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SociétéÉpisode 25/12

France Télévisions : le silence des victimes de violences sexuelles acheté 50 000 €

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-22
Illustration: France Télévisions : le silence des victimes de violences sexuelles acheté 50 000 €
© YouTube

Le début d'un scandale étouffé

9 décembre 2009. Sur le plateau de Ce soir ou jamais, une employée — Madame J — subit une agression sexuelle. Enceinte de six mois, elle dénonce les faits. Sa plainte ? Jamais entendue. Pire : licenciée du jour au lendemain. Une femme dynamique, sérieuse, professionnelle. Licenciée. Pourquoi ? Pour éviter les vagues.

"Elle a été licenciée parce qu'elle avait dénoncé une agression sexuelle", témoigne Jacques Cardoze, ancien présentateur de Complément d'Enquête. Une accusation grave, sous serment. Et pourtant. Les responsables de cette décision ? Toujours en poste. Certains ont même grimpé les échelons.

Le prix du silence

  1. Un an après l'agression, France Télévisions signe un protocole avec Madame J. Une indemnité de 50 000 € — et une clause de confidentialité. Le groupe achète son silence. Une pratique courante. "Les clauses de confidentialité sont systématiques", reconnaît un responsable. Systématiques. Ce n'est pas une erreur. C'est un système.

Roch-Olivier Maistre, alors secrétaire général, paraphe ce protocole. Aujourd'hui, il préside l'ARCOM. "Il a reconnu avoir signé l'accord", révèle un membre de la commission d'enquête. Mais il nie connaître les faits d'agression. Une version difficile à croire.

Les mêmes visages, toujours là

Les responsables de cette affaire ? Toujours en poste. Certains ont même été promus. "Ceux qui ont licencié Madame J pour éviter les vagues continuent à exercer des responsabilités importantes", dénonce Jacques Cardoze. Une situation insupportable. Et pourtant, elle perdure.

Madame J, elle, veut parler. Elle a transmis tous les éléments des discussions avec la direction. Le protocole. Les preuves écrites. Elle est prête à témoigner. Une décision courageuse, après des années de silence imposé.

Ernotte réagit — enfin

Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, réagit enfin. "Je demande les éléments pour ouvrir une enquête, même 16 ou 17 ans après", déclare-t-elle. Une réponse tardive, mais nécessaire. L'affaire est trop grave pour rester sans suite.

Jacques Cardoze accuse le groupe d'avoir systématiquement acheté le silence des victimes. "Il vaut mieux parfois partir avec un beau chèque après avoir eu une affaire qui a fait les gros titres", dénonce-t-il. Des accusations graves, sous serment. Et pourtant, ces pratiques semblent toujours d'actualité.

La justice saisie ?

La commission d'enquête prévoit de saisir le procureur via un article 40. Une procédure rare, réservée aux affaires les plus graves. "Je transmettrai ces éléments graves au procureur", confirme un membre de la commission. Les preuves sont là. Les témoins prêts à parler. La justice doit faire son travail.

Cette affaire révèle un système rodé chez France Télévisions. Un système qui achète le silence des victimes. Un système qui protège les responsables. Un système à démanteler. Les victimes méritent justice. Les coupables doivent être sanctionnés. Le dossier ? Loin d'être clos.

📰Source :youtube.com

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