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SociétéÉpisode 24/8

Violences sexuelles : les enquêtes internes protègent les entreprises, pas les victimes

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-06
Illustration: Violences sexuelles : les enquêtes internes protègent les entreprises, pas les victimes
© Illustration Le Dossier (IA)

Octobre 2019. Victoire signe son contrat dans une PME agroalimentaire. Elle ignore encore qu'elle va vivre dix-huit mois d'enfer.

"Tu me fais bander" : le calvaire ordinaire

Les premiers mois ? Normaux. Puis son N+1 commence. D'abord des sous-entendus. Ensuite, carrément : « Tu as quoi comme culotte ? », « J'adore ta robe, tu me fais bander ». Tous les jours. Pendant des mois.

Août 2021. Elle en parle à des collègues. Trois jours plus tard, direction le bureau du DG. Son conseil ? « Faites-vous arrêter. Portez plainte. » Le harceleur est mis à pied. Enquête interne. Licenciement.

Fin de l'histoire ? Loin de là.

La comédie des enquêtes maison

Depuis quinze ans, les entreprises brandissent leurs « enquêtes internes » comme preuve de bonne volonté. La vérité ? Un écran de fumée.

— Indépendance ? Zéro.
— Cadre légal ? Flou.
— Enquêteurs ? Payés par l'entreprise.

Résultat : 87% des victimes jugent ces procédures inefficaces (source : Mediapart). Les sociétés se lavent les mains. Les victimes trinquent.

Victoire, et après ?

Son cas est typique. La direction a suivi le protocole — mise à pied, enquête, licenciement. Mais à quel prix ?

  • Aucun suivi psychologique
  • Aucune excuse publique
  • Aucune réparation

Et pourtant. La loi oblige les entreprises à prévenir les violences sexuelles depuis 2018. Dans les faits ? Elles transforment les enquêtes en outil de communication.

Le mirage de l'auto-régulation

Ces enquêtes ont trois défauts majeurs :

  1. Elles enterrent l'affaire. Dossier classé, image préservée.
  2. Elles isolent la victime. Comme Victoire, renvoyée à sa « plainte personnelle ».
  3. Elles créent l'illusion d'agir. Licencier un salarié coûte moins cher qu'une vraie politique de prévention.

Un exemple ? En 2025, seulement 12% des entreprises sanctionnées pour harcèlement avaient formé leurs managers (Dares).

Ce qui doit changer

Trois urgences :

  1. Enquêtes externalisées — confiées à des cabinets indépendants
  2. Sanctions réelles — amendes proportionnelles au chiffre d'affaires
  3. Transparence — publication anonymisée des conclusions

Le système actuel ne marche pas. Victoire en est la preuve vivante. Combien d'autres avant que ça bouge ?

Sources

  • Mediapart
  • Témoignage de Victoire

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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