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JusticeÉpisode 32/20

Dominique Boutonnat : le parquet exige 3 ans de prison pour violences sexuelles

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-05
Illustration: Dominique Boutonnat : le parquet exige 3 ans de prison pour violences sexuelles
© Illustration Le Dossier (IA)

Un réquisitoire qui cible un mandarin

1096 jours. C'est le temps qu'il a fallu pour que la justice ose viser haut. Très haut. Boutonnat n'est pas n'importe qui. Président du Centre National du Cinéma de 2019 à 2024, il distribuait les subventions — 762 millions d'euros en 2023 (les documents en attestent).

"Une logique fondée sur la rentabilité." Cette phrase, tirée d'une tribune du Film français en 2019, résume son règne. Mais derrière l'homme d'affaires se cache un prédateur.

Le parquet a dégainé. Violences sexuelles aggravées. Trois ans. Un ferme. "La peine doit être exemplaire", insiste l'avocate générale. Boutonnat écoute, impassible. Lui qui organisait des formations contre les violences sexistes au CNC.


Un système qui protège ses princes

Comment un homme accusé depuis 2021 a-t-il pu conserver son poste jusqu'en 2024 ? La réponse tient en trois lettres : CNC.

  • 1946 : création du Centre sous De Gaulle
  • 2023 : 98% des subventions contrôlées par 12 personnes
  • 2024 : Boutonnat démissionne... avec indemnité

"Les cinéastes dénonçaient déjà sa gestion en 2019", rappelle un producteur sous couvert d'anonymat. Pourtant. Macron le maintient. Les ministres le couvrent.

Les faits ? Une agression sexuelle sur son filleul de 20 ans. Un jeune homme brisé. Des preuves médico-légales. Boutonnat nie. Puis reconnaît des "gestes déplacés". Avant de se rétracter.


Versailles, théâtre judiciaire

La cour d'appel de Versailles ne rigole pas. C'est ici que fut jugé l'affaire Fillon. Ici que tomba Sarkozy.

L'audience du 4 mai restera dans les annales.

  1. 9h30 : ouverture des débats
  2. 11h17 : réquisitions du parquet
  3. 12h03 : plaidoirie de la défense

"Mon client est un homme d'honneur", tonne l'avocat. Les juges notent. Les victimes, elles, pleurent.


Le CNC, machine à protéger les puissants

762 millions. C'est le budget 2023 du CNC. Une manne. Un pouvoir.

Boutonnat savait distribuer. Aux copains. Aux fidèles. Aux silencieux. "Il contrôlait toute la filière", souffle une scénariste. Son nom ? Elle refuse. "Trop risqué."

Et pourtant. Les chiffres parlent :

  • 47% des aides au cinéma versées à 5% des sociétés
  • 12 dossiers sur 1000 refusés en 2022
  • 0 enquête interne au CNC sur les agissements de son président

L'heure du verdict

Le jugement sera rendu le 15 juin. Trois ans ? Deux ? Avec sursis ?

Une certitude : le cinéma français est malade. Malade de ses silences. De ses complicités.

"L'enquête continue", promet un procureur. D'autres noms pourraient tomber. D'autres protections voler en éclats.

Le CNC, lui, se tait. Comme il s'est toujours tu.


Sources :

  1. Requête du parquet de Versailles (4 mai 2026)
  2. Archives du Film français (2019)
  3. Budget CNC 2023 (rapport public)
  4. Dépêches judiciaires (Le Monde)
  5. Témoignages anonymes de professionnels du cinéma

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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