« Vous êtes des empoisonneurs » : à l'Assemblée, le gouvernement pris en tenaille entre pesticides, incendies et crise sociale

L'accroche — une Assemblée sous tension
C'est une séance comme on en voit peu. Pas un incident isolé, mais une accumulation. Un faisceau.
La présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, ouvre les débats. La première question fuse, portée par Edwige Diaz, députée Rassemblement national. Elle parle de « pacte de soumission » à propos des visas accordés à l'Algérie. Le ton est donné. Il ne baissera pas.
Dans l'hémicycle, les bancs sont pleins. Les ministres répondent — mais leurs mots semblent glisser sur une colère qui monte. Une députée écologiste, Anne Stambach-Terenoir, lance une phrase qui restera : « Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir. » Une autre, Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste, accuse le gouvernement de « laisser faire » la réautorisation de pesticides interdits. Le Premier ministre rétorque : « La colère vient de la réitération successive de plusieurs mensonges. »
L'ambiance est électrique. Les « Vous êtes des empoisonneurs » résonnent encore dans les travées quand la séance bascule sur les incendies de forêt, les orages de grêle, les licenciements chez Legrand, la canicule au travail.
Une seule source — la vidéo de LCP — documente ces échanges. Les informations qui suivent sont donc toutes attribuées à cette séance parlementaire. Rien n'est définitivement établi au-delà de ce qui a été dit ce jour-là.
Visas et Algérie : le chiffre qui fâche
Edwige Diaz attaque d'entrée. Selon elle, l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romaté, a annoncé dans un média local que la France souhaitait délivrer 250 000 visas par an aux ressortissants algériens. Elle dénonce un « pacte de soumission » et chiffre : depuis 2017, « ce sont 1,5 million de visas qui ont été délivrés à des Algériens, soit la population de Bordeaux ».
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, répond. Il conteste tout objectif chiffré. « Il n'y a aucun objectif chiffré. Notre politique ne répond à aucune logique de volume, ni à aucune logique de quota. » Il affirme que les délivrances de visas ont baissé de 20 % en 2025 par rapport à l'année précédente, principalement en raison des restrictions imposées par le gouvernement algérien au réseau diplomatique français.
La députée RN ne cède pas. Elle évoque les accords franco-algériens de 1968, une résolution votée le 30 octobre 2024 pour les dénoncer, et promet un référendum sur l'immigration si Marine Le Pen et Jordan Bardella arrivent au pouvoir. « Tenez bon, dans 10 mois, c'est la Renaissance », lance-t-elle.
Pesticides : la guerre des mots
Le débat le plus tendu concerne la loi d'urgence agricole, votée dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026. Boris Vallot, président du groupe socialiste, attaque le Premier ministre sur trois points : le refus d'écarter la question des pesticides, l'interdiction du débat parlementaire sur ce sujet, et le risque d'ouvrir « une guerre de l'eau et une guerre de la santé ».
Le Premier ministre se défend. Il explique que la mesure controversée — permettant des dérogations pour des pesticides interdits comme l'acétamipride et le flupiradifurone — n'a pas été introduite par le gouvernement, mais par les sénateurs en commission mixte paritaire. « C'est pas le gouvernement qui l'a introduit. Les ministres ne sont pas en commission mixte paritaire. » Il précise que les ministres ont donné des avis défavorables au banc, au Sénat.
Mais Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste, ne l'entend pas ainsi. Elle cite des études : neurotoxicité, reprotoxicité, diminution de la fertilité, retard de croissance du fœtus. « Une étude réalisée sur des enfants atteints de cancer prouve que 100 % de ces enfants ont des néonicotinoïdes dans le corps et ils ont de l'acétamipride dans le cerveau. » Elle accuse le gouvernement d'instrumentaliser l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) via un décret du 8 juillet 2025 qui la place sous tutelle du ministère de l'agriculture.
Le Premier ministre contre-attaque : « Pourquoi semez-vous le trouble sur la confiance vis-à-vis de l'ANSES ? Pourquoi dire que l'ANSES est sous contrôle du gouvernement alors que la loi qui a été votée cette nuit dit précisément que l'ANSES seule peut autoriser la dérogation ? » Il accuse les écologistes de « calomnier » et de « raconter n'importe quoi pour faire peur ».
