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PolitiqueÉpisode 62/46

Affaire Liana : le gouvernement sous pression, la loi intégrale en suspens

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-16
Illustration: Affaire Liana : le gouvernement sous pression, la loi intégrale en suspens
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Une réunion sous tension

Sébastien Lecornu a reçu les députés hier. L'objectif ? Lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, confirme la réunion. Il parle d'une « véritable révolution culturelle, sociétale » à mettre en place.

Le ton du Premier ministre était réservé. Panifous rapporte ses mots : « finalement c'est pas cette loi qui aurait permis d'éviter le drame de la jeune Liana ». Une phrase qui a glacé les défenseurs du texte.

Emmanuel Macron, lui, n'a pas encore tranché. La session extraordinaire de septembre ? « C'est lui qui peut le faire », rappelle Panifous. Le président hésite.

La réponse du gouvernement était claire : oui, il y aura une réponse intégrale. Mais quel vecteur ? La proposition de loi transpartisane ? Ou le projet de loi sur la protection de l'enfance, déjà déposé au Conseil des ministres ?

La crainte d'une « vente à la découpe »

Le gouvernement veut amender son propre texte. Il pourrait être complété par les députés. Mais les critiques fusent. On parle d'une « vente à la découpe » de la loi intégrale. Panifous entend cette crainte. Il la comprend.

« Ce que le premier ministre a dit aux députés, c'est nous allons apporter une réponse intégrale », explique-t-il. Mais il faut d'abord se mettre d'accord sur le fond. Et attendre les réponses des enquêtes.

Trois enquêtes sont en cours sur le drame de Liana. Le Conseil d'État doit aussi rendre un avis sur le texte dit « loi intégrale ». Ensuite, la forme viendra après.

Le Premier ministre n'exclut pas une loi supplémentaire à l'automne. Mais il veut faire les choses dans l'ordre. D'abord le fond, ensuite la forme.

Macron : « On ne répond pas à un drame par des cris »

Emmanuel Macron a reconnu un dysfonctionnement de la justice. Mais ses mots ont choqué. Lors d'un récent Conseil des ministres, il a déclaré : « On ne répond pas à un drame par des cris. »

Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a réagi. « On a le droit d'être en colère quand on fait de la politique, il faut être à l'écoute de la société », a-t-elle dit.

Panifous esquive. « Je sais pas ce que veut dire madame Braun-Pivet », répond-il. Puis il ajoute : « Quand on fait de la politique, il faut rester connecté aux Français. »

Le drame de Liana touche tout le monde, selon lui. Mais il faut « avoir le cœur chaud et le sang froid ». La réponse à apporter est une « révolution culturelle et sociétale ». Elle touche l'éducation nationale, la formation. Elle est polymorphe.

Darmanin sous pression

Gérald Darmanin est la cible des oppositions. Elles demandent sa démission. La justice a dysfonctionné. Celui qui est à sa tête est-il politiquement responsable ?

Panifous défend le ministre de la Justice. « Je pense pas que la nature de monsieur Darmanin soit de se cacher derrière son petit doigt », dit-il. Il le décrit comme un « homme politique solide, responsable ».

Le mettre seul responsable ? « Je pense que c'est une erreur », tranche Panifous. Il faut prendre de la hauteur. Darmanin sera utile dans les réponses à apporter. Sa connaissance et son expertise — il a été ministre de l'Intérieur — enrichiront le débat.

Un rapport d'inspection lancé par Darmanin doit rendre ses conclusions vendredi. Panifous ne se prononce pas sur une éventuelle commission d'enquête parlementaire. « C'est la responsabilité des parlementaires », dit-il.

Le projet de loi protection de l'enfance : le 15 juillet

Le projet de loi sur la protection de l'enfance arrive à l'Assemblée le 15 juillet. Panifous le confirme. Ce texte était déjà sur la table avant l'affaire Liana. « C'est la preuve que le gouvernement se saisit de cette problématique », assure-t-il.

Mais ce texte ne traite qu'une partie de la problématique. Pas tout. Pas de manière intégrale. Il faudra le compléter.

Le Premier ministre a donné rendez-vous après les conclusions du Conseil d'État. Tous les députés qui ont écrit le texte transpartisan seront invités. Tous les ministres aussi. Pour débattre de l'intégralité de la réponse.

Fin de vie : le 15 juillet aussi

Le texte sur la fin de vie doit repartir au Sénat. Puis lecture définitive à l'Assemblée nationale le 15 juillet. Panifous maintient : « Cette loi sera votée le 15 juillet. »

Il salue le travail de la commission. Elle a retiré ce qu'il appelle « la pénalisation du texte » — les deux délits d'entrave et d'incitation. « Source d'apaisement », selon lui.

Après quatre ans de travaux, il veut une décision définitive. « Enfin », dit-il.

Budget : 49.3 ou ordonnances ?

Le budget se profile avec les mêmes difficultés que l'an passé. Pas de majorité. Les socialistes ? Panifous évoque « l'intelligence collective ». Il faut trouver un compromis.

Yaël Braun-Pivet et François Hollande demandent le recours au 49.3. Panifous n'exclut rien. « C'est le premier ministre qui décidera », dit-il.

Les ordonnances aussi sont sur la table. « Ça fait partie des outils », reconnaît Panifous. La loi spéciale, elle, est écartée. « Elle ne nous permettrait pas de répondre à toutes les crises », explique-t-il.

Agora : l'application citoyenne

Ce matin, le gouvernement lance l'application Agora. Les Français peuvent poser des questions aux ministres. Chaque semaine, la question la plus votée recevra une réponse en vidéo.

Cosmétique ? Panifous s'insurge. « Pas du tout », dit-il. L'objectif est de « recréer du lien entre le citoyen et le politique ». Un lien « un petit peu brisé ».

L'application existait déjà en 2023. Pourquoi a-t-elle été arrêtée ? « Je ne sais pas », répond Panifous. Mais aujourd'hui, il est « content » de l'annoncer.

Le compte à rebours

Le 15 juillet approche. Le projet de loi protection de l'enfance sera débattu. La loi intégrale, elle, reste en suspens. Le gouvernement promet une réponse intégrale. Mais la forme n'est pas arrêtée.

Les oppositions montent au créneau. Darmanin est sous pression. Braun-Pivet critique Macron. Lecornu temporise.

La suite est édifiante. Les conclusions du rapport d'inspection sont attendues vendredi. L'avis du Conseil d'État aussi. Ensuite, le gouvernement devra choisir : session extraordinaire en septembre, ou intégration dans le texte existant ?

Une chose est sûre : le drame de Liana a ouvert une brèche. La question des violences sexuelles et sexistes est au cœur du débat politique. Le gouvernement avance en terrain miné.

À suivre.

Sources : Propos de Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron (Conseil des ministres), Yaël Braun-Pivet, Laurent Panifous. Rapport d'inspection de Gérald Darmanin. Projet de loi protection de l'enfance. Proposition de loi dite « loi intégrale ». Avis attendu du Conseil d'État.

📰Source :youtube.com

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