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SociétéÉpisode 14/8

Enquêtes internes : un outil manipulé pour protéger les harceleurs

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-06
Illustration: Enquêtes internes : un outil manipulé pour protéger les harceleurs
© Illustration Le Dossier (IA)

Des promesses, des échecs

Depuis quinze ans, les enquêtes internes s’imposent comme la réponse officielle des employeurs face aux violences sexistes et sexuelles. Pourtant, elles servent trop souvent à protéger l’organisation plutôt qu’à reconnaître les faits. Pourquoi ? Absence de cadre strict. Manque d’indépendance. Audrey Guiller et Nolwenn Weiler, journalistes à Mediapart, ont exposé ce dysfonctionnement dans un article publié le 6 avril 2026.

Ces enquêtes devraient identifier et sanctionner les auteurs de violences. En réalité ? Elles deviennent des outils pour protéger les harceleurs. Les victimes, elles, restent dans l’ombre.

Victoire* : un silence brisé, une justice inachevée

Victoire* a été embauchée en octobre 2019 comme secrétaire administrative et comptable dans le secteur agroalimentaire. Dès le début, son supérieur hiérarchique la harcèle. "Tu as quoi comme culotte ?" "J’adore ta robe, tu me fais bander." Ces phrases, elle les entend quotidiennement pendant des mois.

À bout de forces, elle en parle à des collègues en août 2021. Quelques jours plus tard, elle se retrouve dans le bureau du directeur général. Il lui conseille de se faire arrêter. Et de porter plainte. "Le gars a été mis à pied, la direction a mené une enquête interne puis l’a licencié", raconte Victoire. Une victoire ? Pas vraiment.

Les enquêtes internes : un bouclier pour les entreprises

Les enquêtes internes sont censées répondre aux violences sexuelles au travail. En réalité, elles protègent les entreprises. Pourquoi ? Pas de cadre contraignant. Pas de garanties d’indépendance.

Les employeurs privilégient leur réputation. Les enquêtes sont donc souvent biaisées dès le départ. Les victimes ? Leur parole est mise en doute. Leur souffrance, minimisée.

Les médias : des révélateurs, mais pas des sauveurs

Les médias ont joué un rôle clé dans la révélation des violences sexuelles, notamment grâce au mouvement #MeToo. Mediapart, par exemple, a publié plusieurs articles sur des cas emblématiques, comme celui de Victoire*. Mais ils ne peuvent pas tout faire. Pas remplacer une justice indépendante. Ni garantir des enquêtes internes équitables. Pourquoi les entreprises manipulent-elles encore ces enquêtes ? Parce qu’elles le peuvent.

Vers un système transparent ?

Pour que les enquêtes internes soient efficaces, il faut un cadre contraignant. Des garanties d’indépendance. Les entreprises doivent rendre des comptes. Les victimes méritent protection et écoute.

Les médias doivent continuer à jouer leur rôle. Les victimes, à se battre pour leur droit à la dignité. Et pourtant, le constat est là : les enquêtes internes servent souvent à protéger les harceleurs. Les victimes, elles, sont abandonnées. Voilà.

Conclusion : un système à repenser

Les enquêtes internes sur les violences sexuelles au travail sont souvent détournées. Les harceleurs sont protégés. Les victimes, ignorées. Il est temps de revoir ce système. De garantir indépendance et transparence.

Les médias continueront à révéler. Les entreprises devront répondre de leurs actes. Les victimes méritent mieux. Pourquoi les entreprises manipulent-elles encore les enquêtes internes ? Parce que le système le permet. Il est temps de changer cela.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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