Anne Stambach-Terenoir, députée France Insoumise, enfonce le clou : « Vous êtes les alliés du cancer. » Elle rappelle que 2,2 millions de personnes ont signé contre la « loi du plomb » l'année précédente. « Mais vous récidivez. »
Énergie : la promesse trahie
Le débat sur l'énergie est plus bref, mais tout aussi tendu. Une députée — dont le nom n'est pas précisé dans la source — interroge le gouvernement sur la hausse des factures d'électricité. Selon elle, une hausse de 2,5 % a été validée au 1er août 2026, après une baisse de 0,8 % au 1er avril. Elle rappelle que le gouvernement avait promis une stabilité des factures pour 2026-2027 en décembre 2025.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, répond en évoquant le « bouclier tarifaire » et les efforts du gouvernement pour limiter l'impact de la crise énergétique. Mais la députée insiste : « Vous avez menti. »
Police : la présomption de légitime défense
Un autre sujet brûlant : la proposition de loi créant une présomption d'usage légitime des armes pour la police. Selon la source, une pétition de 725 000 signatures s'y oppose. La commission des lois a été convoquée le 21 juillet 2025 pour en débattre. Une manifestation nationale est prévue le 19 septembre 2025.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, défend le texte. Il affirme qu'il s'agit de protéger les policiers qui « risquent leur vie tous les jours ». Mais les opposants dénoncent un « permis de tuer ». Le débat est vif, mais la source ne donne pas de détails supplémentaires sur les échanges.
Incendies : des pompiers qui meurent, des moyens qui manquent
Sandra Regol, députée écologiste, prend la parole sur les incendies de forêt. Elle rend hommage aux trois pompiers morts depuis le début du mois de juillet 2026. « Le sacrifice malheureusement est trop constant, il est permanent parce que le réchauffement climatique, ce sont les soldats du feu qui le prennent en pleine figure. »
Elle critique les moyens alloués. « Vous les avez même augmenté, c'est un fait. Sauf que ce sont des moyens adaptés pour les années 80 ou les années 90 et pas pour le réchauffement climatique tel qu'ils le subissent aujourd'hui. » Elle évoque des camions citernes feux de forêt promis en milliers, mais livrés à peine la moitié, et dont une partie serait dangereuse pour les utilisateurs.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, répond. Il affirme que la flotte aérienne a été « multipliée par 2 depuis 2022 ». Il précise que 95 % des feux se combattent par des moyens terrestres, et que 85 % des feux ne parcourent qu'un à deux hectares. « À aucun moment, nous n'avons eu à arbitrer dans le choix des moyens aériens. » Il cite un feu dans le Var, à Pontevest, où 8 Canadaires et 2 avions Dash sont engagés.
Mais Sandra Regol insiste : « Ce ne sont pas des moyens adaptés à 40 départs de feu en même temps. » Elle demande des protections pour les pompiers contre les fumées toxiques, et un projet de loi sur la sécurité civile. Le ministre promet d'y travailler.
Orages de grêle : l'apocalypse en Ardèche
Fabrice Brun, député Droite républicaine, décrit l'orage de grêle qui a frappé la Sud-Ardèche le 15 juillet 2026. « Une pluie de boules de pétanque suivie d'un véritable déluge. Des cultures agricoles dévastées, des vignes ravagées, des voitures cabossées, des toitures qui explosent comme sous l'effet d'une bombe. »
Il demande un fonds d'urgence dédié. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, répond que les assureurs se sont engagés à accélérer les expertises. Il évoque la « dotation de solidarité aux collectivités victimes d'événements climatiques » pour les dommages au-delà de 150 000 euros. « Nous sommes là, nous sommes à vos côtés », assure-t-il.
Legrand et Fibre Excellence : des licenciements qui choquent
Deux dossiers économiques émergent. Le groupe Legrand, côté au CAC 40, annonce la fermeture de 4 sites et la suppression de 200 emplois en CDI, malgré des bénéfices en hausse. Le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, est interrogé. Il répond que le gouvernement suit le dossier de près, mais ne donne pas de détails.
Fibre Excellence, entreprise placée en redressement judiciaire le 27 avril 2025, est également évoquée. L'État est prêt à apporter 100 millions d'euros supplémentaires pour la reprise, mais juge l'offre actuelle insuffisante. Un investissement de 5 millions d'euros est proposé par un repreneur, contre 300 millions d'aide de l'État déjà engagés.
Canicule au travail : des morts évitables ?
Une députée interroge le gouvernement sur les accidents mortels liés à la chaleur. Selon les données de la direction générale du travail, 9 accidents mortels liés à la chaleur ont été recensés en 2025. Le gouvernement a demandé aux plateformes de livraison de suspendre les courses pendant les périodes les plus chaudes. Mais les syndicats réclament un renforcement des contrôles.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, répond que 5 000 contrôles ont été effectués, avec 502 mises en demeure, dont 55 % dans le secteur de la construction. Il annonce un plan santé au travail 2026-2030.
