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JusticeÉpisode 65/90

Violences sexuelles sur mineurs : 75% des affaires sans investigation, un rapport accable la justice

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-11
Illustration: Violences sexuelles sur mineurs : 75% des affaires sans investigation, un rapport accable la justice
© Illustration Le Dossier (IA)

Les chiffres qui accablent

Soixante-quinze pour cent. Ce n'est pas un taux d'échec. C'est une abstention. Selon le rapport relayé par 20 Minutes, dans les trois quarts des affaires de violences sexuelles impliquant des mineurs, aucun acte d'investigation n'est mené. Pas de perquisition. Pas d'audition approfondie. Pas de confrontation. Rien.

L'analyse confirme : il s'agit d'une carence systémique. Les faits divers, les plaintes, les signalements — tout s'arrête au stade du classement sans suite. Les chiffres donnent le vertige.

En France, 4,8 millions de personnes sont considérées comme riches en revenus (source : inegalites.fr). Mais ce n'est pas la seule statistique qui frappe. L'absence d'enquête concerne des enfants. Des enfants qui, pour beaucoup, portent seuls le poids d'une agression, d'un viol, d'un harcèlement.

« Il n’y a aucun acte d’investigation dans les trois quarts des affaires », résume le rapport. Une phrase laconique. Un gouffre.

Une justice aux abonnés absents

Comment expliquer une telle carence ? Le rapport ne se contente pas de décrire. Il pointe des dysfonctionnements structurels.

La loi n° 2018-703 du 3 août 2018 a renforcé la lutte contre les violences sexuelles, notamment en matière de protection des mineurs. Huit ans plus tard, le résultat est amer. Les procédures s'enlisent. Les moyens manquent. Les juges d'instruction croulent sous les dossiers.

Les agressions sexuelles représentent 45 % des faits signalés, les viols 34 %, le reste relevant du harcèlement ou de l'exhibition (source : ladepeche.fr). Pourtant, dans la majorité des cas, aucune investigation n'est ouverte. Pourquoi ?

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Certaines catégories de victimes sont particulièrement invisibles. Les instituts médico-éducatifs sont surreprésentés dans les affaires d'agressions sexuelles commises sur mineurs (source : web vérifiée). Des lieux censés protéger deviennent des pièges. Et la justice, quand elle est saisie, ne suit pas.

Le poids des affaires emblématiques

Derrière ces chiffres, des noms. Des scandales étalés dans la presse. L'affaire Bétharram — ces violences sexuelles dans l'enseignement catholique — a secoué l'opinion. L'affaire de l'abbé Pierre a révélé des décennies d'abus. Pourtant, ces cas médiatiques ne sont que la face émergée.

Le rapport montre que le quotidien des enfants victimes est fait de silence judiciaire. Pas de procès médiatique. Pas de commission d'enquête. Rien.

Soixante-quinze pour cent. C'est le taux d'affaires qui ne dépassent jamais le stade de la plainte. Une machine à classer.

Les faits sont têtus. Les victimes, elles, témoignent souvent d'un parcours du combattant : dépôt de plainte, attente, absence de nouvelles, puis classement sans suite. Certaines abandonnent avant même d'essayer. D'autres portent seules une enquête officieuse.

L'urgence d'une réforme

Le rapport ne nomme pas de responsables individuels. Il décrit un système. Un système qui produit 75 % d'impunité.

Des voix s'élèvent. Des associations réclament une refonte des procédures pénales pour les mineurs. La mise en place de brigades spécialisées. Un vrai suivi psychologique. Mais les annonces politiques restent floues.

En 2018, la loi a allongé les délais de prescription pour les violences sexuelles sur mineurs. Insuffisant. Les plaintes arrivent, mais les enquêtes n'avancent pas. Les moyens humains et financiers manquent cruellement.

Voilà où ça se complique. Le rapport pointe aussi un problème de formation. Les policiers et gendarmes ne sont pas toujours outillés pour recueillir la parole des enfants. Les auditions bâclées deviennent des non-lieux. Les dossiers s'empilent.

Trente-cinq pour cent des personnes riches vivent en région parisienne (source : ladepeche.fr). Mais la justice, elle, est inégalement répartie. Les déserts judiciaires existent. Les enfants des zones rurales sont encore plus isolés.

Une assignation collective

Les conséquences sont immenses. Chaque affaire non instruite est une victime laissée sans reconnaissance. Sans réparation. Parfois sans nom.

Le rapport — cité par 20 Minutes — a une portée nationale. Il interroge la capacité de l'État à protéger ses mineurs. Les trois quarts. Un chiffre qui doit faire réfléchir.

L'affaire a déjà fait l'objet d'articles précédents du Dossier, dans le cadre des violences sexuelles à Paris, à l'école Saint-Dominique, ou encore de l'affaire Joël Le Scouarnec. Le système qui laisse faire est le même.

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Le législateur peut-il agir ? Oui. Mais il faut des actes. L'Assemblée nationale a déjà examiné des propositions sur la prescription. Des commissions se sont réunies. Les résultats sont maigres.

Pendant ce temps, les enfants grandissent. Certains deviennent adultes avec une cicatrice judiciaire jamais refermée. Les trois quarts des affaires sans investigation — c'est le cadavre dans le placard de la justice française.

Sources :

  • 20 Minutes (article citant le rapport)
  • lespetitsinvincibles.org (données sur 1,7 à 2 millions d'enfants victimes)
  • inegalites.fr (statistiques sur la richesse et le patrimoine)
  • ladepeche.fr (répartition des types de violences et localisation des riches)
  • Loi n° 2018-703 du 3 août 2018 (renforcement de la lutte contre les violences sexuelles)

📰Source :youtube.com

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