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EnvironnementÉpisode 8/9

EXCLUSIF : La France détourne le livret A pour financer le nucléaire

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-28
Illustration: EXCLUSIF : La France détourne le livret A pour financer le nucléaire
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Le scandale du financement

Le livret A, ce produit d'épargne populaire censé financer le logement social, est devenu la caisse noire du nucléaire français. 72 milliards d'euros. C'est le coût estimé du programme EPR2, une série de nouveaux réacteurs nucléaires. Et 60% de cette somme proviendra directement du livret A.

"Une dérive systématique des calendriers et des coûts", selon la Cour des comptes. Les documents en attestent : le gouvernement a choisi ce mécanisme pour contourner les contraintes budgétaires. Résultat ? Le logement social, lui, se retrouve à court de financements.

L'affaire commence ici. En 2024, le gouvernement annonce son intention de financer le nucléaire via le livret A. Un détournement d'usage flagrant. Pourtant, aucun débat public, aucun vote au Parlement. Le décret est signé en catimini.

Les dérives de l'EPR2

Retenez ce détail : le réacteur EPR de Flamanville devait coûter 3,3 milliards d'euros. Coût final : 19 milliards. Un dépassement de 476%. Et le chantier a pris 12 ans de retard.

Pourquoi ? La Cour des comptes pointe "une absence de devis abouti et de plan de financement". Pire : les nouveaux réacteurs EPR2 présentent déjà des retards de conception. Malgré cela, le gouvernement persiste.

Le programme EPR2 vise à construire six nouveaux réacteurs, avec huit supplémentaires en option. Un objectif ambitieux — mais irréaliste selon les experts. Le scénario le plus optimiste de RTE, le gestionnaire du réseau électrique, prévoit seulement 340 TWh de production nucléaire en 2050. Le gouvernement, lui, promet 380 à 420 TWh dès 2030.

Les énergies renouvelables sacrifiées

"La PPE prévoit une clause de revoyure en 2027 pour ajuster les objectifs de production", explique Roland Lescure, ministre de l'Énergie. Une manière de reporter les décisions difficiles.

Dans le même temps, les énergies renouvelables sont reléguées au second plan. Les appels d'offre pour l'éolien et le solaire connaissent des retards importants. Total énergie abandonne même des projets éoliens sous pression politique, pour se concentrer sur les hydrocarbures.

Les chiffres sont éloquents : la France dépend encore à 60% des énergies fossiles pour sa consommation énergétique. Et malgré les promesses, l'électrification des transports patine. En 2028, les poids lourds électriques ne représenteront que 5,6% du transport routier.

Les critiques s'accumulent

"Le gouvernement engage la France sur une programmation énergétique de 10 ans sans vote du Parlement", dénonce Éric Coquerel, président de la commission des finances. Une illégalité manifeste selon lui.

La Commission européenne a ouvert une enquête sur les aides d'État au nucléaire français. Les subventions directes et indirectes pourraient violer les règles de concurrence. Une menace de plus pour un programme déjà fragilisé.

Et les territoires montent au créneau. "La fiscalité autour des centrales nucléaires n'est pas juste", s'insurge Marie Agnès Pivasbac, députée. Les collectivités locales réclament une meilleure répartition des recettes fiscales.

Conclusion : un système à bout de souffle

La France joue son avenir énergétique sur un pari risqué. Le nucléaire, présenté comme la solution miracle, montre ses limites. Les dérives financières, les retards chroniques, le manque de transparence — tout cela mine la crédibilité du programme.

Pendant ce temps, les énergies renouvelables sont sacrifiées sur l'autel du nucléaire. Et les citoyens payent la note. Le livret A, outil de solidarité nationale, est détourné pour financer un système à bout de souffle.

La transition énergétique ne peut se faire au détriment de la démocratie et de la justice sociale. Il est temps de repenser le modèle français — avant qu'il ne soit trop tard. quality_score: 63.4 editorial_score: 90 poll_question: "La PPE3 est-elle trop ambitieuse sur les ENR d'ici 2030 ?" poll_option_a: "Oui, irréaliste" poll_option_b: "Non, nécessaire" quiz_questions:

  • question: "Quelle institution a publié un rapport critique sur les ENR en mars 2024 ?" options:
    • "Cour des comptes"
    • "RTE"
    • "DGEC"
    • "ADEME" correctIndex: 0 explanation: "La Cour des comptes a rendu un rapport sur le soutien aux énergies renouvelables le 18 mars 2024"
  • question: "Quel document fixe la trajectoire énergétique française ?" options:
    • "Loi Climat"
    • "PPE3"
    • "SNBC"
    • "Accord de Paris" correctIndex: 1 explanation: "La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE3) détermine les objectifs énergétiques nationaux"
  • question: "Quel opérateur a produit des scénarios électriques en 2022 ?" options:
    • "Enedis"
    • "GRDF"
    • "RTE"
    • "CRE" correctIndex: 2 explanation: "RTE a publié ses scénarios de production d'électricité en 2022" imageUrl: "https://img.youtube.com/vi/DwKp-8WAXu8/maxresdefault.jpg" imageCredit: "YouTube" dossier_id: "crise-energetique-france-gaz-russe" dossier_name: "Crise énergétique en France : quand la facture devient insoutenable" episode: 8

Sources :

  • Rapport de la Cour des comptes sur le soutien aux ENR (18 mars 2024)
  • Scénarios de production d'électricité de RTE (2022)
  • Plan d'électrification national
  • Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE3)

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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