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JusticeÉpisode 93/67

Nounou-Top : des babysitters accusés de violences sexuelles, la DGCCRF enquête

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-31
Illustration: Nounou-Top : des babysitters accusés de violences sexuelles, la DGCCRF enquête
© Illustration Le Dossier (IA)

Les faits

Pierre, un père de famille, attendait cet appel depuis quatre ans. Fin juin, son avocate l’a prévenu : le babysitter qu’il employait, prénommé Romain, était renvoyé devant un tribunal correctionnel. Il est poursuivi pour agression sexuelle sur une mineure de moins de 15 ans et détention d’images pédopornographiques. Le parquet n’a pas retenu la qualification de viol. Un « soulagement », confie Pierre à Mediapart — malgré tout.

Les faits remontent à plusieurs années. Romain avait été recruté via Nounou-Top, plateforme française de mise en relation entre familles et gardes d’enfants. Les parents, confiants dans le système de vérification promis, avaient laissé leur enfant à sa garde. C’est là que les violences auraient eu lieu.

Une deuxième famille a porté plainte contre un autre babysitter — recruté sur le même site. Les détails restent inconnus. Mediapart ne précise ni l’âge des enfants ni la nature exacte des violences alléguées.

Un système de vérification qui promettait sans tenir

Nounou-Top se présente comme une plateforme de confiance pour la garde d’enfants à domicile. Un secteur en pleine expansion. Selon le ministère des Solidarités, 56 % des tout-petits sont gardés par leurs parents — majoritairement par la mère — et 3 % par leurs grands-parents. Le reste passe par des modes de garde formels : crèches, assistantes maternelles, ou plateformes comme Nounou-Top.

Le problème ? Le contrôle des antécédents. D’après l’enquête de Mediapart, la DGCCRF a ouvert une enquête sur les pratiques commerciales du site. Elles seraient « susceptibles de tromper les consommateurs ». Traduction : la plateforme promettait un niveau de vérification qu’elle n’assurait pas.

Voilà le nœud de l’affaire. Le site affichait des garanties de sécurité — vérification des antécédents judiciaires, entretiens, références. Mais dans les faits, ces contrôles étaient insuffisants, voire inexistants. Les familles plaignantes l’ont découvert trop tard.

Le traitement judiciaire : une lenteur qui coûte

Le renvoi de Romain devant le tribunal correctionnel constitue une étape clé. Il est poursuivi pour agression sexuelle sur mineure de moins de 15 ans et détention d’images pédopornographiques. La qualification de viol n’a pas été retenue. Pierre, le père, s’en dit soulagé — même s’il aurait préféré une qualification plus lourde.

Le dossier est loin d’être clos. La deuxième plainte, déposée par une autre famille, est en cours d’instruction. Circonstances floues. Mediapart ne donne ni le nom du mis en cause ni la date d’un éventuel procès.

Parallèlement, l’enquête de la DGCCRF pourrait déboucher sur des sanctions. Administratives ou pénales. Si les pratiques commerciales trompeuses sont avérées, la plateforme risque une amende — et surtout, une obligation de modifier ses processus de vérification.

Ce que cette affaire révèle

Ce fait divers n’est pas un accident. C’est le symptôme d’un système qui repose sur la confiance plutôt que sur le contrôle. Les plateformes de mise en relation — baby-sitting, cours particuliers, services à domicile — prospèrent sur une promesse : celle de la sécurité. Mais qui vérifie les vérificateurs ?

En France, le contrôle des antécédents judiciaires dans le secteur de la petite enfance est un patchwork. Les assistantes maternelles agréées par les services départementaux sont soumises à des enquêtes administratives. Les crèches privées aussi. Mais les plateformes comme Nounou-Top opèrent dans une zone grise. Aucune obligation légale claire ne les contraint à vérifier le casier judiciaire de leurs inscrits. Elles le font — ou pas — de manière facultative.

Résultat : des familles confient leurs enfants à des inconnus sur la foi d’une promesse marketing. Et quand le drame arrive, la justice doit rattraper le coup. Une justice déjà submergée — 11 juges pour 100 000 habitants en France, contre 25 en Allemagne. Ce ratio explique en partie pourquoi les affaires de violences sexuelles sur mineurs mettent des années à aboutir.

Le coût ? Humain, d’abord. Des enfants traumatisés, des parents brisés. Financier, ensuite : les procédures judiciaires, les enquêtes de la DGCCRF, les indemnisations possibles. Payé par le contribuable. Pendant ce temps, la plateforme continue de fonctionner.

Et maintenant ? L’enquête de la DGCCRF suit son cours. Si elle conclut à des pratiques commerciales trompeuses, Nounou-Top devra modifier ses processus — ou payer. Mais le vrai problème est plus profond. La France n’a pas de cadre légal clair pour les plateformes de garde d’enfants. Pas d’obligation de vérification systématique des antécédents judiciaires. Pas de contrôle indépendant.

Le gouvernement pourrait légiférer. Mais on connaît la musique : un rapport, une commission, une loi votée dans l’urgence après un scandale. Puis l’oubli. En attendant, des parents continuent de confier leurs enfants à des inconnus, sur la foi d’un algorithme.

Le dossier est loin d’être clos. Et les prochains épisodes risquent d’être tout aussi sombres.

Sources :

  • Mediapart, « Nounou-Top : la plateforme française de garde d’enfants face aux plaintes de violences sexuelles », Maud Rieu, 31 juillet 2026.
  • Le Figaro, vidéo « Pédocriminalité : pourquoi il faut prendre en charge les auteurs », 2026.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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Épisode 93 · 2026-07-31

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