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SociétéÉpisode 60/39

Enfance en danger : 4800 condamnés écartés, mais des failles institutionnelles persistent

Par la rédaction de Le Dossier · 6 JUIN 2026
Illustration: Enfance en danger : 4800 condamnés écartés, mais des failles institutionnelles persistent
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Novembre 2024 – Mai 2025 : une plainte, des faits, rien

Une affaire, une seule, résume tout. Des plaintes pour violences sexuelles arrivent dès novembre 2024. En mai 2025, une plainte très grave vise des faits de viol.
L’accusé est suspendu. Puis réintégré.
Pire : un document de conseil d’école le mentionne comme responsable du centre de loisirs pour tout le mois d’août.
« Il y a eu des plaintes depuis novembre 2024, quand mai 2025 il y avait une plainte très grave pour violences sexuelles contre des personnes spécifiques, que le rêve avait été suspendu mais qu’ensuite il avait été […] réétabli pour prendre la direction du centre de loisir pendant l’été », relate l’interviewé.

Où est la protection ? — Les institutions concernées (mairie du 7e arrondissement, CASP, DASCO) étaient informées. Selon le transcript, elles se sont renvoyé la responsabilité.
« On voit des institutions qui se renvoient la balle et la responsabilité : c’est pas nous, c’est la mairie centrale, c’est pas nous, c’est la mairie d’arrondissement », décrit la source.
Un terme atroce a filtré des services : « signalements pour comportement inappropriés ».


4800 personnes écartées… après coup

Le 1er octobre dernier, une opération de contrôle des antécédents judiciaires a eu lieu dans la protection de l’enfance et la petite enfance. Résultat : 4800 personnes condamnées ou inscrites au FIJAIS — fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.
« 4800 personnes qui sont des personnes qui sont condamnées, qui n’ont pas à être au côté des enfants », insiste l’interviewé.

Voilà où ça se complique.
Ce contrôle n'était pas généralisé ; il variait selon l'employeur et la tranche horaire.
D'où le projet de loi présenté cette semaine au Conseil des ministres : généraliser le contrôle via un certificat d'honorabilité. Hier, l'Assemblée nationale a voté la « liste noire » — une interdiction d'exercice pour les condamnés.
« On a la capacité aujourd'hui à minima d'éloigner des gens dont on connaît potentiellement la dangerosité parce qu'il y a des procédures qui sont en cours », justifie la source.

Mais le mal est fait. Les agresseurs « bougent, changent de département, changent d'employeur », alerte-t-il.


Les chiffres qui tuent la confiance

160 000 enfants victimes chaque année.
3 % de condamnations.
70 % de classements sans suite.
La contradiction est brutale : on dit aux enfants « il faut parler », mais dans 7 cas sur 10, leur parole sera jetée.
« Un enfant qui révèle des violences, qui perçoit dans la réaction sociale qu'on ne le croit pas et qui fait l'expérience que sa parole ne conduit pas à ce qu'il soit protégé, et bien cet enfant perd confiance dans le monde des adultes », déclare l'interviewé.

Les profils des agresseurs ? Connus. 97 % sont des hommes. 70 % d'entre eux ont été eux-mêmes victimes de violences dans leur enfance.
« Plusieurs milliers sont des jeunes mineurs et donc des enfants qui sont dits non discernants », précise la source.
Un cercle vicieux — la prévention peine à le briser.


Réseaux sociaux et pornographie : l'exposition massive

Deuxième front : le numérique. Sur Snapchat, 80 % du contenu est sexuellement explicite.
41 % des garçons ayant regardé du porno ont reproduit des comportements dans leurs relations affectives et sexuelles.
Les plateformes créent une addiction. Des enfants de 6 mois exposés 8 heures par jour aux écrans présentent des retards de développement et des atrophies cérébrales — visibles au scanner.
« 77 % des parents français se disent dépourvus face au numérique », selon un sondage cité dans le transcript.


Éducation et prévention : les chantiers qui attendent

Le haut-commissaire pousse pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs.
Mais les professionnels de terrain manquent : « Un éducateur seul ne peut pas apporter la réponse entière », concède l'interviewé.
Il évoque la nécessité de former les professionnels à recueillir la parole des enfants.
« Quand un enfant parle, il faut le croire, il faut le protéger avant même la réponse judiciaire. »
Un principe de précaution qui, dans les faits, n'est pas encore appliqué.


L'impunité structurelle

Le système judiciaire ? Un filtre dramatique.
70 % de classements sans suite. 3 % de condamnations.
Pour le haut-commissaire, il faut « continuer à se doter de professionnels qui permettent de matérialiser la preuve » — unités d'accueil d'enfants victimes (pédiatres légistes), gendarmes formés.
Mais une fois l'agresseur en prison, qu'advient-il de l'enfant ?
« Où est-ce qu'il vit ? Dans quelles conditions ? Comment il est accompagné ? » interroge la source.
La réponse est rarement à la hauteur.

Un enfant placé à Marseille, dans un foyer appelé PEPS, dort dans une pièce sans meuble, sans peinture, sans réconfort.
« C'est la négation de l'enfant placé », dénonce un intervenant dans le transcript.
20 000 enfants sont concernés.


Les sources

  • YouTube – interview transcript (vidéo : lien ci-dessus)

📰Source :youtube.com

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