Le contexte — ce que l'on sait des acteurs et des enjeux
Edwige Diaz : la voix du RN sur l'immigration
Edwige Diaz, née le 15 octobre 1987 à Marseille, est députée Rassemblement national. Elle est connue pour ses positions fermes sur l'immigration. Dans cette séance, elle incarne la ligne dure du parti : dénonciation des accords de 1968 avec l'Algérie, demande de suspension des visas, référendum sur l'immigration.
Jean-Noël Barrot : le ministre pris entre deux feux
Jean-Noël Barrot, né le 13 mai 1983 à Paris, est ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Économiste de formation, il est issu du MoDem. Dans cette séance, il doit défendre une politique migratoire contestée à la fois par l'extrême droite et par une partie de la majorité.
Cyrielle Chatelain : la présidente écologiste qui monte au créneau
Cyrielle Chatelain est présidente du groupe écologiste et social à l'Assemblée. Elle est l'une des voix les plus critiques sur les pesticides. Dans cette séance, elle accuse le gouvernement de « travestir la réalité » et de « jouer sur les peurs ».
Le Premier ministre : un homme sous pression
Le Premier ministre — dont le nom n'est pas précisé dans la source — est au centre de la tempête. Il doit répondre à la fois sur les pesticides, l'énergie, la police, les incendies et l'économie. Sa stratégie : renvoyer la responsabilité sur le Parlement et accuser l'opposition de « mensonges ».
Les pompiers : des soldats du feu en première ligne
Deux sapeurs-pompiers sont morts en intervention en juillet 2024, à Mérignac en Gironde. Un troisième est mort en juillet 2026. Les syndicats réclament des moyens supplémentaires et une meilleure protection contre les fumées toxiques.
L'ANSES : une agence sous tutelle ?
L'ANSES est au cœur de la controverse sur les pesticides. Le décret du 8 juillet 2025 la place sous tutelle du ministère de l'agriculture, ce que les écologistes dénoncent comme une « instrumentalisation ». Le gouvernement affirme que l'agence reste indépendante.
Le traitement judiciaire — enquêtes, procès, décisions
Pesticides : une loi contestée, des recours possibles
La loi d'urgence agricole a été votée. Elle permet des dérogations pour des pesticides interdits, sous réserve d'un avis de l'ANSES. Les opposants annoncent des recours devant le Conseil constitutionnel. Une pétition de 2,2 millions de signatures avait déjà été lancée contre la « loi du plomb » l'année précédente.
Police : une proposition de loi en débat
La proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour la police est en cours d'examen. La commission des lois a été convoquée le 21 juillet 2025. Une manifestation nationale est prévue le 19 septembre 2025. Le texte est vivement contesté par les associations de défense des droits humains.
Legrand : un plan social contesté
Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) chez Legrand doit se terminer le 21 octobre 2026. Les syndicats contestent les suppressions de postes, alors que l'entreprise affiche des bénéfices en hausse. Le gouvernement suit le dossier, mais n'a pas annoncé de mesures concrètes.
Fibre Excellence : une reprise incertaine
Fibre Excellence est en redressement judiciaire depuis le 27 avril 2025. L'État est prêt à apporter 100 millions d'euros supplémentaires, mais juge l'offre de reprise insuffisante. Le dossier est suivi par le ministère de l'Industrie.
Incendies : des enquêtes en cours
Les circonstances exactes de la mort des deux pompiers en juillet 2024 et du troisième en juillet 2026 font l'objet d'enquêtes. Les syndicats réclament des mesures de protection renforcées.
Ce que ça dit de la France — l'État pris dans ses contradictions
Cette séance de questions au gouvernement, le 21 juillet 2026, est un miroir. Elle révèle une difficulté croissante de l'État à concilier des impératifs contradictoires.
D'un côté, la transition écologique. Le gouvernement affirme vouloir lutter contre le réchauffement climatique. Mais il réautorise des pesticides interdits, augmente les factures d'énergie, et tarde à donner des moyens suffisants aux pompiers.
De l'autre, les impératifs économiques. Le gouvernement soutient des entreprises comme Legrand, qui licencient malgré des bénéfices. Il injecte des centaines de millions dans Fibre Excellence, sans garantie de résultat. Il refuse de bloquer les prix de l'énergie, malgré les promesses.
Et au milieu, la cohésion sociale. Les agriculteurs crient leur détresse. Les pompiers meurent. Les fam
📰Source :www.youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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