignon. » — La panique est réelle.

Des ministres déconnectés de la réalité

Pendant que les thermomètres explosent — 42 degrés ressentis dans certains logements, d’après les témoignages — les ministres enchaînent les déclarations lunaires. Édouard Gefrey, ministre de l’Éducation nationale, interrogé sur sa propre climatisation : « Je considère que j’en aurai un le jour où tout le monde en aura un. » Pas de ventilateur, pas de clim. Il reste avec « 35 à 38 degrés quotidiens ».

Le ministre du Travail, Farandou, s’aventure sur le terrain des tenues vestimentaires. « Peut-on venir travailler en tong ? » Sa réponse : « Le tong, je sais pas. Vous voulez qu’on fasse une loi pour savoir si on peut venir travailler en tong ? » Il ajoute que des sandales élégantes peuvent convenir. « Si vous êtes dans un travail commercial, il faut être habillé correctement. » Un bermuda bien coupé, oui, mais « pas un vag-short un peu trop court ». Le mépris des travailleurs qui cuisent dans des ateliers sans clim ? Saisissant. La vidéo du Média qualifie ces séquences de « déconnectées ». Le Dossier constate — le mot est faible — l’écart abyssal entre le discours officiel et le quotidien des Français.

La ministre de la Santé, elle, a une vision. « J’annonce que je double l’enveloppe qui permet l’adaptation des hôpitaux au changement climatique. Dans dix ans, 100 % des hôpitaux seront adaptés au réchauffement climatique. » Dix ans. En attendant, les patients crèvent. Lecornu a promis 600 millions d’euros pour climatiser les hôpitaux. C’est à peu près le même montant que les aides annoncées une semaine plus tôt pour l’intelligence artificielle et les data centers. L’argent se trouve donc. Mais pas pour sauver des vies tout de suite.

« Une patiente est morte de chaleur dans sa chambre d’hôpital »

Le vice-président de Samu Urgences de France, Jean-François Sibien, brise le silence. « On constate déjà qu’il se passe quelque chose en terme de mortalité. On a pour la première fois des morts dans des chambres à cause des températures extrêmes. » Il précise : « Une patiente est décédée, a priori — il y aura des analyses — mais elle est morte en raison de la chaleur dans une chambre d’hôpital. » Les mots sont lourds : dans une chambre d’hôpital. Pas dans un bidonville. Pas dans une cave. Dans un établissement censé soigner, protéger. Les analyses sont en cours, mais le médecin n’a aucun doute. Il n’y avait pas de climatisation.

La ministre de la Santé, pourtant, assurait mercredi que « le gros du travail a été fait ». (Oui, vous avez bien lu.) Une affirmation que la réalité contredit. Selon Politique Matin, 58 départements sont en vigilance rouge, 43,9 millions de Français directement exposés. La situation rappelle 2003 — avec des engagements non tenus.

L’émission diffuse des images d’agents publics ramassant du bitume fondu, des transformateurs qui explosent dans le Finistère, 119 000 foyers privés d’électricité au plus fort de la crise. Des centaines de noyades, une cinquantaine cette seule semaine. Et des décès supplémentaires pas encore comptabilisés. « Ce n’est qu’un début, à en croire les urgentistes », commente Nils Villeque.

Macron absent, puis en visite de rattrapage

Emmanuel Macron, lui, a commencé la semaine à Enti, pour un sommet bilatéral avec la présidente du conseil italienne. Aucune déclaration sur la canicule — si ce n’est quelques conseils d’hydratation le jour de la Fête de la Musique. Les internautes rient jaune. « On a échappé au numéro vert », ironise le journaliste. Puis, jeudi après-midi, le président se rend à Vélizy, dans les Yvelines — son fief électoral. Le Parisien le montre dans un centre communal, s’enquérant de la santé des personnes âgées. Sa déclaration : « La situation s’est améliorée dans les EHPAD ou les hôpitaux. Il reste beaucoup à faire. Les personnes isolées sont particulièrement touchées. »

La situation s’est améliorée ? Une patiente vient de mourir de chaleur à l’hôpital. Vraiment ? Un député du bloc central, cité anonymement, décrypte : « Emmanuel Macron fait le service minimum sur les questions sociales comme la canicule. En creux, c’est la question de son bilan qui se pose. En la matière, c’est un échec, même s’il ne le reconnaîtra jamais. »

Les oppositions montent au créneau. François Ruffin brandit une couverture de survie à la télévision, la comparant aux sacs poubelles de l’époque Covid. « C’est le symbole de la nullité de nos dirigeants », lance-t-il. Sandrine Rousseau dénonce « une forme de grand silence ». Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, rétorque sur BFM : « Ça fait neuf ans qu’on se prépare avec trois plans d’adaptation. » La ministre de tutelle, Monique Barbu, sort de son silence et menace de démissionner si son budget est à nouveau impacté. Selon une source ministérielle, elle aurait « déserté les questions au gouvernement car elle n’aime pas les politiciens ». C’est ballot pour une ministre.

La menace fantôme d’une nouvelle dissolution

Mais la canicule n’est pas la seule fièvre qui agite le pouvoir. Le Figaro a révélé cette semaine une rumeur : Emmanuel Macron envisagerait de dissoudre l’Assemblée nationale avant la présidentielle. L’objectif ? Faire coïncider les deux scrutins, neutraliser le Conseil constitutionnel — composé de fidèles du président — et empêcher le successeur de Macron de décider de la temporalité des législatives. Un parlementaire confie au journal : « Ce sont des malades. Ça paraît complètement dingue. »

Nils Villeque a enquêté. Il cite Jean-Jacques Urvoas, ancien ministre de la Justice, qui suggérait dès mai dernier dans Le Parisien cette possibilité. Urvoas est aussi un ami de Thierry Solère, sulfureux conseiller du président, accusé d’être l’un des artisans de la première dissolution de 2024. L’idée : « priver le Rassemblement national de dynamique électorale à la présidentielle en cas d’échec aux législatives », selon un familier de l’Élysée. Un député du bloc central résume : « De toute façon, ils sont tous barrés, donc tout est possible. »

Et pourtant. Une dissolution concomitante à la présidentielle priverait le nouveau chef de l’État du droit de dissoudre pendant un an. Ce serait le chaos pour son successeur. Gérald Darmanin, lui, ne croit pas que Marine Le Pen sera empêchée par une peine d’inéligibilité. « Il y aura une présidentielle, quoi qu’il arrive », explique un conseiller politique.

En attendant, la Macronie se délite. Huit élus macronistes d’Île-de-France — Aurore Berger, Marlène Chapa, Laurent Saint-Martin, Thierry Solère, entre autres — rejoignent le groupe de Valérie Pécresse à la région. « Il n’y a plus de cohérence à être dans l’opposition », justifient-ils. La présidente LR les accueille. L’exécutif, lui, tente de gérer la canicule avec des promesses à dix ans. Et les Français suffoquent. À suivre.

Sources : Les Indiscrets (Le Média, 26 juin 2026), Le Figaro (semaine du 22 juin), Le Parisien (mai et juin 2026), BFM TV, France Info, Public Sénat (cote de popularité Macron), Politique Matin (données canicule), Légifrance (arrêté étudiants médecine), adaptation-changement-climatique.gouv.fr (décret 27 mai 2025), Le Monde (citation « gros du travail »).

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 14 · 4 AVRIL 2026

Épisode 15 · 2026-06-26

Canicule : Macron et Lecornu accusés de déni alors qu'une patiente meurt à l'hôpital

Épisode 30 · 2026-04-27

Mali : le sang et les larmes

Sur le même sujet