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PolitiqueÉpisode 11/11

Dissuasion nucléaire : des experts alertent sur une dérive de Macron

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-21
Illustration: Dissuasion nucléaire : des experts alertent sur une dérive de Macron
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À Bakou, un canal parallèle

Selon la presse allemande — citée dans l’émission Choc du Monde de TV Liberté — plusieurs anciens conseillers allemands, dont des proches d’Angela Merkel, ont rencontré à Bakou des intimes du Kremlin. Objectif : envisager une paix en Ukraine.

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a répondu aux questions. « Nous entendons de nombreuses déclarations à ce propos. Nous entendons beaucoup de discussions parmi les dirigeants européens, notamment en Allemagne, mais néanmoins celles-ci ne sont pas traduites dans la politique réelle pour ces pays. » Il n’a pas nié l’existence de ces contacts non officiels. « La Russie continue d’être ouverte au dialogue. »

Roland Lombardi, directeur de la rédaction du Diplomate, invité de l’émission, juge cette initiative « possible », voire « nécessaire ». « Il faut espérer que le réalisme revienne enfin à la tête de nos dirigeants européens. » Il rappelle les constantes géopolitiques : « Pour l'Allemagne, la Russie a toujours été le cœur de sa géopolitique, que ce soit de la Prusse jusqu'à aujourd'hui, en passant par Bismarck, le pacte germano-soviétique. »

Lombardi estime que cette guerre n’a « aucun intérêt vital » pour la France et l’Allemagne. « C’est cynique, mais c’est la réalité. » Il évoque le coût des sanctions pour l’Allemagne, estimé à 150 milliards d’euros par l’AFD — un chiffre de l’opposition, précise-t-il, mais qui exprime une angoisse réelle.

Pendant ce temps, à Bruxelles, la bombe partagée

Emmanuel Macron et Friedrich Merz se sont retrouvés à Bruxelles. Ils ont tenté de surmonter leurs divergences sur le SCAF (système de combat aérien du futur). Dassault n’a pas voulu, rappelle Lombardi.

Emmanuel Macron a proposé d’associer plus étroitement l’Allemagne à la dissuasion nucléaire française. Pas de cofinancement, a-t-il précisé. « En aucun cas, je préfère être clair tout de suite et définitif. Notre nucléaire, on l’a financé depuis qu’il existe. » Il évoque une « intimité stratégique », des exercices conjoints, le partage de secrets. Des militaires allemands participeront à une manœuvre nucléaire française. Ils seront impliqués dans les capacités de détection et les alertes de menaces balistiques et hypersoniques.

Macron parle aussi de « capacités de tir dans la profondeur » avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Une coopération trilatérale.

Pour Roland Lombardi, c’est un danger. « Les seuils de conflictualité deviennent plus flous. Les lignes rouges se déplacent dangereusement. » Il cosigne une tribune dans Le Diplomate qui dénonce une « dissolution de la dissuasion française dans un conglomérat européen ».

« Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe », lance-t-il. « L'arme nucléaire appartient à la nation française, pas au président français. »

Une pétition circule à l’Assemblée

Elle demande un encadrement constitutionnel de toute implication française dans un conflit opposant des puissances nucléaires. Et exige un contrôle démocratique renforcé du Parlement sur les engagements militaires et nucléaires.

« Il n'y a aucun débat », s’indigne Lombardi. « Depuis la Seconde Guerre mondiale, la France n'a jamais été dans un tel risque d'entraînement dans un conflit grave potentiellement nucléaire. »

Il réclame une loi organique. « Aux États-Unis, il y a un droit de regard du Congrès. Ici, on décide à l'Élysée sans concertation, sans débat public. »

Qui a signé cette tribune ? Des chercheurs, des militaires — anciens ou en activité —, des spécialistes, des juristes. Lombardi espère que la période estivale ne freinera pas leur démarche. « Nous allons faire en sorte d'être entendus. »

En Allemagne, l’AFD monte

L’Alternative für Deutschland gagne du terrain. Créditée de 28 % dans les sondages, loin devant la CSU, elle a lancé sa campagne pour les régionales. Alice Weidel a prononcé un discours.

« Nous avons besoin de diplomatie entre l'Ouest et l'Est. Nous nous engagerons pour la paix en Ukraine. Nous pousserons en faveur de négociations de paix pour que cette mort inutile s'arrête. » Elle refuse une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. « Pas de soldats allemands en Ukraine. »

Pour Lombardi, ce discours est à la fois « pacifiste et réaliste ». Il dénonce les médias mainstream qui traitent les pacifistes de « prusses ». « Cette guerre n'a aucun intérêt vital pour la France et l'Allemagne. »

Une cobelligérance rampante, selon Lombardi

Il alerte sur une « cobelligérance » de fait. Il évoque une « marche des somnambules vers la catastrophe ». « Où ça peut aller ? Nous sommes une puissance nucléaire, la Russie aussi. Et ce conflit n'est pas notre intérêt. »

Il rappelle que l’Europe a besoin de la Russie, de sa profondeur stratégique, de ses ressources. « La Russie a été obligée de se rapprocher de la Chine, mais elle craint la Chine. C'est historique. Il faut revenir à une diplomatie sensée. »

Le couple franco-allemand ? Un mythe, selon Lombardi

« Il n'y a que lui [Macron] qui y croit. Les Allemands se foutent de la France, c'est historique. » Il cite l’affaire du SCAF, les propos de Dassault. « Il y a 40 bases américaines en Allemagne, 40 000 soldats américains. L'Allemagne veut être la première en Europe. La France n'est qu'un petit allié, un supplétif dans le pire des cas. »

Côté budget

La France a doublé le budget de ses armées en neuf ans, selon Macron. Une loi de programmation militaire a été votée.

72 % des Français considèrent que la France a besoin de la dissuasion nucléaire et des forces conventionnelles pour assurer sa défense.

Alors, où va la dissuasion ?

La force de frappe — aussi nommée force de dissuasion — reste l’un des piliers du TNP. La France est l’un des États possédant l’arme nucléaire.

L’armée française était classée en 2017 deuxième en Europe derrière la Russie, et cinquième au monde.

Mais la question est ailleurs. Pour les signataires de la tribune, la ligne rouge est franchie. « Nous ne voulons pas lever les prérogatives présidentielles sur l'action de l'arme nucléaire en cas de danger vital pour la France. Ici, il n'y a aucun danger vital. »

L’émission de TV Liberté se termine sur un appel aux dons. Le média, en difficulté après la fermeture de son compte bancaire l’an dernier, lance une nouvelle campagne. « Chaque euro compte et constitue une voie pour la liberté d'informer. »

Sources

  • TV Liberté, émission Choc du Monde, avec Roland Lombardi (directeur de la rédaction du Diplomate).
  • Presse allemande (non spécifiée) — mentionnée dans l’émission.
  • Le Diplomate — tribune collective pour un contrôle démocratique renforcé sur la dissuasion nucléaire.
  • Déclarations de Dmitri Peskov (Kremlin) — traduites dans l’émission.
  • Discours d’Alice Weidel (AFD).
  • Discours d’Emmanuel Macron, Bruxelles.
  • Données vérifiées : sources web sur la dissuasion nucléaire française.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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