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Mort de Liana : le gouvernement dégaine des mesures, l'opposition étrille un 'système' à bout de souffle

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-13
Illustration: Mort de Liana : le gouvernement dégaine des mesures, l'opposition étrille un 'système' à bout de souffle
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Le choc Liana

L'audition était prévue de longue date. L'actualité l'a rattrapée — violemment.

Depuis plusieurs jours, la France est bouleversée par la mort de Liana, 11 ans, dans le Gers. "Nous avons une responsabilité et cette responsabilité est immense, celle de regarder les faits en face, de comprendre et d'agir", a déclaré Aurore Berger en ouverture.

Pas question pour elle de commenter une enquête en cours. Mais impossible de faire comme si rien ne s'était passé. "Ce drame ne surgit pas dans un vide", a-t-elle reconnu. Il intervient au moment où le pays débat de la protection de l'enfance, de l'accès à la justice, de la capacité des institutions à détecter et empêcher les passages à l'acte.

Un constat partagé, ça, au moins, sur toutes les bancs.

Derrière les mots, les chiffres donnent le vertige. En 2025, les forces de l'ordre ont enregistré 132 300 victimes de violences sexuelles — soit une hausse de 8 % en un an, selon les données présentées par la présidente de la délégation, Véronique Rioton. Une femme subit un viol toutes les deux minutes. Seules 7 % des victimes portent plainte.

"Derrière les statistiques, il y a des femmes, des filles, des vies brisées", a-t-elle ajouté.

Et pourtant.

Les annonces du gouvernement

Aurore Berger a déroulé une série de mesures. Certaines sont encore en arbitrage. Le Premier ministre a réuni le matin même le garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur, la ministre de la Santé et celui de l'Éducation nationale. Résultat : plusieurs propositions seront transmises au Conseil d'État "d'ici la fin de la semaine" dans le cadre du projet de loi protection de l'enfance, élargi à la lutte contre les violences sexuelles.

Première annonce forte — et emblématique : la perpétuité pour les viols en série commis sur des mineurs. Une réponse pénale maximale.

Deuxième : un délai maximal de trois mois pour les enquêtes sur les crimes contre mineurs. Les victimes, souvent, attendent des années. "On ne peut pas laisser des enfants dans l'incertitude", a insisté la ministre.

Troisième pilier : la généralisation des audiences communes entre le civil et le pénal, expérimentées à Poitiers. Trop souvent, les victimes doivent répéter leur récit devant plusieurs juridictions, subir des décisions contradictoires. L'idée est de coordonner les procédures dès la première instance.

Quatrième mesure : la création d'une "liste noire" pour empêcher qu'une personne exclue du périscolaire ne se retrouve dans l'éducation, l'animation sportive ou toute autre structure accueillant des enfants. Un trou dans la raquette — qui a permis à des agresseurs présumés de rebondir d'un emploi à l'autre.

Cinquième point, plus polémique : la dépénalisation ou la suspension des droits de visite pour les mères qui protègent leurs enfants en refusant de les remettre à un père suspecté de violences sexuelles. "On demande aux familles de protéger, mais quand elles le font, c'est sur elles que le soupçon pèse", a résumé la ministre. Deux options sur la table : soit la dépénalisation de la non-présentation d'enfant pour les mères dites protectrices, soit la suspension automatique des droits de visite durant l'instruction.

Enfin, la collégialité des décisions de classement sans suite — aujourd'hui prises par un seul magistrat du parquet — est soumise au débat. Le gouvernement tranchera d'ici la fin de la semaine.

Ces mesures s'ajoutent au développement des maisons de santé des femmes — 122 opérationnelles d'ici 2026 — et aux centres régionaux de psychotrauma, dont la ministre a promis d'accélérer le déploiement.

Le réquisitoire de l'opposition

Élise Leboucher n'a pas mâché ses mots.

"La mort de Liana est un drame. À lui seul, il incarne des années de manque de protection des enfants et d'abandon des victimes. Ce n'est pas un dysfonctionnement, c'est la marque d'un problème systémique."

Elle a dressé un bilan accablant : depuis l'arrivée d'Aurore Berger au ministère en janvier 2024, 378 féminicides ont été recensés. Les signalements pour violences sexuelles augmentent, les masculinismes montent, les délais de procédure s'allongent. "Les victimes de viol attendent en moyenne 6 ans pour voir leur affaire jugée", a-t-elle asséné.

Puis elle a épinglé les "doubles standards" de l'exécutif.

Pourquoi

📰Source :youtube.com

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Épisode 70 · 2026-06-13

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